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A FRANÇOIS DU GOUDRAY, PRÊTRE DE LA MISSION

A ROME

Du 23 décembre 1 63 i .

... Quant aux mémoires que vous désireriez être présentés par d’autres qui eussent moins d’intérêt à la chose que nous, je le voudrais bien aussi, quoiqu’il me semble que cela soit assez ingénu ; mais quel remède ? Qui dit les choses tout bonnement, comme elles sont, et se soumet, Dieu agrée, comme je crois, ce procédé. La vérité et l’humilité s’accordent bien ensemble h

Mademoiselle,

Béni soit Dieu de ce que sa bonté vous confirme de plus en plus en son amour et en l’accomplissement de sa sainte volonté. Il sera voirement à propos que vous fassiez quelque pèlerinage pour ce que vous me mandez ; mais, pour l’amour de Dieu, Mademoiselle, ne vous mettez pas malade par les chemins. Il faut donner lieu à la maladie comme à un état tout divin. Il est vrai que Notre-Seigneur vous aide d’une manière spéciale. Il me

Lettre 94. — Reg. 2, p. 2.

1. François du Coudray négociait à Rome l’approbation de la congrégation de la Mission.

Lettre 95. — Manuscrit Saint-Paul, p. 66.

semble que vous êtes meurtrière de vous-même pour Je peu de soin que vous en avez. Soyez bien gaie, je vous en supplie. Oh ! que les personnes de bonne volonté en ont grand sujet !

Il faut pour le plus sûr avoir une attestation du médecin, comme il est expédient que vous et Monsieur votre fils mangiez de la viande, et que vous l’envoyiez au greffier de Monsieur de Paris, nommé M. Baudouin ; et sans difficulté il vous mettra la permission au pied ; et cela étant, ne faites point de difficulté d’en manger. Ains, en tant qu’en moi est, je le vous ordonne, comme aussi de rejeter les défiantes pensées que vous permettez à votre cœur. Et soyez pleine de confiance que vous êtes la chère fille de Notre-Seigneur, par sa miséricorde.

Je vous ordonne de plus de vous concilier la sainte joie de votre cœur par tous les divertissements qui vous seront possibles et de me pardonner si je n’ai eu l’honneur de vous voir, à cause de quantité d’affaires qui m’occupent. Assurez-vous, Mademoiselle, que j’aurai ce bonheur le plus tôt qu’il me sera possible et que je suis votre serviteur.

Je vous prie de faire travailler demain au matin à cette permission, afin que vous puissiez manger de la viande dès demain ; car l’usage du poisson vous est entièrement contraire.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

Lettre 96. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

io

[Vers 1 6 3 2 b]

Faites ce que vous dira Monsieur Bouvard * 1 2, avec confiance que Dieu bénira ses remèdes, Mademoiselle, je vous en prie. Je ne dis pas que vous les preniez tous ; j’espère qu’il n’en sera pas besoin. Or sus, il le faut donc faire. Et pour le reste, cela se fera en son temps. Tenezvous bien gaie surtout. Je verrai Monsieur Bouvard et lui parlerai de vous et de l’opiat.

Pour le reste dont nous parlâmes hier, ne vous en mettez point en peine. Celui qui a la disposition des temps disposera de cet affaire dans le temps qu’il a prévu convenable de toute éternité.

s Faites-vous donc guérir, et bientôt, je vous en supplie, et je serai, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble et obéissant serviteur.

[Vers i632 h]

Ne vous le disais-je pas bien hier, Mademoiselle, qu’il vous fallait accorder ce que vous demandiez, pource qu’aussi bien votre cœur n’aurait point de repos que cela

Lettre 97. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. La lettre semble écrite avant l’institution des Filles de la Charité.

2. Premier médecin du roi Louis XIII, mort le 22 octobre 1658 à l’âge de quatre-vingt-six ans. Plusieurs de ses filles entrèrent à la Visitation, entre autres Marie- Augustine, qui fut supérieure du monastère du faubourg.

Lettre 98. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. La mention de M. Bouvard, qui fut peu de temps, semble-t-il, médecin de Louise de Marillac, nous a porté à rapprocher cette lettre de la lettre 97.

ne fût fait. Faites donc, à la bonne heure, doucement et sans empressement Vous serez cause que j’en referai un pour moi, un de ces matins. Mais voyez après cela Monsieur Bouvard. Ains soyez bientôt guérie pour servir Dieu. Oh ! que mon cœur désire que cela soit, et promptement ! Or sus, faites-y, de votre côté, ce qu’il faut. Soyez bien gaie cependant et faites gaiement ce que vous avez à faire, et je serai, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble serviteur.

Je voudrais bien savoir si M. Meynard est procureur au Châtelet ou à la Cour.

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