A Saint-Lazare
6. Ce mot laisse supposer que saint Vincent écrivait sa lettre le 22 juillet, fête de sainte Marie Madeleine.
[Entre 1634 et 1636 L]
Voilà donc enfin La première victime que Notre-Seigneur a voulu prendre de vos Filles de la Charité * 1 2. Béni en soit-il à jamais ! J’espère, Mademoiselle, qu’elle est très heureuse, puisqu’elle est morte dans l’exercice d’une vertu avec laquelle elle ne s’est pu perdre ; car elle est morte dans l’exercice du divin amour, puisqu’elle est morte dans celui de la charité. Je prie Notre-Seigneur qu’il soit là dedans votre consolation et celle de nos très chères sœurs. Je vous supplie de leur donner à toutes le bon jour de ma part.
Il me semble que c’est beaucoup de différer l’enterrement à demain, attendu que vous n’avez autre chambre pour le 3 mettre et qu’il est à craindre que cela ne soit à trop grand’peine à nos filles malades et à vous. Vous en pourrez dire un mot à Saint-Nicolas 4, si cela se pourrait, ce soir ; sinon, à la bonne heure, vous enverrez le billet comme il est, mais les officières ne se pourront point trouver si matin.
Quant aux habits de la fille, je ne vois pas d’inconvénient qu’on les baille à la mère ; cela n’empêchera pas la charité que vous lui ferez, comme de vingt sels ou demi-écu par mois. Je pense qu’il suffira d’envoyer aux filles et non aux officières des paroisses.
Lettre 176. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Cette lettre a été écrite entre la fondation des Filles de la Charité (29 novembre 1633) et le transfert de leur maison-mère à La Chapelle (mai 1636).
2. Il ne s’agit certainement pas de Marguerite Naseau, morte de la peste à l’hôpital Saint-Louis.