Saint-Nicolas-du-Chardonnet
dra donner les mains. Mais que d’aller facilement acquiescer au renversement des dispositions qu’il a fait paraître toute sa vie qu’il avait d’être ecclésiastique, en suite de l’altération que ce jeune homme débauché 3 a faite en son esprit, que je ne pense pas cela à propos. Soyez donc, s’il vous plaît, en repos de ce côté-là, Mademoiselle. Notre-Seigneur conduira le tout. N’ayez pas peur et ne nous hâtons pas.
Je me porte assez bien, Dieu merci, et suis, en l’amour de N.-S., v. s.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à La Chapelle.
Mademoiselle,
[Entre 1636 et 163g * 1 *.]
La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !
Je suis ravi d’aise de ce que Notre-Seigneur vous fortifie dans la retraite ; mais, au nom de Dieu, ne le tentons point. Finissez à ce soir et ajoutez à votre confession ce qui s’est passé depuis, et cela succinctement ; vous y êtes un peu trop longue et souhaite que vous appreniez à vos filles d’être plus courtes. Il suffit qu’elles s’accusent de trois ou quatre défauts qui leur font plus de confusion.
3. Serait-ce le comte de Mony, qui exerça une fâcheuse influence sur l’esprit de Michel Le Gras et dont Louise de Marillac se plaint dans une de ses lettres (Lettres de Louise de Marillac , lettre 152), postérieure, il est vrai, de quelques années à celle-ci?
Lettre 380. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.
1. Avant 1636, Louise de Marillac n’était pas à La Chapelle, et
après 1639, saint Vincent n’aurait pas écrit « Ce jeudi matin » à la
fin de la lettre.
Je pense que les pauvres filles ne font point de péché mortel, Dieu merci, et il suffit qu’on s’accuse de deux ou trois pèches véniels, voire même d’un, pource qu’il est matière suffisante et non nécessaire de la confession.
Je n’ai reçu votre paquet que hier au soir, pource que je couchai, la nuit passée, aux Bons-Enfants, et n’ai pu voir encore vos méditations. Je le] ferai au plus tôt avec plaisir. Et pour votre confession, j’irai à la Chapelle, si je le puis, samedi prochain.
Bon jour, Mademoiselle. Je vous souhaite un cœur tout plein de celui de Notre-Seigneur et suis, en l’amour du même J.-C., Mademoiselle, votre très humble serviteur.
Ce jeudi matin.
Je pense que vous ferez bien d’attendre après les exercices à voir les fautes de vos hiles et à les en reprendre. Il faut penser à un chapitre.
Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
Je ne vous puis indiquer d’autre cause de votre mal que celle du bon plaisir de Dieu. Adorez-le donc, ce bon plaisir, sans vous enquérir d’où vient que Dieu se plaît de vous voir en l’état de souffrance. Il est souverainement glorifié de notre abandon à sa conduite, sans discussion de la raison de sa volonté, si ce n’est que sa
Lettre 381. — Abelly, o-p. cil., t. III, chap. v, sect. i, p. 37.
1. Abelly fait précéder la lettre de ces mots : « Cette même demoiselle étant un jour malade, lui écrivit pour le prier de l’avertir du mal de son âme, qui causait celui de son corps. » Bien qu’Abelly taise le nom de la demoiselle, nul doute qu’il ne s’agisse de Louise de Marillac, toujours portée à voir la punition de fautes passées dans les épreuves ou les souffrances que Dieu lui envoyait.
volonté est sa raison même et que sa raison est sa volonté. Enfermons-nous donc là dedans de la façon que fit Isaac au vouloir d’Abraham et Jésus-Christ au vouloir de son Père.
Mademoiselle,
Je ne puis vous exprimer la douleur que j'ai de celle que vous souffrez encore par le retour de votre mal de tête. Mon Dieu, Mademoiselle, serait-ce point l’air de La Chapelle qui vous cause ce mal ? Je vous supplie d’en prendre l avis du médecin, et, si cela est, d’en sortir au plus tôt et de prendre une maison dans notre faubourg, s’il y en' a à louer, ou dans la ville. Et si tant est que vous n’en trouviez point à louer présentement et que celle de Mademoiselle Poulaillon soit encore en état, voyez si elle la vous voudrait prêter pour quelque temps, pendant lequel vous en trouverez quelque autre. Je vous supplie, Mademoiselle, de faire cela au plus tôt et tout votre possible pour vous bien porter.
Mon Dieu, que j’ai eu de la peine de m’en venir sans vous voir et que j’en ai de plus demeurer que je ne pensais * 1 ! Oh bien ! votre charité me pardonnera celle-ci comme elle est accoutumée d’en supporter tant d’autres. Soyez cependant la plus gaie qui vous sera possible, et n’omettez point chose quelconque pour votre santé, pour l’amour de celui qui vous aime tant qu’il a donné sa vie pour vous.
Lettre 382. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original,
i. Le saint était allé à Troyes faire la visite de la maison des missionnaires.
Je suis encore ici pour sept ou huit jours, passés lesquels j’espère être au plus tôt à Paris 2, et m’en vas célébrer la sainte messe à ce qu’il plaise à Dieu que je vous trouve bien guérie et bien gaie pour le servir longuement dans l’œuvre auquel sa bonté vous a appelée.
Je suis un peu en peine de la santé de Madame la présidente Goussault. Je vous prie de m’écrire deux lignes de la disposition de Tune et l’autre3, qui suis, en son amour, Mademoiselle, votre très humble et obéissant serviteur.
De Troyes, ce 4 juillet 1639.
Suscrifition : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à La Chapelle.