‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 278 sur 500 · Pont-Sainte-Maxence · texte numérisé non relu

Pont-Sainte-Maxence

Lettre 244. — Recueil du procès de béatification.

Providence vous a arrêté auprès de Monseigneur le chancelier 1, en suite de la pensée qu’il a eue de me mander que je lui envoyasse quelqu’un pour le suivre ! O Monsieur, que les conseils de Dieu sont adorables et admirables ! Joseph allait en Egypte pour y souffrir les misères qui accompagnent l’esclavage, et il y trouva son bonheur et celui des siens ; vous vous en alliez à la guerre pour souffrir les calamités, et Notre-Seigneur vous a arrêté auprès du chef de la justice du royaume et d’un des plus hommes de bien qui soient. Plaise à Notre-Seigneur vous y faire trouver le dégoût des choses du monde, par la plus grande connaissance que vous acquerrez de la vanité d’icelles, et que vous nous en puissiez faire part à votre retour, qui est certes un bien plus estimable que tous les honneurs et tous les biens de l,a terre ! Soyez-y donc à la bonne heure, Monsieur, puisque ce n’est pas vous qui vous y êtes introduit et que c’est la pure Providence qui en a disposé de la sorte.

Je n’entends pas bien en quelle qualité c’est, si c’est ou pour servir en l’absence de M. Peleüs, son aumônier, ou pour servir aux gens de guerre qui l’accompagnent. Si c’est en la première manière, je n’ai rien à vous dire touchant la confession, la sainte messe, ni les grâces. Vous savez ce qu’il faut faire aux deux premières, et vous vous informerez de ce qu’il faut faire au troisième ; si ce n’est, pour le premier, qu’il nous suffit de ce que les gens de bien nous disent, sans s’enquérir ; car quod supra nos nihil ad nos, dit un grand personnage. Il y a quelques cérémonies à la fin de la messe qu’on fait devant les grands ; c’est se retourner et leur faire une inclination à la fin de messe, après avoir ôté la chasuble. J’ai vu faire cet acte de révérence par notre bienheureux Monseigneur

i. Pierre Séguier.

de Genève 2 à Monsieur le général des galères 3. Votre condition est infiniment au-dessous de celle de ce grand et saint prélat II me semble, de plus, que Y on leur porte le corporal à baiser et que Ton leur va donner de l’eau bénite après la messe. Je ne l’ai jamais fait et n’en sais rien ; vous vous en informerez. Si vous mangez parfois à la table de Monsieur le maître d’hôtel, tâchez toujours Monsieur, d’y avoir la moindre place. Les maîtres d’hôtel ne quittent jamais La leur et les gentilshommes précèdent là les aumôniers en la plupart des lieux, même chez les prélats. J’avais pour maxime de regarder Monsieur le général en Dieu, et Dieu en lui, et de lui obéir de même, et à feu Madame comme à La, Vierge, et de ne me présenter si ce n’était qu’ils m’appelassent, ou pour quelque affaire pressant et d’importance 4 5. Au nom de Dieu, Monsieur, faites-en de même. Quant aux domestiques, il les faut beaucoup honorer et traiter doucement, cordialement et fort respectueusement, et surtout leur dire parfois quelque chose de Dieu, et se faut bien garder de s’enquérir des nouvelles de la maison, ni de l’État.

Que si c’est en la seconde manière, vous verrez si vous pouvez faire quelques exhortations catéchistiques dans l’église à certains jours de la semaine. Ressouvenez- vous de ce que faisait saint François Xavier sur le navire, dans son passage aux Indes, et tâchez à l’imiter et à faire ce que vous pensez devant Dieu qu’il ferait, s’il était à votre place. Prenez-le, s’il vous plaît, pour votre spécial protecteur.

Monsieur le curé de la ville 3 est celui que vous avez vu aux Bons-Enfants. Vous écrirez à Monsieur Grenu

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