A LAMBERT AUX COUTEAUX
De Paris^ ce 20 février 1638.
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
j’ai lu et relu votre lettre du 9 de ce mois avec une singulière consolation, qui a été un peu tempérée par la petite indisposition du bon M. Perdu, lequel je ne vous recommande pas, parce que je suis très assuré que vous en avez tout le soin possible ; mais qui en a de votre santé ? je prie Notre-Seigneur que ce soit lui-même.
j’ai envoyé à Toul la lettre que vous écrivez à M. Dehorgny. Cet affaire s’alentit un peu. Nous sommes en quelque pourparler avec M. Fleury le neveu, docteur de Sorbonne \
Je suis bien aise de ce que vous me dites de ce petit prieuré de M. des Roches-Chamian, des deux fermes et
Lettre 306. — L. a. — Dossier de Turin, original.
1. François de Fleury, du diocèse de Langres, obtint un canonicat dans celui de Verdun. Il approuva le livre De la fréquente communion et fut présenté par les jansénistes à la reine Marie-Louise de Gonzague, dès le départ de celle-ci en Pologne, pour remplir auprès d’elle les fonctions d’aumônier. Ses relations avec saint Vincent et les missionnaires envoyés dans ce pays furent toujours excellentes, cordiales même, comme on peut le voir par les lettres du saint, qui l’estimait beaucoup. Il mourut en France dans les premiers jours de novembre de l’année 1658. Nous avons une partie de sa correspondance avec la Mère Angélique.
des deux maisons. Puisque la Providence fait rencontrer ce bon ecclésiastique dedans, il lui faut laisser faire son temps, faire faire les vignes et réparer ce pan de murailles qui est tombé.
Je m’en doute bien que les greffes de Loudun sont au plus haut prix. Béni soit Dieu !
je serai bien aise de voir cet architecte de Pontoise et le maçon pour les bâtiments.
Vous avez bien fait de donner un état des meubles à Monseigneur de Chartres 2 et ferez encore bien de faire faire des chopines et des fourchettes comme les nôtres, pour commencer le plus tôt que vous pourrez à prendre les repas en portion.
Oh î que je suis encore attendri de ce que vous me dites de la sorte d’approbation qu’a faite Monseigneur de Poitiers 3 du contrat passé avec Monseigneur le cardinal et de ce que vous me mandez que vous vous en allez à Poitiers remercier ce bon prélat ! je le suis encore pour ce que vous me dites de la bonté et de la douceur avec laquelle Monseigneur de Chartres a traité avec vous et avec tout le monde. Je l’en remercierai et le dirai en bon lieu, comme je remercie Dieu de l’attention que vous avez fait faire à la compagnie à ce que je vous ai dit du catéchisme et des prédications. Faites-les-en ressouvenir souvent, s’il vous plaît.
Je trouve fort bien la disposition que vous me dites que vous faites de la mission : r° dans le duché ; 2° achever celle de Richelieu. Il faudra bien alors établir la Charité. T’espère vous envoyer une excellente Fille de la Charité pour cela 4. Elle saigne, fait les médecines et donne les lavements ; c’est celle qui a préféré le service