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A LAMBERT AUX COUTEAUX, PRÊTRE DE LA MISSION

A RICHELIEU

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu la vôtre du 24 de ce mois, qui m’a fort consolé, pource qu’il plaît à Dieu que vous vous portiez si bien, et que M. Perdu est revenu de ses trois accès de fièvre.

J’ai été fort aise d’être éclairci de l’affaire de Toul. J’y ai envoyé M. du Coudray, avec pouvoir de traiter le différend \ M. Midot* 1 2 porte fort nos intérêts. Il désire

Lettre 293. — L. a. — Dossier de Turin, original.

1. Pour comprendre « l’affaire de Toul », il faut remonter à l’origine de l’établissement fondé dans cette ville. L’Ordre du Saint-Esprit, auquel Néméric Barat, maître échevin de Toul, avait, en 1238, confié un hôpital qu'il venait de bâtir pour orphelins et infirmes, n’était plus représenté en cette ville en 1635 que par maître Dominique Thouvignon et par deux religieux. Dominique Thouvignon résigna son bénéfice en faveur de l’évêque Charles de Gournay, moyennant une pension de deux mille livres barrois. Ce dernier l’offrit aux prêtres de la Mission, et Jean Dehorgny en devint titulaire par acte royal de mai 1635. Lambert aux Couteaux et Colée y furent placés et y remplirent les fonctions de leur état : missions, conférences ecclésiastiques, retraites. Le 16 juin, par une convention à l’amiable, les deux frères du Saint-Esprit cédèrent à Jean Dehorgny tous leurs droits sur la maison et l’hospice, moyennant une pension de six cents livres barrois et certains avantages. L’hôpital prenait aux missionnaires une grande partie d’un temps qu’ils auraient désiré consacrer aux missions. Sur leur demande, il fut statué, le 17 mars ï637, que l’évêque, le lieutenant du roi et le maître échevin, l’administreraient par deux délégués de leur choix et qu’à la Mission serait dévolu le tiers des meubles et immeubles gérés avant 1635 par les frères du Saint-Esprit. Le partage fut l’occasion de nombreuses contestations pendant quatre ou cinq ans. (Histoire des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Diê, par Eugène Martin, Nancy, 1900- 1903, 3 vol., in-8, t. II, p. 208 et suiv.) En décembre 1657, le roi supprima la commanderie du Saint-Esprit de Toul et l’unit à la congrégation de la Mission.

2. Jean Midot, docteur en théologie, conseiller au parlement de Metz, grand archidiacre, chanoine et vicaire général de Toul, était très considéré en cour de Rome et en cour de Lorraine. Après la

que M. Colée rende compte au chapitre ; et s’il se trouve qu’il n’y ait point de l’abus de notre côté, il espère faire joindre le chapitre à nous et de venir lui-même en cette ville pour les intérêts de leur diocèse. M. le président Faberolle, qui a charité pour nous, a un peu émoussé la pointe de la poursuite. S’il n’eût été contraint de s’en revenir, il aurait pu remédier à cet affaire, lequel j’abandonnerais volontiers, n’était que nous sommes obligés de justifier qu’on nous blâme à tort d’avoir mésusé de ce bien. C’est l’avis du bon M. de Cordes et de M. de Sainte-Marthe. Nous avons demandé l’évocation * * 3, selon le désir dudit sieur Midot. L’on m’a dit tantôt que M. le chancelier 4 a refusé de sceller les lettres. Benedictus Deus !

j’ai été bien aise d’apprendre la description de ce petit prieuré. M. des Roches 5 m’a dit qu’il le nous voulait donner ; mais cela n’est pas encore fait. Vous me ferez plaisir de me mander si l’on le vous a dit d’ailleurs. Béni soit Dieu de ce que vous dites qu’il peut défrayer la maison de pain et de vin !

Je voudrais aussi savoir si les coches de Loudun sont à 5.000 livres ; ils ne sont baillés que pour 4.500 livres par la fondation. Peut-être se sont-ils raffermis depuis.

Je tiendrai la main au bâtiment 6 ; mais je voudrais

mort de Charles de Gournay, il gouverna le diocèse en qualité de vicaire capitulaire. Au témoignage de Collet (o-p. cil ., t. I, p. 291, note), sa famille conservait au xviii6 siècle plusieurs des lettres que saint Vincent lui avait adressées. Une seule nous est connue. Jean

Midot est l’auteur de Mémoires sur les évêques de T ouï restés manuscrits.

3. Dessaisissement du tribunal local et transfert de la connaissance du procès au parlement de Paris.

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