Le nouveau domicile de Louise de Marillac
3. Geneviève Fayet avait épousé en 1613 Antoine Goussault, seigneur de Souvigny, conseiller du roi et président en la Chambre des Comptes de Paris, et avait eu cinq enfants de son mariage. Veuve en 1631, elle se consacra avec un dévouement inlassable aux œuvres de charité. Elle eut la première idée d’une association de dames pour le soulagement des malades de l’Hôtel-Dieu et en fut la première supérieure. C’est grâce à elle que les Filles de la Charité furent appelées à l’hôpital d’Angers. Son nom revient sans cesse dans les lettres de saint Vincent à Louise de Marillac. Elle mourut dans l’exercice de la charité le 20 septembre 1639.
4. Marie de Lumague, veuve de François de Pollalion, gentilhomme ordinaire de la maison de Louis XIII, était du nombre de ces pieuses veuves que saint Vincent appliquait aux travaux de l’apos-
ni l’autre, et m’en suis allé aux champs, d’où je viens de revenir. C’est pour travailler à la, Charité de Champigny * * * * 5, qui requiert bien votre présence. Je vous supplie très humblement de me le pardonner et de vous en aller demain à Villeneuve, si Madame Goussault et Mademoiselle Poulaillon vous y mènent, et pour cela je vous prie de leur écrire ce matin ; si elles ne peuvent aller l’une ni l’autre, je ne sais si vous serez incommodée, dans le bateau de Joigny6, qui part samedi à huit heures. Je pense néanmoins que non, pource qu’il est couvert. Quand vous serez à Villeneuve, il faudra vous retirer chez Mademoiselle Tranchot 7 et rendre à Monsieur le curé celle que je lui écris, dont vous verrez la teneur. Il n’y aura point danger que vous instruisiez les hiles seulement. Cela vous facilitera le moyen de gagner leurs mères à Dieu. Pour la Charité, vous ne trouverez que neuf sœurs de la confrérie ; vous tâcherez d’en gagner d’autres. Si nous le pouvons, nous vous enverrons Monsieur Pavillon pour prêcher un dimanche.
Je ne vous dirai rien pour le surplus. Notre-Seigneur
tolat. Née à Paris le 29 novembre 1599, mariée à l’âge de dix-huit ans, veuve peu après, elle fit vœu de continence et se mit sous la direction du saint. En compagnie de Louise de Marillac ou d’autres dames charitables, elle visitait les Charités, instruisait les petites
filles, portait des aumônes aux pauvres. Elle avait surtout à cœur de recueillir et de relever les filles déréglées et fonda pour cela les Filles de la Providence. Saint Vincent travailla aux règles de cet institut, lui procura des secours, de bons directeurs et obtint son approbation par le roi et l’archevêque de Paris. Mademoiselle de Pollalion mourut le 4 septembre 1657. (Vie de la V énérable Servante de Dieu Marie Lumague , veuve de M. P ollalion, par M. Colin, 1754,
in-12 ; Histoire de VUnion chrétienne de F ontenay-le-C omte, par
l’abbé Teillet, Fontenay-le-Comte, 1898, in-8. ) Saint Vincent écrit toujours Poulaillon au lieu de Pollalion.