‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 124 sur 500 · La lettre est du 8, 9 ou 10 mai. (Cf. note · texte numérisé non relu

La lettre est du 8, 9 ou 10 mai. (Cf. note

lac me paraît digne de grande compassion et m’afflige 2. Honorons là dedans le bon plaisir de Dieu et le bonheur de ceux qui honorent le supplice du Fils de Dieu par le leur. Il ne nous importe comme quoi nos parents vont à Dieu, pourvu qu’ils y aillent. Or, le bon usage de ce genre de mort est un des plus assurés pour la vie éternelle. Ne le plaignons donc point ; ains acquiesçons à l’adorable volonté de Dieu.

Mademoiselle,

[Entre i632 et i636 1.]

La grâce de Jésus-Christ Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais !

Me voici votre voisin depuis midi 2. j’ai envoyé voir si vous étiez chez vous, sur les deux heures ; mais vous étiez allée en dévotion. Si demain, incontinent après

2. Louis de Marillac, comte de Beaumont-le-Roger et maréchal de France, Michel de Marillac, garde des sceaux, et Louis de Marillac, père de Louise de Marillac, étaient fils d’un même père. Le premier, qui était le plus jeune des trois, fut ambassadeur en Savoie, en Italie, en Lorraine, en Allemagne, commissaire général des armées de Louis XIII, maréchal de camp, capitaine général des gens d’armes de la reine, lieutenant général pour les diocèses de Metz, Toul et Verdun, gouverneur de la ville et citadelle de Verdun et maréchal de

France. Il se signala au siège de Montauban, où il fut blessé, au

combat de l’ île de Ré, au siège de La Rochelle, à la prise de Privas et ailleurs. Il était lieutenant général du roi à l’armée d’Italie, quand Richelieu décida de l’arrêter. Le cardinal-ministre le fit saisir par ses commissaires, le 30 octobre 1630, au camp de Felizzo, en

Piémont, et le tint de longs mois en prison. La sentence de mort fut portée contre lui à Rueil le 8 mai 1632 et mise à exécution le surlendemain sur la place de Grève, a Paris.

Lettre 108. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original

1. Cette lettre est du temps où saint Vincent était établi à Saint-

Lazare (après 1631) et Louise de Marillac près du collège des

Bons-Enfants (avant mai 1636.)

2. Saint Vincent allait assez souvent au collège des Bons-Enfants.

dîner, il vous plaît prendre la peine de venir jusques ici, nous apprendrons de vive voix ce que vous nous écrivez ; et cependant je vous supplie d’honorer les abandons intérieurs auxquels les saints, voire même le Saint des saints se sont trouvés quelquefois, et l’union plus étroite qu’ils ont eue ensuite à Dieu.

Je vous souhaite le bon soir et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.

Je ne puis que je ne vous die que je me propose de vous bien blâmer demain de ce que vous vous laissez aller ainsi à ces vaines et frivoles appréhensions. Oh ! apprêtez-vous à être bien tancée !

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

Mademoiselle,

[Mai i632 L]

Quant à votre petite retraite* 1 2, faites-la tout doucement, selon l’ordre de Y Introduction de Monsieur de

Lettre 107. — L. a. — Original chez les Filles de la Charité de la maison centrale de Turin.

1. Cette lettre a été écrite à l’époque d’un déménagement de Louise de Marillac. Certains indices nous portent à croire que ce fut en mai 1632, peu de jours avant sa retraite de l’Ascension. Le changement de domicile projeté à la fin de l’année 1631 avait été différé, ou bien Louise avait pris un logement provisoire.

2. « Je désirerais bien huit ou dix jours de retraite, deux fois l’année, à savoir les jours entre l’Ascension et la Pentecôte, pour honorer la grâce que Dieu a faite à son Eglise, lui donnant son Saint- Esprit pour la conduire, et l’élection des apôtres pour annoncer son saint Evangile, pour lequel pratiquer j’aurai une particulière attention à l’entendre et dévotion à la loi de Dieu, qui sont ses commandements. Les autres jours de retraite seront dans les Avents... » ( Pensées , p. 5.) Une déchirure empêche de connaître la suite du texte.

Genève 3 ; mais ne faites que deux oraisons par jour, une heure le matin et demi-heure l’après-dînée, et vous lirez pendant l’intervalle quelque chose de Gerson 4 ou des vies des saintes veuves auxquelles vous avez plus particulière dévotion ; et le reste du temps vous l’emploierez à penser à la vie passée et à celle qui vous reste. Mais faites tout cela bien doucement, s’il vous plaît, après que vous aurez changé de logis, et contentez-vous de faire cela six jours durant. Ne m’oubliez pas en vos prières. Peut-être que je ferai la mienne en même temps. Dieu nous fasse la grâce de la bien faire !

Je suis, en son amour et celui de sa sainte Mère, votre très humble serviteur.

Vincent Depaul.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

108 — A LOUISE DE MARÏLLAG

[Mai ou juin 1632 L]

Mademoiselle,

La grâce de Jésus-Christ soit avec vous !

Si vous jugez à propos avec M. Compaing * 1 2 de ren-

3. Introduction à la vie dévote , par saint François de Sales.

4. Louise écrit dans une de ses lettres à l’abbé de Vaux (lettre

63) : « Après la confession, la lecture est dans Gerson ou autre

livre semblable qui excite à l’amour de Dieu. » L’œuvre littéraire de Gerson est considérable. Parmi les ouvrages écrits ou traduits en français dont la lecture pouvait être recommandée à Louise de Mari llac, nous signalerons VO-pus tri-partiium , le Dénat spirituel , La Doctrine de bien vivre en ce monde , Les règles de bien vivre , Le trésor de Sapience et La mendicité s'piritu.elle. Notons que saint Vincent attribue ailleurs 1 ''Imitation de Jésus-Christ à Thomas a. Kempis.

Lettre 108. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. Cette lettre a été écrite, semble-t-il, quand Louise de Marillac venait de changer de logis et alors qu’elle se trouvait encore sur la paroisse de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

2. Guillaume Compaing, fils du seigneur de l’Estang, eut l’hon-

voyer cette femme, faites-le. S’il faut quelque chose pour cela, je le baillerai. Et pource que je suis embarrassé par dessus la tête de quantité d’exercitants, un évêque nommé, un premier président, deux docteurs, un professeur en théologie et M. Pavillon 3, outre nos exercices, tout cela, dis-je, m’empêche de vous aller voir 4. C’est pourquoi, vous m’enverrez, s’il vous plaît, le mémoire dont vous me parlez.

Je suis bien aise de votre beau logement et dirai une douzaine de paroles à Germaine quand il lui plaira. M. Belin est céans. Quant à cet honnête homme, pour M.

neur d’être assisté à sa première messe par saint François de Sales. Il prêta sa maison aux prêtres de Saint-Nicolas-du-Chardonnet et

entra lui-même dans leur communauté en 1621. Il fit beaucoup de bien à la paroisse Saint-Nicolas, dont il resta vicaire pendant quarante-trois ans, et aux Filles de Sainte-Geneviève, dont il fut directeur. La reconstruction de l’église paroissiale lui occasionna beaucoup de dépenses et lui coûta même la vie, car il mourut le 21 août 1665, écrasé par la chute d’un échafaudage. (Jean Darche, op. cil., t. I, PP- 348-351 *-)

3. Nicolas Pavillon, né à Paris le 17 novembre 1597, se mit tout jeune prêtre sous la direction de saint Vincent, qui lui donna des catéchismes à faire, l’employa à l’oeuvre des missions, l’envoya aux Charités où sa présence était jugée utile, et lui confia plus d’une fois la direction des conférences et des retraites ecclésiastiques. Nommé en 1637 à l’évêché d’Alet, Pavillon n’accepta que sur les instances du saint. Cette élévation ne le détourna pas de ses travaux apostoliques. Il donna une mission à Rueil, sur l’invitation de Richelieu, puis à Saint-Germain-en-Laye, à la demande du roi. Il fut sacré à Saint-Lazare le 22 août 1639 et alla dans son diocèse accompagné d’Etienne Blatiron, prêtre de la Mission. Evêque zélé, intelligent, réformateur, il justifia les espérances qu’on avait mises en lui. Son épiscopat eût été plus fécond s’il s’était mieux prémuni contre les idées jansénistes. Saint Vincent le supplia vainement de signer le formulaire. L’évêque d’Alet mourut le 8 décembre 1677. On a plusieurs vies imprimées et manuscrites de ce prélat. La dernière a été composée par M. Etienne De jean sous ce titre Un prélat indépendant au xvii e siècle, Nicolas Vavillon, évêque d'> Alet, Paris, 1909, in-8°.

4. Saint Vincent ouvrait toutes grandes les portes de sa maison aux personnes qui désiraient y faire leur retraite. L’hospitalité qu’il leur donnait était gratuite. Dieu seul connaît le nombre incalculable d’ecclésiastiques et de laïques, de tout pays et de toute condition, qu’il reçut soit aux Bons-Enfants, soit à Saint-Lazare. (Abelly, op cil., t. I, chap. xxvi, p. 119 et suiv.)

Renouard, il faut le faire demander par le petit Hermite. Il le connaît. Il faut lui dire que c’est celui qu’il nous a voulu bailler, ci-devant marchand. Monsieur votre fus est ici. Il me revient toujours de mieux en mieux.

Adieu, Mademoiselle, je suis votre très humble serviteur.

Vincent Depaul.

Suscrzption : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

[Juin i632 b]

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Mon Dieu, Mademoiselle, que je fais des fautes à votre égard ! Je vous assurai hier que j’aurais le bien d’aller voir aujourd’hui votre beau et dévot paradis * 1 2 et que je verrais Madame la présidente Goussault 3 et Mademoiselle Poulaillon 4, et cependant je n’ai fait ni l’un

Lettre 109. — L. a. — Dossier des prêtres de la Mission, original.

1. Cette lettre demande à être rapprochée de la lettre no. Elle est antérieure au départ de Louise de Marillac pour Villeneuve, où celleci se trouvait le 27 juin.

Page 1