Villers-sous-Saint-Leu
j’enverrai aujourd’hui M. Benoît 8 voir sa bonne sœur 9, que je salue de tout mon cœur. Je suis un peu en peine de cette bonne fille et de la pauvre Madame Goussault, laquelle je vis hier au soir avec sa fièvre continue et avec oppression d’estomac. Elle était pourtant un peu mieux que le jour auparavant ; mais l’on dit qu’elle change souvent d’état. L’on la devait saigner dans demiheure. Je ne vous dis point que vous l’offriez à Dieu ; je m’assure que vous n’y manquez pas. Je lui dis que votre indisposition vous tenait au lit. Je vous prie de le garder encore et de ne point penser à l’aller voir.
Je ne me mets point en peine de vous, par la grâce de Dieu. Je pensais vous aller voir hier ; mais je fus accablé de monde, et fallut que je m’excusasse à deux dames d’aller à La Chapelle. Je serai pourtant bien aise de savoir votre état présent. Le mien est mieux, Dieu merci, et me propose d’aller aux champs, selon votre avis ; notre assemblée de mardi et la retraite de M. de la Marguerie 10 m’en ont empêché jusques à présent. M’avezvous mandé que vous désiriez que je vous visse auparavant ?
Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.
Vous ne pourriez aller à la messe aujourd’hui sans vous faire plus malade ; entendez-la de votre lit, s’il vous plaît, ainsi que l 'Introduction à la vie dévote l’enseigne, et cela doucement, sans contention. N’est-ce pas chez vous que Marie Bécu est malade ?
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.