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Marie Bécu

Lettre 284. — L. a. — Original au couvent de la Visitation de Troyes.

1. Marie d’Hanivel, fille du grand audiencier de France. Dans sa

Je suis très indigne de vous remercier, comme nous le sommes, des grâces qu’il vous plaît incessamment de nous faire ; c’est ce qui fait, ma très chère et aimable Mère, que je prie la sainte Vierge, à laquelle vous m’avez donné d’une manière particulière, qu’elle fasse en sorte avec son Fils qu’ils soient tous deux votre récompense et votre remerciement.

J’ai jeté les yeux sur plusieurs ecclésiastiques pour votre sacristie ; mais il n’a point plu à Dieu que j’aie rencontré encore ce qu’il vous faut. Je veillerai, mais je doute fort que ce soit aussi efficacement que votre bonté le fait pour votre chétiveté. J’y ferai néanmoins mon possible, comme aussi de vous faire faire des mémoires du bienheureux Monsieur Gallemant* 2 par un sien vicaire 3 que nous avons céans, et par un ecclésiastique duquel il se servait, étant petit garçon, pour lui répondre aux catéchismes qu’il faisait partout où il allait. Je dirai aussi en mon particulier ce que j’en sais, qui ne l’ai pu faire depuis mon retour, à cause de mon embarras, qui suis à

jeunesse, elle ne trouvait que joies dans le monde, qui l’adulait. Ramenée à des pensées sérieuses par la mort subite d’une de ses amies et par la parole du fameux Père capucin Ange de Joyeuse, elle refusa d’épouser le neveu du duc de Villars, et, sur les conseils de son cousin M. de Brétigny et de Madame Acarie, entra au Carmel de la rue Saint-Jacques dès le moment de sa fondation, y prit le nom de Marie de la Trinité et fit profession au couvent de Dijon en 1605. Elle fut prieure à Rouen, à Pontoise et en dernier lieu au couvent de Troyes, où elle mourut le 6 mars 1647, âgée de soixante-huit ans. (Placide Gallemant, of. cit., pp. 329-339.)

2. Jacques Gallemant, docteur de Sorbonne, premier supérieur des Carmélites de France, curé d’Aumale, puis d’Aubervilliers, près Paris, mort à Besançon le 25 décembre 1630, à l’âge de soixante-douze ans. Le Père Placide Gallemant a publié sa vie en 1653. C’est probablement pour lui que la Mère de la Trinité cherchait des renseignements biographiques.

3. C’était Jean Pillé, ancien vicaire d’Aubervilliers, entré dans la congrégation de la Mission en 1631.

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ma très chère et très aimable Mère, son très humble et très obligé serviteur.

Vincent Depaul.

De Paris, ce 28 novembre 1637.

Siiscription : A ma Révérende Mère ma Révérende Mère de la Trinité, supérieure du monastère second des Carmélites de Troyes, à Troyes.

Mademoiselle,

[Fin de 1637 * 1.]

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je loue Dieu de ce que vous vous portez mieux et vous prie de manger des œufs ; car autrement, il est à craindre que vous retombiez. Pour la pauvre hile de Madrid 2, j’ai pensé de parler à plein fond à M. le procureur général 3 de cet affaire et du moyen de secourir ces pauvres créatures aux Enfants trouvés 4. Madame Goussault vous aura peut-être pu dire l’ouverture qu’on m’a faite pour cela. Nous en parlerons avec vous d’ici à trois ou quatre jours, si votre santé vous permet de venir jusques

je ne sais que vous dire pour ces filles de Saint-Paul 5, sinon que vous ne vous devez attendre à autre chose qu’à peine et difficulté. Nous en parlerons quand vous viendrez. Ne croyez pas cependant que mon cœur reçoive

Lettre 285. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1. Cette lettre semble précéder de peu de jours l’institution des Enfants trouvés.

2. Ancienne localité de la banlieue parisienne, que rappelle encore le château de ce nom, situé dans le bois de Boulogne.

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