‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 326 sur 500 · Jérôme Bignon, avocat général · texte numérisé non relu

Jérôme Bignon, avocat général

ne V allègue que par nécessité et en cette seule rencontre , pour •vous faire ressouvenir de ma condescendance et vous faire rabattre de l'opinion que les autres vous ont donnée de ma raideur et sévérité. Car f ose bien dire que je mérite si 'peu cette réputation , au jugement de ceux qui me connaissent et de la vérité , que si je proposais à ce même personnage et à son collègue les quatre ou cinq reproches que vous né avez faits , ils s en riraient et ils apaiseraient ainsi, sans mot dire , toute la colère que j'en aurais eue. J'ai grand sujet , Monsieur , de vous le pardonner et de vous dire en mon cœur une partie des paroles que le Fils de Dieu dit à ceux qui le maltraitaient . J'espère, et je le dis avec confiance , que ce ne sera pas cela qui me fera rougir devant son jugement , et qu'au contraire f en attends quelque faveur de sa miséricorde , si je persiste à maintenir et adorer dans mon cœur ce que la succession de la doctrine apostolique, par laquelle nous minons les hérétiques et sans laquelle l'Eglise ne peut subsister , ma appris , par V organe de la même Eglise universelle et catholique j depuis 25 ou 30 ans.

Je vous prie d'agréer que le plus tôt que j' ai pu et en suite d'une douloureuse infirmité qui ma pris à Clêry 10 et qui me dure encore, je vous aie dit ce que j' avais sur le cœur, afin de vous traiter en ami et en chrétien , et ne laisser rien d'amer dans le fond de l'âme qui pût altérer tant soit peu l' amitié , laquelle je vous veux conserver jusques à la fin de ma vie. Je vous en ai rendu un témoignage } depuis ce sensible déplaisir , par la lettre que j'ai écrite à M onseigneur l' évêque de Poitiers , et je vous en eusse rendu un plus grand, si je me fusse senti approcher de la mort , en vous dressant des articles sur des choses que je trouve à dire dans votre Institut, afin de vous faire voir ? pour le moins après ma mort , les causes que j'avais en cela de vous offrir mon service , lequel vous avez si peu estimé que vous avez pris la simple proposition que je vous en ai faite , pour une preuve de la vérité des quatre choses dont vous m'avez accusé. Moyennant que Dieu ne m' en accuse pas, j'en suis trop heureux, et qu'il accepte comme sienne la charité avec laquelle je prétendais vous ôter de certaines pratiques que j'ai toujours tolérées en votre discipline } voyant l'attache que vous y aviez, avec une résolution d'autant plus forte de vous y tenir qu'elle était autorisée par l'avis de grands personnages que vous consultiez Je ré ai garde après cela de dire la pensée que j'en avais } que Dieu, à mon avis, ne les agrée point. Car il n'y a qu une véritable simplicité dans la-

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