A JEAN BÉGU
Monsieur,
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je suis plus consolé que je ne vous puis exprimer de la nouvelle que votre lettre, que je viens de recevoir, me vient d’apprendre, et en rends grâces à Dieu et au bon M. Pecoul. O mon Dieu, que d’obligations nous avons à ce grand serviteur de Dieu ! Je vous prie de le saluer très humblement de ma part et de l’assurer de ma reconnaissance.
Je pense qu’il ne faut point penser à prendre à partie M. le procureur du roi ; vous le rendriez doublement contraire et vous n’avez pas besoin de cela.
Je ferai travailler dès demain à obtenir les lettres qu’il faut pour votre neveu. Il n’est pas besoin que vous demeuriez de delà, oui bien de charger quelque ami pour
Lettre 342. — L. a. — Dossier de Turin, original.
travailler à F entérinement des lettres. C’est un affaire qui ira de longue, et je ne sais s’il est à propos de la poursuivre présentement à la chaude. Les affaires criminelles veulent être vieillies pour en mieux venir à bout. Apportez de deçà tous les mémoires que vous pourrez. Il sera bon que vous preniez le conseil d’un ou de deux fameux avocats d’Amiens pour voir comme vous devez procéder, et les assembler à cet effet. Et quand vous serez ici, nous ferons le même de deçà ; et apportez, s’il vous plaît, leur avis par écrit.
Très volontiers, nous enverrons ce que vous dites à la bonne nièce de M. votre bienfaiteur, lequel je salue, et suis à lui, à M. Leleu, comme à vous, Monsieur, très humble et très obéissant serviteur.
Vincent Depaul.
De Paris3 ce 29 août 1638.
Depuis la présente reçue, j’ai relu votre lettre et vu qu’il faut quelques pièces de delà pour obtenir les lettres royaux 1. Nous différerons à y travailler jusques à votre retour ; en effet, nous ne saurions à présent sur quoi les fonder.
Suscription : A Monsieur Monsieur Antoine, chapelain organiste [de] Notre-Dame, demeurant proche de Saint-Remy 2, pour faire tenir à Monsieur Bécu, prêtre de la Mission, à Amiens.
r. Cette forme plurielle s’employait autrefois au féminin comme au masculin.