décembre
Lettre 385. — Dossier de Turin, copie du xvue ou du xviii6 siècle.
1. Saint-Michel fait aujourd’hui partie de la ville de Toulouse.
vous prie d’avoir soin de sa santé et de l’aider de parole et d’exemple à parvenir à la perfection d’un missionnaire, et d’observer tous deux, à cet effet, le petit règlement, sans vous en départir pour quelque raison, ni sous quelque prétexte que ce soit. Un prélat m’a fait 1 honneur de me dire qu’il vous a vu avec un collet plus grand que les nôtres et avec un manteau à gros boutons, dans un esprit de suffisance et moins d’humilité que les autres missionnaires. Que si cela est, je vous prie, Monsieur, de vous ajuster en toutes choses au petit règlement, à nos petites observances et à notre manière de nous habiller et d’honorer plus que jamais l’humilité de Notre-Seigneur. Chacun dit que Uesprit de missionnaire est esprit d’humilité et de simplicité. Tenez-vous-en là. L’esprit de douceur, de simplicité et d’humilité est l’esprit de Notre-Seigneur ; celui d’orgueil ne subsistera point longtemps à la Mission.
2° Ne craignez pas de m’avoir mécontenté. Je vous connais bien. Je m’assure que vous ne retournerez jamais deux fois aux manquements dont je vous ai averti et vous avertirai ci-après. Vous n’êtes ni infaillible, ni incorrigible. Vous faudrez moins si vous vous tenez à ce que je vous ai dit, et vous éloignez du brillant et de l’esprit du monde. Nemo potest ciuobus dominis servire. Je voudrais que vous vissiez l’humilité et la simplicité que Notre-Seigneur répand dans notre séminaire et combien tout ce qui est contraire à cela le choque.
3° Je vous promets ce que vous demandez au 3e point, que je vous ferai réponse désormais à toutes vos demandes, que vous mettrez, s’il vous plaît, par articles.
Voici la réponse au 4e et au 5e points. Les personnes plus oculées me disent souvent qu’il faut tenir ferme à la pratique de ne prêcher, catéchiser, ni confesser dans les villes, ni dans les faux bourgs où il y a archevêché ou
présidial ; et puis, vous savez que notre bulle y est expresse 2. Ceux qui pourraient avoir quelque pente au contraire à l’instant qu’ils le désirent resteront plus édifiés avec le temps.
je ne trouve point de difficulté que vous voyiez ceux que Monseigneur 3 vous adressera pour les dimissoires, lorsque vous serez à Toulouse, et pense que vous avez bien fait d’acheter un réveille-matin.
Un accident qui est arrivé en la compagnie me fait voir qu’il est nécessaire que je voie les comptes de la dépense et de la recette. Je les ai vus et arrêtés à Richelieu, d’où je viens. Je vous prie, Monsieur, de m’envoyer les vôtres ; ou, si vous n’avez point tenu compte de votre dépense ni de votre recette, commencez à le faire pour l’avenir, afin qu’on observe un même ordre partout. Vous pouvez bien penser que je connais votre fidélité et que je me défie plus de la mienne que de la vôtre.
Je m’en vas dire à M. de Marceille qu’il cherche et vous envoie la relique de la vraie croix que vous demandez, si elle se trouve.
Or sus, Monsieur, voilà tout. Il me reste à vous dire que je n’aurais eu garde de vous aller voir à Toulouse, ou de vous prier de vous rendre à Bordeaux, si j’y fusse allé. O Jésus ! Monsieur, il me tarde trop que je n’aie la consolation de vous voir ! car vous savez combien mon cœur chérit le vôtre chèrement aimable. J’ai promis à M. Pavillon de me rendre à Alet incontinent après qu’il y sera 4. Si Notre-Seigneur me fait la grâce de le voir, ce sera alors que j’aurai cette consolation. Mais, si une
2. « ln civitatibus autem et urbibus quae archie-pisco-patuum , episcopaiuum , parlamentoru7n et bajulatuum titrais insignitae sunt , clerici et sacerdotes dictae congregationis nulla publica eorum Instituti munera obeant. » (Bulle Salvatoris nosiri, du 12 janvier 1632.)