Petite localité de Seine-et-Oise
8 Madame Goussault.
aura qu’un seul ; et la raison, c’est pource qu’elle ne peut comprendre qu’on puisse faire un bon bouillon avec cinq onces de chair. Cette bonne dame est bonne et avantageuse en parole, se mêle là-dedans, quoiqu’elle ne soit pas du corps.
Si, en passant par Grigny, vous vouliez faire prendre ce que vous avez acheté pour ce lieu-là aux Bons-Enfants, cela serait bien. Mais non, vous direz à la trésorière qu’elle donne charge à quelqu’un de les prendre, et faudrait que [ce] fût par le batelier
je vous renvoie les règles des hiles. Cela est si [bien] 9 que je n’y ai voulu rien ajouter. Lisez-leur donc tantôt, si vous ne jugez nécessaire que j’y sois ; auquel cas je vous promets bien que ce sera une des premières choses que je ferai à mon retour, s’il plaît à Dieu. Il sera expédient que celles de cette paroisse 10 s’y trouvent en même temps, ahn quelles soient uniformes.
Or sus, je finis en vous priant de bien honorer la paix et tranquillité de l’âme de Notre-Seigneur, et me recommandant à vos prières, comme étant, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.
Vincent Depaul.
Je ne vous dis rien de Madame de Liancourt, sinon que, si elle vous emmenait pour sept ou huit jours seulement, que vous en ferez comme il vous plaira, mais que, les grands étant fort incertains de ce qu’ils doivent devenir, si elle ne vous a vue, que vous ferez bien cependant de prendre l’occasion de Grigny.
g. Mot oublié dans l’original, io. La paroisse Saint-Laurent.
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
J’envoie ce porteur exprès pour apprendre de vos nouvelles, dans l'espérance qu’il les nous rapportera bonnes. Au nom de Notre-Seigneur, Mademoiselle, faites votre possible pour cela. Vous avez sujet de vous plaindre de ce que je ne vous ai fait réponse à celle que vous m’avez écrite à votre départ pour Gournay b Mais que voulez- vous ? ce sont de mes fautes ordinaires. J’espère que Notre-Seigneur me fera la grâce de m’en amender, si vous me faites la charité de me le pardonner.
Or sus, parlons de votre indisposition. Avez-vous point besoin d’un médecin ? Si cela est, mandez-le-moi ; je vous en enverrai quelqu’un. Vous en avez un [à] Senlis, fort habile homme, qui est au roi et qui va souvent à Liancourt, à cause de la confiance que Monseigneur et Madame de Liancourt y ont et avec sujet. N’épargnez rien pour l’avoir ni pour vous faire bien assister. Peutêtre n’avez-vous pas apporté assez d’argent ; si cela est, mandez-le-moi, je vous en enverrai.
Monsieur votre fils a passé ici une journée pendant ces fêtes et s’est allé faire purger aux Bons-Enfants. Il se porte fort bien, Dieu merci. Madame Goussault est allée
Lettre 224. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original, i. Louise de Marillac était à Gournay-sur-Aronde (Oise) le 18 mai 1636, fête de la sainte Trinité. Ce jour-là, elle réunit les membres de la confrérie de la Charité au château de la dame du lieu, s’enquit de l’observance du règlement, procéda à l’élection des officières, reçut de nouvelles adhérentes, entre autres Madame de Gournay, et résolut quelques difficultés relativement surtout au choix des malades que la confrérie devait assister. Le rapport qu’elle fit de cette assemblée nous a été conservé. ( Pensées , p. 99.)
à Grigny 2 et de là visiter quelques Charités qu’on a établies depuis peu à l’entour d’Etampes.
Vos filles de l’Hôtel-Dieu font toujours bien. Il n’y a que Henriette 3 qui est toujours en langueur. Marie dit que c’est pour votre absence. Cela a empêché qu’elle ne soit allée à Saint-Nicolas, et Barbe 4 à Saint-Sulpice 5. Isabelle 6 se porte mieux. Il n’y a que la fille de Mademoiselle Viole qu’on a mise avec elle, qui les scandalise à cause de ses façons de faire avec des garçons qui la viennent voir et pour lesquels sa maîtresse l’a renvoyée. C’est cette Normande pour laquelle vous avez écrit à Mademoiselle Viole qu’elle priait Madame Goussault de prendre soin d’elle, qui a un fâcheux esprit et dangereux.Je l’envoyai hier quérir pour lui dire qu’elle ne fît entrer des garçons dans la maison ; mais elle ne le prit pas bien et me dit qu’elle aimait mieux s’en aller. Il faut demeurer en paix après qu’on a fait ce qu’on a pu en ces cas-là.
Voilà pour les nouvelles qui vous regardent. Mais disons maintenant : quand reviendrez-vous ? O mon Dieu ! j’oubliais à vous dire de Madame Mussot que je l’attends ce matin pour savoir au vrai quand elle partira.
Madame de Liancourt m’a mandé qu’elle me viendra