Elie Laisné, sieur de la Marguerie
[Vers novembre 1637 b]
Mademoiselle,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Ne me faites point des excuses, je vous en prie, de ce que vous avez envoyé M. votre fils au collège * 1 2 ; vous avez tout pouvoir. Je le reçois à grâce de Dieu ; et, au cas qu’il soit besoin, envoyez-le céans, s’il vous plaît. Tout est à vous et à lui. Je suis bien aise de lui voir l’appréhension de perdre ses leçons ; voilà qui va bien.
Je vis hier M. Holden ; nous parlâmes un peu de l’esprit du martyre ; mais la première fois 3 ce sera de celui de la charité, qui est tant nécessaire à un esprit apostolique.
Si la sœur du frère Jean 4 est propre, je pense que le pauvre garçon l’estimera bienheureuse qu’elle soit de la Charité ; je lui en parlerai et à vos hiles demain l’aprèsdînée céans ; il me serait difficile d’aller ailleurs.
Si Barbe veut aller en religion ; mettez-lui-en le marché en main tout doucement, s’il vous plaît ; elle en sera bientôt lasse, ou la religion d’elle.
Et pour cette autre hile de l’Hôtel-Dieu, il vaut mieux s’en défaire plus tôt que plus tard ; ou plus vous attendrez, la sortie fera plus d’éclat. Sachez bien au vrai ce qui en est et faites entendre aux autres qu’elle n’est pas pour demeurer, qu’elle a été bien aise de se mettre à
Lettre 279. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.