‹ Correspondance, entretiens, documentsChapitre 475 sur 500 · Madame Séguier · texte numérisé non relu

Madame Séguier

Lettre 392. — L. a. — Original chez les Filles de la Charité de Nancy, rue de la Charité, 18.

plaît me prescrire. Il est vrai, ma chère Mère, que je crains bien que ma misère n’ait donné beaucoup de sujet de peine à notre très bon et très aimable Monsieur le commandeur h Mais que peut-il sortir d’un misérable pécheur que des manquements et des fautes en toutes choses ? et cela, certes, pourtant sans aucun dessein, car je n’en ai jamais eu d’autre, depuis que j’ai eu l’honneur d’être connu de lui, et bien longtemps auparavant, que de l’honorer et respecter comme un grand serviteur de Dieu, que je suis indigne d’approcher. Et pource que je n’ai autre moyen de le satisfaire que de recourir à sa bonté, je le fais, ma chère Mère, par l’entremise de la vôtre et lui demande très humblement pardon, étant prosterné en esprit à ses pieds et aux vôtres, et certes avec des mouvements de larmes que mon cœur tout échauffé et attendri envoie à mes yeux.

Et pource qu’il est si bon de s’accommoder à ma prière à l’égard de Monseigneur de T[royes]1 2 3 et de trouver bon qu’il ait une chambre à la maison, je l’en remercie très humblement et le supplie, au nom de Notre-Seigneur, de compatir encore à ma chétiveté à l’égard de l’autre point qui regarde le consentement de la ville, et d’avoir agréable de leur en parler lui-même, puisque vous ne jugez pas expédient de leur en faire écrire ; car sans difficulté, ma chère Mère, l’on ne nous y souffrira point h J’ai avis que la femme d’un magistrat a dit à une personne 4 ces paroles : « Qu’on ne pense pas à établir au faubourg les prêtres de la Mission ; l’on ne les y souffrira pas ! » Quel déplaisir, ma chère Mère, aurait M. le commandeur s’il se voyait offenser en l’œuvre de ses mains !

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