Charles de Montchal
humblement pardon et que j’espère que Notre-Seigneur me fera la grâce de m’amender ;
3° Que tout ce que vous me mandez pour raison de n’avoir pas fait les propositions du logement et des ordinands, ne vous devait pas empêcher de les faire, pource que ce ne sont que productions naturelles de l’esprit humain, qui raisonne pour l’ordinaire selon ses dispositions, et qu’il s’agit ici non pas du désir de s’établir, comme vous dites, mais de faire le bien que je vous ai proposé 3, que l’adorable providence de Dieu a suggéré à une bonne âme, qui en désire faire la dépense, et qu’on, ne devait pas espérer moins de bénédiction de delà que la bonté de Dieu en donne de deçà aux ordinands, quoique les esprits soient élevés et méprisent pour l’ordinaire les choses médiocres. Cela aurait été bon à juger à Monseigneur l’archevêque, et à nous à respecter son jugement et ses volontés et à nous y soumettre, comme je fais en cela au vôtre, vous disant cependant tout simplement, Monsieur, que nul de la Compagnie n’a jamais fait difficulté d’aucune chose que je lui ai écrite, qu’un qui m’écrivit des difficultés et ne laissa pas de faire ce que je lui écrivais, et un autre qui, par son propre jugement, a fait difficulté de signer un accord que j’avais fait, et m’en manda quantité de raisons et d’excuses et m’en fit écrire par d’autres ; à cause de quoi nous avons un grand procès au Conseil, que nous ne pouvons soutenir qu’avec risque de perdre un établissement et avec honte 4.
O Monsieur de Sergis, que la soumission d’esprit à un supérieur est une grande pièce ! J’avoue que la connaissance que vous avez de mes misères et de la gravité de mes péchés vous ôte la confiance ; mais celui qui a