A MONSIEUR BELIN
Monsieur,
16 décembre 1634.
La grâce de N.-S. soit avec vous pour jamais !
Voilà enfin le temps venu auquel nous allons glaner après les grandes moissons que N.-S. a faites par vous en ce pays-là. je vous supplie, Monsieur, de continuer votre charité à la compagnie et de l’avertir de tout ce qui sera expédient in Domino. Vous verrez du monde
Lettre 190. — Reg. 1, f° 1 v°. Le copiste note que l’original était de l’écriture de saint Vincent.
tout nouveau en tous sens ; mais que voulez-vous ? C’est ainsi que la Providence nous soumet à la vicissitude.
Je vous prie de parler à cœur ouvert et sans retenue à M. Grenu et à un chacun touchant les avis que vous jugerez à propos de leur donner dans les rencontres ; autrement et eux et les plus prudents hommes pourraient faire des fautes.
Et si votre charité le peut, aurez-vous point agréable d’aller à Saint-Nom 1 ou aux Clayes faire le catéchisme et y confesser ? Faites-le, je vous en supplie, et choisissez. vSavez-vous pas bien que N.-S. vous a fait missionnaire, ains que c’est vous qui avez une des meilleures parts à la conception, à la grossesse, à la naissance et au progrès de la Mission, et que, n’étaient les témoignages évidents que Dieu a donnés, qu’il vous voulait à Villepreux, que vous seriez à la Mission tout à fait. Pour moi, je vous regarde comme un perpétuel et très parfait missionnaire.
Le bon M. Pillé 2 est aux Bons-Enfants, un peu incommodé de son estomac ; M. Portail a mal aux yeux, et moi aux jambes ; mais nous vous chérissons tous trois de tout notre cœur. Ayez soin, Monsieur, au nom de N.-S., de prier Dieu qu’il nous fasse la grâce de faire sa volonté en toutes choses, et suis, en son amour, Monsieur, votre très humble serviteur.
Vincent Depaul.
Je vous prie de faire trouver un garçon pour apporter et apprêter le manger à Saint-Nom, et l’on le payera.