Probablement la lettre
jeune homme 4 duquel vous me parliez et à l’égard duquel je vous dirai que je ne pense pas qu’il doive quitter la soutane, dans l’incertitude du choix de la condition dans laquelle il est, et me semble qu’il le faut laisser en l’état qu’il est, jusqu’à ce qu’il soit entièrement résolu, et que sa bonne mère ne l’aide pas assez à prendre résolution, Vraisemblablement l’état écclésiastique lui est le meilleur. S’il y tend, je pense qu’il lui faut conforter.
Quant à cette hile qui fait les exercices 5, puisqu’elle est à sa confession générale, vous pourrez vous servir de Busée 6 en français et lui bailler, en suite de sa confession générale, le premier jour, de l’Incarnation ; la seconde, de la Nativité, laquelle elle répétera à la troisième oraison ; la 4e, des pasteurs. Le second jour, la première sera de la Circoncision ; 1a. 2e, des Mages ; la 3e, de la Purification et la 4e de la vie de Notre-Seigneur depuis douze jusqu’à trente ans. Le 3e jour, la vocation des Apôtres ; la 2e, la première prédication de Notre- Seigneur ; la 3e et la 4e, des Béatitudes. Le 4e jour sera du jugement, où vous lui ferez peser le bonheur de ceux qui ont eu pitié des pauvres, laquelle méditation elle répétera deux fois ; la 3e et la 4e seront de quelque mystère de fa Passion, et à la fin vous lui ferez faire sa règle de vie, c’est-à-dire son emploi de la journée. Les heures pour faire l’oraison : à son lever la première ; la 2e à dix heures ; la 3e à deux ; et la 4e à cinq heures. Ce
4. Il s’agit évidemment de Michel Le Gras, que le saint ne nomme pas par délicatesse.
5. C’était sans doute une des filles qui s’employaient au service des pauvres sous Louise de Marillac ou qui se proposaient d’embrasser cet état.
6. Le Père Jean Busée, de la Compagnie de Jésus, est l’auteur d’un ouvrage de méditations très estimé, publié à Douai en 1624 sous ce titre Enchiridion -piarum meditationum in omnes dominicas , sanctorum festa , Christi passionem et caetera , traduit en français par les Pères jésuites et en 1644 par Antoine Portail, qui ajouta plusieurs méditations.
qu’elle peut lire, c’est Grenade 7 et les vies des saintes qui ont excellé en la charité.
Voilà ce que je vous puis dire pour le présent, sinon que, demain au matin, je vous enverrai Monsieur Brunet, ou bien après-demain ; et cela n’empêchera pas que vous ne suiviez l’ordre de ces méditations. Vous me manderez cependant, s’il vous plaît, ce que le médecin juge de la maladie de Monsieur le vicaire, et je serai, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.
Vincent Depaul.
Si la fille n’a coutume que faire trois méditations par jour, vous ne lui en baillerez pas davantage, s’il vous plaît. Je pense que je ne vous pourrai envoyer M. Brunet qu’après-demain, l’après-dînée.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à Paris.
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
La chute du cheval dessus et dessous moi a été des
7. Le Père Louis de Grenade appartenait à l’ordre de Saint-Dominique. Il s’est fait un nom par sa sainteté, ses sermons et ses écrits. On lui doit des ouvrages très estimés, pleins d’éloquence et de piété : La guide des -pécheurs , Le mémorial de la vie chrétienne , un Catéchisme , des Méditations , la Vie de dom Barthélemy des Martyrs . Ses sermons ont été publiés. Grégoire XIII disait que Louis de Grenade avait par ses écrits opéré plus de miracles que s’il avait rendu la vie à des morts et la vue à des aveugles. Ce pieux religieux était, avec Thomas a Kempis et saint François de Sales, un des auteurs favoris de Louise de Marillac (cf. Gobillon, op. cit., p. 13) et de saint Vincent.
Lettre 137. — L. a. — Original à Shanghaï, dans la maison des prêtres de la Mission.
plus dangereuses et la protection de Notre-Seigneur des plus particulières. C’est la bonté de Dieu qui m’a traité de la sorte et le mésusage de ma vie qui a fait qu’il m’a montré ses verges. Je vous supplie de m’aider à obtenir la grâce de m’amender pour l’avenir et de commencer une nouvelle vie. Il ne m’en est resté qu’une petite foulure des nerfs de l’un pied, laquelle à présent me fait peu de douleur.
Je dois être purgé demain, et après-demain je pourrai sortir en carrosse pour aller à une lieue d’ici. Mercredi je pourrai aller à Sainte-Marie de la ville. Si je le puis, de là j’aurai le bien de vous aller voir, et vous dirai cependant, pour les paroles que vous avez dites de ce médecin, que vous ferez bien, si vous avez dit quelque chose qui regarde la diminution de sa réputation, de dire le bien que vous savez de lui, à la même personne et à deux ou trois autres.
Je suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur.
Vincent Depaul.
De Saint-Lazare, ce ier mai [1633 ] L
Je vous envoie une lettre de Madame la présidente Goussault ; renvoyez-la-moi demain au matin, s’il vous plaît, après que vous l’aurez lue.
1. Le texte porte 1623, date évidemment fautive, puisque le saint ne prit possession de la maison de Saint-Lazare qu’en 1632. La lettre a été écrite un dimanche et pendant une absence de Madame Goussault, circonstances qui conviennent au ier mai 1633.
Mademoiselle,
[Mai 1633 * l.]
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je ne crois pas que Monsieur le commandeur 2 3 ait fait donation ni testament en faveur de qui que ce soit, je verrai aujourd'hui le notaire et vous ferai savoir la résolution. Que si cependant il vous plaît de minuter votre voyage, vous ferez bien ; car, en tout cas, s’il était besoin, vous pourriez être ici du jour au lendemain. Disposez-vous donc, s’il vous plaît, pour après-demain. Je voudrais bien que vous puissiez aller en carrosse à cause de la grande chaleur.
Et pour le regard de l’affaire de votre emploi a, je n’ai pas encore le cœur assez éclairci devant Dieu touchant une difficulté qui m’empêche de voir si c’est la volonté de sa divine Majesté. Je vous supplie, Mademoiselle, de lui recommander cet affaire pendant ces jours auxquels il communique plus abondamment les grâces du Saint- Esprit, ains le Saint-Esprit même. Insistons donc aux prières et tenez-vous bien gaie.
Lettre 138. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Cette lettre a été écrite, semble-t-il, peu avant l’institution des Filles de la Charité (cf. note 3) et aux approches ou dans l’octave de la fête de la Pentecôte, qui, en 1633, tombait le 15 mai.
2. Bien que ces mots M. le commandeur désignent partout ailleurs dans les lettres de saint Vincent, le commandeur de Sillery, mort le 26 septembre 1640, il est ici question d’un autre commandeur. Le commandeur de Sillery fit en effet de nombreuses libéralités par testament, et saint Vincent ne les ignora pas.
3. Abel 1 y cite cette phrase (of. cit t. I, chap. XXiv, p. 113), la rapportant à l’institution des Filles de la Charité, et c’est, en effet, le sens le plus naturel.
Ce que vous craignez de vos jambes n’est pas à craindre, comme j’espère parfaitement, qui suis v. s.
Suscrifttion : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.