A LOUISE DE MARILLAG, A BEAUVAIS
Mademoiselle,
Je vous le disais bien, Mademoiselle, que vous trouveriez de grandes difficultés en l’affaire de Beauvais. Béni soit Dieu de ce que vous l’avez si heureusement acheminée ! Quand s’établit la Charité à Mâcon2, cha-
Lettre 168. — Manuscrit Saint-Paul, p. 35.
1. Si, comme il semble, Louise de Marillac reçut les lettres 168, 169, 170, 171, 172, 173 et 174 au cours d’un seul et même voyage
dans le diocèse de Beauvais, cette date est la seule qui puisse convenir. L’absence de Louise eut lieu vraisemblablement entre les mois d’avril et de juillet.
Lettre 169. — Manuscrit Saint-Paul, p. 35.
1. La date du 25 juillet 1635 que donne à cette lettre le manuscrit Saint-Paul a contre elle la lettre 201. Abelly maintient l’année 1635 [o-p. cit., chap. xv, p. 62) ; Collet a compris qu’elle devait être de 1634 (1. II, p. 105). Elle se rattache aux lettres 168, 170, 171 et suivantes.
2. C’était vers 1620. Le saint passait par Mâcon. Le grand nombre de pauvres le frappa. Il s’aperçut que leur dénuement matériel était
cun se moquait de moi et me montrait au doigt par les rues ; et quand la chose fut faite, chacun fondait en larmes de joie ; et les échevins de la ville me firent tant d’honneur au départ que, ne le pouvant porter, je fus contraint de partir en cachette pour éviter cet applaudissement ; et c’est là une des Charités [les] mieux établies. J’espère que la confusion qu’il vous a fallu souffrir au commencement se convertira en consolation, et que l’oeuvre en sera plus affermi.
J’approuve ce que vous dites, d’ériger la confrérie et de l’accommoder à l’état des autres du diocèse ; et ai envoyé votre lettre à M. de Beauvais pour cela, à ce matin. Il part dès aujourd’hui et pourra être samedi à Beauvais. Vous lui en parlerez et prendrez garde à vous ménager dans le peu de santé que vous avez. J’ai bien peur que cette grande fatigue ne vous accable.
Je salue de tout mon cœur et suis très humble serviteur de la bonne Madame Villegoubelin, votre bonne et charitable hôtesse, laquelle la Providence a menée à propos à Beauvais pour faire le bien qu’elle y fait. Oh ! que je lui souhaite une meilleure santé et une très longue et heureuse vie ! Ayez soin de la vôtre, Mademoiselle, je le vous dis encore derechef.
peu de chose auprès de leur dénuement spirituel. Il y avait du bien à faire, il s’arrêta. Les hommes et les femmes de la classe aisée, répondant à son appel, s’associèrent en deux confréries distinctes. Aux premiers il confia l’assistance des pauvres aux secondes, le soin des malades. L’évêque, les chanoines, le lieutenant général le secondèrent de leur mieux. Un règlement fut fait et appliqué. Le saint donna la première aumône et se retira, salué par la reconnaissance de tous. (Abelly, o^p. cit., t. I, chap. XV, p. 61 et suiv.)
Je me sens pressé par l’aumône de Madame la garde des sceaux 2 de faire ce qui se pourra pour établir la Charité dans Saint-Laurent 3 ; mais j’attendrai que vous soyez ici pour y travailler.
j’ai encore votre lettre à Mademoiselle Guérin et ai vu Marguerite 4, de Saint-Paul, qui trouve le fardeau de cette paroisse-là insupportable, à cause de la grandeur d’icelle et de la quantité des malades et que les dames ne vont point.
je vous remercie de l'avis qu’il vous a plu me donner de l’état de la Charité de Beauvais. M. de Beauvais 2 y doit aller faire la mission au mois d’octobre. Peut-être qu’alors l’on pourra disposer plus de personnes à s’y mettre. Mondit sieur de Beauvais s’en va faire la mission à Liancourt ; peut-être que vous y serez auparavant ; ne vous hâtez pas pourtant pour l’éviter. Suivez l’ordre de la Providence. Oh ! qu’il est bon de se laisser conduire par elle !
Lettre 170. — Manuscrit Saint-Paul, p. 35.
T. La Charité de Saint-Laurent fut fondée en 1634. (Voir lettre I79- )