Première rédaction : à une personne qui me l’a écrit
Si, faisant ce qui sera en nous dans la simplicité, nous sommes refusés, à la bonne heure, la volonté de Dieu nous sera connue ; nous nous accommoderons comme nous pourrons hors l’étendue de la ville et des faux bourgs. Que s'ils l’agréent, comme je l’espère, si Monsieur le commandeur leur en parle, ce nous sera une grande consolation d’être entrés dans cet établissement par la porte de la déférence, de la soumission, de l'humilité, de la simplicité, de la, candeur et de la charité. Si ceci choque votre sens, ma chère Mère, ou celui de Monsieur le commandeur, je vous en demande très humblement pardon et à lui aussi, et vous supplie encore derechef, au nom de Notre-Seigneur, de me supporter en cette misère. De dire que sa présence empêchera qu’on ne fasse violence, je le veux croire, mais je ne cloute nullement que, dès qu’il aura tourné le dos, l’on n’en use autrement.
Je sais bien, ma chère Mère, que sainte Thérèse en a usé autrement en quelques-unes de ses fondations ; mais quoi ! c’était une sainte qui avait inspiration de Dieu pour cela. Mais aussi, ma chère Mère, je ne sais si elle en aurait usé de la sorte à l’égard d’un peuple qui aurait aversion des établissements nouveaux et qui l’aurait témoigné en plusieurs rencontres. C’est pourquoi je supplie derechef votre charité sans mesure d’agréer ce que je vous propose avec toute l’humilité et le respect qui m’est possible et de le proposer à mondit sieur le commandeur, comme aussi de lui dire que très volontiers je trouve bon qu’il prenne les quatre mille cinq cents livres qui sont entre les mains de nos chères sœurs de Sainte-Marie 5, où le bon Monseigneur de Troyes nous fit ouverture de les mettre. J’écris à Monsieur Dufestel à cet effet qu’il fasse délivrer ladite somme à mondit sieur le commandeur lorsqu’il commandera.