‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 463 sur 500 · Madame Goussault et Louise de Marillac · texte numérisé non relu

Madame Goussault et Louise de Marillac

Lettre 383. — L. a. — Original au monastère de la Visitation d’Annecy.

1 Ce fut encore grâce aux largesses du commandeur de Sillery que

Or, je vous dirai, ma très digne Mère, que j’ai reçu, avec une consolation que je ne vous peux exprimer, la proposition que m’a faite le commandeur de cette fondation, tant pource qu’il nous donne le moyen de travailfer dans le diocèse des saints, que pource que c’est à l’abri et par la direction de notre digne mère et que par conséquent nous avons sujet d’espérer que Notre-Seïgneur bénira les saintes intentions du bon Monsieur le commandeur et les petits travaux de ses missionnaires.

Et pource que vous désirez savoir en quoi consiste notre petite manière de vie, je vous dirai donc, ma très digne Mère :

Que notre petite compagnie est instituée pour aller de village en village à ses dépens, prêcher, catéchiser et faire faire confession générale de toute la vie passée au pauvre peuple ; de travailler à l’accommodement des différends que nous y trouvons, et de faire notre possible à ce que les pauvres malades soient assistés corporellement et spirituellement par la confrérie de la Charité, composée de femmes, que nous établissons aux lieux où nous faisons la mission, et qui le désirent ;

Qu’à cet emploi, qui est notre capital, et pour le mieux accomplir, la providence de Dieu a ajouté celui de retirer chez nous ceux qui doivent prendre les ordres, dix jours avant l’ordination, les nourrir et entretenir et leur enseigner pendant ce temps-là la théologie pratique, les cérémonies de l’Eglise et à faire et pratiquer l’oraison

l’établissement d’Annecy fut fondé. Par contrat du 3 juin 1639, il donnait à saint Vincent 40.000 livres, à prendre sur les aides de Melun, pour l’entretien de deux prêtres et d’un frère en état de donner des missions, plus q.000 livres pour l’achat de chapelets et de feuilles ou brochures de piété. Les missionnaires devaient se trouver à leur poste avant le 15 septembre et travailler gratuitement pendant huit mois de l’année dans les paroisses que l’évêque leur désignerait, et tous les cinq ans, à partir de 1641, à Brie-Comte-Robert en Seine-et-Marne. jCf. Arch. Nat. S 6716.)

mentale selon la méthode de notre bienheureux Père Monseigneur de Genève 2, et cela à l’égard de ceux qui sont du diocèse où nous sommes établis ;

Que nous vivons dans l’esprit des serviteurs de l’Rvangile à l’égard de nos seigneurs les évêques, lesquels nous disant : « Allez là », nous y allons ; « venez ici », nous y venons ; « faites cela », nous le faisons ; et cela pour ce qui regarde les fonctions ci-dessus ; et pour le regard de la discipline domestique de la congrégation, elle dépend d’un supérieur général ;

Que la plupart d’entre nous avons fait les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, un quatrième de nous appliquer, toute notre vie, à l’assistance du pauvre peuple, et que nous travaillons à les faire approuver par Sa Sainteté 3 et demandons permission d’en faire un cinquième, qui est l’obéissance à nos seigneurs les évêques dans le diocèse desquels nous sommes établis, à l’égard des fonctions susdites 4 ;

Que nous sommes en la pratique de la pauvreté et de l’obéissance et travaillons, par la miséricorde de Dieu, à vivre religieusement, quoique nous ne soyons pas re ligieux. Nous nous levons, le matin, à quatre heures, employons une demi-heure à nous habiller et à faire notre lit, faisons une heure d’oraison mentale ensemble à l’église, récitons prime, tierce, sexte et none ensemble ; puis nous célébrons nos messes, chacun à son rang ; cela fait, chacun se retire à sa chambre pour étudier. A dix heures et demie, l’on fait un examen particulier sur la vertu qu’on tâche d’acquérir ; puis l’on s’en va au réfectoire, où l’on dîne, avec portion et lecture de table ; cela fait, l’on va adorer le Saint-Sacrement ensemble et

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