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Du jour où il fut nommé aumônier général des galères de

Mademoiselle,

[Entre i632 et 1 635 *.]

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous poui jamais !

Je trouve bien tout ce que vous me mandez ; et pource que Madame la présidente Goussault est aux champs et que Mademoiselle du Fay n’a point son carrosse, je tâcherai de vous aller voir demain ou après. Fortifiezvous donc bien cependant.

France, saint Vincent s’occupa d’améliorer, au double point de vue corporel et spirituel, le sort des pauvres forçats qui attendaient dans les cachots de la Conciergerie ou dans les autres prisons de Paris leur envoi sur les galères. En 1622, il loua pour eux une maison au faubourg Saint-Honoré, près de l’église Saint-Roch. Dans le contrat passé le 17 avril 1625 entre Philippe-Emmanuel de Gondi, son épouse et saint Vincent, il est stipulé que les missionnaires seront tenus à perpétuité d’ « assister spirituellement les pauvres forçats, afin qu’ils profitent de leur peine corporelle ». En 1632, le saint obtint du roi et des échevins de la ville qu’une vieille tour carrée, placée près du pont de la Tournelle, entre la porte Saint-Bernard et la Seine, serait aménagée pour recevoir les galériens malades. Saint Vincent leur rendait tous les devoirs d’aumônier. Non content d’aller lui-même les visiter, il exhortait les personnes pieuses à venir leur apporter des paroles de consolation. Louise de Marillac et ses filles furent associées à cette bonne œuvre comme aux autres. (Abelly, cp. cit., t. I, chap. xxviii.) Il serait injuste de ne pas rappeler ici que les prêtres de la paroisse Saint-Nicolas, dont le rôle a été si bien mis en lumière par l’abbé Schoenher [op. cit., t. I, p. 127), rivalisèrent de zèle avec saint Vincent et Louise de Marillac en faveur des galériens établis sur leur paroisse. Il est certain que dès 1634, plus tôt peutêtre, l’aumônerie de la maison des galériens leur fut confiée. La Compagnie du Saint-Sacrement, stimulée probablement par saint Vincent, qui avait besoin d’appui, prit la même œuvre à cœur. {Annales de la Compagnie du Saint-Sacrement, par le comte René de Voyer d’Argenson, publiées et annotées par le R. P. dom H. Beauchet-Filleau, Marseille, 1900, in-8°, pp. 54-56.)

Lettre 116. — L. a. — Original au collège d’Antoura, près Beyrouth

1. Dates de la prise de possession de Saint-Lazare (8 janvier 1632) et de la mort de Mademoiselle du Fay ; la lettre semble plutôt de 1632 ou 1633.

Je vous souhaite le bon jour et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

Vincent Depaul.

De Saint-Lazare, ce dimanche matin.

Il faudra que la hile que vous prendrez à Villeneuve 2 soit bien résolue ; elle aura beaucoup à souffrir 3.

Je loue Dieu, Mademoiselle, de ce que vous n’êtes pas malade, comme Mademoiselle du Coudray 1 m’a fait appréhender ce matin. Mais est-il vrai ce que vous dites, que cela n’est point ? Or sus, je prie Notre-Seigneur que cela soit ainsi.

Nous différerons donc au jour de la sainte Vierge la confession de Mademoiselle du Coudray, puisqu’il semble que vous le désirez tacitement ainsi et être de la partie ; aussi bien ai- je affaire demain au matin céans. Je lui souhaite le bon soir, comme à vous, et à Monsieur votre fils la grâce de bien faire ce que vous me mandez.

Je ne vous ai point fait réponse plus tôt, pource que je ne fais que d’arriver de la ville.

Bon soir Mademoiselle, offrez à Dieu, s’il vous plaît, les besoins intérieurs de celui qui est, [en] l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.

Suscrifttion : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

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