Alors supérieur de la maison de Toul
cil v (MT ai la lettre que m’en écrit M. Boucher dans sa simplicité.
Notre jeunesse demande à faire ce que vous et moi avons fait. Je pense que le séminaire est composé de plus de vingt, quoique nous en ayons tiré cette année dix ou douze ou pour étudier en théologie aux Bons- Enfants, ou pour travailler aux missions. Notre bon frère Alméras * 5, qui est un notable sujet, a fait comme nous et s’en va aux Bons-Enfants étudier.
Voilà nos petites nouvelles d’à présent, je souhaite d’en avoir souvent des vôtres [et] plus de temps pour vous écrire. Je le ferai le plus souvent que je le pourrai, qui embrasse en esprit le bon Monsieur Durot, lequel je prie de me pardonner au cas que je ne lui puisse faire
5. René Alméras, neveu de Madame Goussault, naquit à Paris le
5 février 1613. Conseiller au grand conseil à vingt-quatre ans, il quitta tout, sa famille, sa position, ses espérances, malgré l’opposition de son père, qui devait le suivre plus tard, pour entrer dans la congrégation de la Mission, où il fut reçu le 24 décembre 1637. Saint Vincent lui confia les emplois importants de directeur du séminaire et d’assistant de la maison, l’admit à son conseil, s’en remit souvent à sa prudence pour traiter avec les personnes du dehors des affaires délicates et le chargea des retraitants. Tant de travail ruina la santé de René Alméras. Le saint fondateur, convaincu par son expérience personnelle que le changement d’air contribuait à redonner la santé, l’envoya en 1646 visiter plusieurs établissements de France et d’Italie. Arrivé à Rome, René Alméras reçut avis qu’il était nommé supérieur de la maison. Il y resta jusqu’en 1651. De retour en France, il prit la direction du séminaire Saint-Charles. Nous le trouvons en 1654 occupé à distribuer des secours aux pauvres de la Picardie et de la Champagne. Il visita encore diverses maisons de la congrégation et reçut de nouveau le titre d’assistant de la maisonmère, qu’il conserva jusqu’à la mort de saint Vincent. A ce titre, il ajoutait celui de visiteur de la province du Poitou. Il était à Richelieu quand le saint, sentant sa fin prochaine, le fit prier de se rendre en toute hâte à Paris. René Alméras était souffrant. Il vint, porté sur un brancard, et eut la consolation de recevoir une dernière bénédiction du saint fondateur. Nommé vicaire général par saint Vincent, puis supérieur général par l’assemblée de i66r, il gouverna les deux communautés avec sagesse jusqu’au 2 septembre 1672, jour de sa mort.
réponse, qui suis, en l'amour de Notre-Seigneur, votre très humble et obéissant serviteur.
Vincent Depaul.
De Paris3 ce 3 février 1639.
Dieu a disposé de la mère de M. Durot. Vous prendrez le temps opportun pour lui dire, s’il vous plaît. Je viens de dire qu’on dise les messes à son intention. Je prie Notre-Seigneur qu’il soit l’adoucissement de la douleur de son cœur. J’ai pensé qu’il vaut mieux que vous lui disiez, et ne lui en parle point par ma lettre.
Suscriftion : A Monsieur de Sergis, prêtre de la Mission, à Toulouse.
369 — A PIERRE DU GHESNE
Monsieur,
[Vers février 1639 C]
La grâce de Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais !
En chose du monde ne pouvez-vous plus consoler mon âme que dans la charité que vous exercez envers le bon Monsieur Dufestel. Je vous remercie très humblement des fréquentes nouvelles que vous m’en donnez, et vous supplie de continuer, pour l’amour de Jésus-Christ qui vous presse. Il faut donc attendre, Monsieur, que la nature se délivre tout doucement de l’humeur qui l’oppresse. Il faut que je vous avoue que je suis du sentiment du médecin qui le traite, qu’il ne faut pas presser
1. Cette lettre a des rapports étroits avec les lettres 366 et 367, qu’elle a dû suivre de peu de jours. M. Pémartin la date, nous 11e savons pourquoi, du 15 février.
à l’égard de cette sorte de maladie, j’espère que le souverain médecin sera à lui-même sa guérison, sinon du jour au lendemain, du moins peu à peu. Je l’embrasse en esprit avec tendresse tout de cœur.
J’écris à Monsieur Gouault 2 que je travaille, selon l’intention de Monseigneur de Troyes, à la vente de ses maisons et ne perdrai point de temps.
J’ai écrit à Messieurs Lucas et Perceval 3 de vous aller trouver, ainsi que je vous ai mandé.
Monsieur de Beauvais 4, qui sait l’importance de l’exercice des ordinands, a prié nos seigneurs les évêques circonvoisins qui donneront les ordres, de renvoyer à Paris ceux des autres évêchés qui y ont étudié, afin qu’ils profitent ici des exercices. Selon cela, Monseigneur de Troyes, semble-t-il, ferait leur bien s’il en faisait de même à l’égard des externes, auquel cas peut-être que, sa bonté en étant avertie, elle en pourrait user de même. Vous en userez selon que Monsieur Dufestel et vous le trouverez expédient, et vous nous enverrez ce bon bûcheron et vigneron, s’il est entièrement résolu 5. Nous nous trouvons bien de ceux de Champagne.
J’embrasse le bon Monsieur Dufestel et suis de Monsieur Savary, de René et de lui le très humble serviteur.
Vincent Depaul.
Suscription : A Monsieur Monsieur du Chesne, prêtre de la Mission, à Sancey.
2. Sébastien Gouanlt, bourgeois de Troyes. Il prêta sa maison de Sancey aux prêtres de la Mission, qui l’habitèrent près de deux ans.
3. Guillaume Perceval, né à Saint-Guillain, dans le diocèse de Cambrai, entré dans la congrégation de la Mission en 1635, ordonné prêtre en décembre 1637, sorti en 1644.