Ce projet ne se réalisa pas
dire Y Angélus Domini nuntiavit Mariae , etc., et Ton fait ensuite une heure de récréation ensemble ; après quoi chacun se retire à sa chambre jusqu’à deux heures, qu’on récite vêpres et complies ensemble. Après cela, Ton retourne étudier à sa chambre jusqu’à cinq heures, qu’on récite matines et laudes ensemble. Puis l’on fait un autre examen particulier, et l’on soupe ensuite et puis l’on fait une heure de récréation, laquelle achevée, on va à l’église faire l’examen général, les prières du soir et la lecture des points de l’oraison du lendemain au matin. Cela fait, l’on se retire à sa chambre et se couche à neuf heures.
Quand nous sommes en mission à la campagne, nous faisons de même, à cela près qu’on va à l’église à six heures du matin pour célébrer la sainte messe et confesser, en suite de la prédication qu’un de la compagnie vient de faire en suite de la sainte messe qu’il a dite auparavant ; l’on confesse jusques à onze heures ; puis l’on s’en va dîner et l’on retourne à l’église à deux heures pour y confesser jusques à cinq heures ; en suite de quoi l’un fait le catéchisme, et les autres s’en vont dire matines et laudes, pour souper à six heures.
L’on a pour maxime de ne point prêcher, catéchiser, ni confesser dans les villes où il y a évêché et de ne point sortir d’un village que tout le peuple ne soit instruit des choses nécessaires au salut et que chacun n’ait fait sa confession générale ; et l’on va en peu de lieux où il reste quelqu’un qui y manque. Comme l’on a fait dans un village, l’on s’en va en un autre, où l’on fait de même. L’on travaille depuis environ la Toussaint jusques à la Saint jean et l’on laisse les mois de juillet, août et septembre et une partie d’octobre au peuple pour faire la moisson et les vendanges ; et comme l’on a travaillé vingt jours ou environ, l’on se repose huit ou dix
jours ; puis l’on retourne au travail, n’étant point possible de subsister longtemps au delà à ce travail sans ce repos et celui d’un jour par semaine.
Nous faisons nos solitudes tous les ans, tenons chapitre tous les vendredis au matin, où chacun s’accuse de ses manquements, reçoit la pénitence que le supérieur lui donne et est tenu de l’accomplir ; et deux prêtres et deux frères demandent à la compagnie la charité d’être avertis de leurs manquements et après ceuxlà d’autres, chacun à son tour, et le soir du même jour l’on fait une conférence sur le sujet de nos règles et de la pratique des vertus, où chacun dit les pensées que Notre-Seigneur lui a données, sur le sujet duquel l’on confère, en faisant son oraison là-dessus.
L’on ne sort jamais sans congé, ni que deux à deux, et, au retour, chacun va trouver le supérieur pour lui rendre compte de ce qu’il a fait. L’on n’écrit ni reçoit des lettres que le supérieur ne les ait vues et ne l’agrée. Chacun est obligé d’agréer que ses fautes soient charitablement rapportées à son supérieur et à s’étudier à recevoir et à donner les avertissements qu’il faut aux autres. L’on observe le silence depuis le soir jusqu’à la fin du dîner le lendemain et après la récréation du matin jusques à celle du soir.
L’on fait deux ans de séminaire, qui est à dire de noviciat, où l’on est exercé assez exactement, par la miséricorde de Dieu, en sorte que, pour plusieurs raisons, les séminaristes ne communiquent point avec les prêtres sans congé.
Ladite congrégation est approuvée par Sa Sainteté et établie dans la ville et dans le faubourg de Saint- Denis à Paris, dans les diocèses de Poitiers, de Luçon, de Toul, d’Agen et de Troyes.
Voilà, ma très chère et très digne Mère, notre petite
manière de vie. Vous nous ferez la charité, pour l’amour de Notre-Seigneur, de nous donner vos avis sur cela, s’il vous plaît, et vous pouvez croire, ma chère Mère, que je les recevrai comme venant de la part de Dieu, pour l'amour duquel je vous demande cette charité 5...
Je ne vous dis rien de vos chères hiles de Paris, smon qu’il me semble qu’elles s’avancent de plus en plus en l’amour de leur divin Sauveur. J’ai un grand pardon à vous demander de ce que je ne les ai point visitées il y a longtemps. Celles d’ici 6 sont aussi en odeur et suavité, et certes avec sujet. Vous ne sauriez croire, ma chère Mère, combien l’esprit de Notre-Seigneur paraît en la Mère 7 et en la déposée 8, ni combien le reste de la maison va bien, vu les difûcultés quelle a eues par le passé.
Or sus, ma chère Mère, permettez- vous que je vous demande si votre bonté la non pareille me laisse encore le bonheur de la jouissance de la place qu’elle m’a donnée dans son cher et tout aimable cœur ? Certes, je le veux espérer, quoique mes misères m’en rendent très indigne. Au nom de Dieu, ma chère [Mère] 9, continuez-
5. Nous regrettons vivement de n’avoir pu déchiffrer trois lignes, volontairement noircies d’encre sur l’original.