‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 192 sur 500 · La duchesse de Liancourt · texte numérisé non relu

La duchesse de Liancourt

filles 4. Elle verra, dans quelque temps s’il sera expédient qu’elle y fasse transporter les malades. La saison n’est guère aisée pour l’établissement de la Charité en plusieurs endroits. Si Madame ne se contente de Liancourt pour le présent, je pense qu’il n’est pas expédient qu’elle le fasse qu’en deux ou trois villages contigus seulement.

Monseigneur de Beauvais désire que nous parlions à plein fond de l’union de la Charité au Rosaire 5 pour tout son diocèse. Alors Madame pourra établir et unir le Rosaire et la Charité, à l’instar de ce qui aura été résolu. Mondit seigneur me mande que je lui en écrive ma pensée et qu’il en conférera cependant avec le R. P. prieur des Jacobins 6. Peut-être sera-t-il nécessaire de se voir pour cela, pource que les Pères de cette ville en font difficulté.

Tout considéré, je pense qu’il n’est pas expédient que vous retourniez pour le présent à Beauvais. Quand vous aurez fait à Liancourt et, si besoin est, à Gournay, ainsi que Mademoiselle Poulaillon vous y pourra convier, si vous le trouvez bon, un peu de repos sera nécessaire ; et étant ici, l’on travaillera au règlement de Beauvais. Je pense même qu’il n’est pas expédient à présent d’arrêter celui de Liancourt, à cause de cette maison et des filles ; mais baillez-leur l’ordinaire non signé ; car l’expérience fera peut-être voir qu’il faudra ajouter ou diminuer. Notre-Seigneur ayant donné la loi de grâce aux hommes

4. Les filles de bonne volonté qui devaient aider les dames dans leurs œuvres de charité.

5. La confrérie du Rosaire était alors très répandue dans les villes et les villages. Saint Vincent l’avait établie à Clichy quand il en était curé. (Abelly, of. cit., t. I, chap. vi, fin, p. 27.)

6. Les religieux de Saint-Dominique, directeurs de la confrérie du Rosaire^ n’étaient pas en général favorables à l’union de cette confrérie avec d’autres.

sans l’écrire, faisons ici de même pour quelque temps. Je suis cependant v. s.

Suscriftion : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.

[Entre 1632 et 1636* 1, probablement le 22 juillet 2.]

Je suis comme vous, Mademoiselle ; il n’y a rien qui me peine plus que l’incertitude ; mais, certes, je désire bien qu’il plaise à Dieu me faire la grâce de me rendre tout indifférent, et à vous aussi. Or sus, nous travaillerons, s’il plaît à Dieu, à nous acquérir cette sainte vertu.

Je fus hier jusques à cinq heures à Saint- Victor 3 avec Monseigneur l’archevêque 4, qui m’avait commandé de m’y rendre ; et à cette heure-là, il me ht monter en carrosse pour aller à la ville avec lui, d’où je m’en vins coucher céans 5 sans aller au collège. Cela est cause que vous n’eûtes point de mes nouvelles. Si tantôt, aprèsdînée incontinent, vous prenez la peine de vous rendre au collège, nous parlerons de tout, et je serai, en l’amour de Notre-Seigneur, celui de la sainte Vierge et de sainte Madeleine 6, votre serviteur.

Lettre 175. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. Cette lettre suit la prise de possession de Saint-Lazare (8 janvier 1632) et précède l’établissement des Filles de la Charité à La Chapelle (mai 1636).

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