Soûlas, consolation
il vous ramène en parfaite santé et pleine de bonnes œuvres 3.
Vous communierez le jour de votre départ, pour honorer la charité de Notre-Seigneur et les voyages qu’il a faits pour cette même et par la même charité, les peines, les contradictions, les lassitudes et les travaux qu’il y a soufferts, et afin qu’il lui plaise bénir votre voyage, vous donner son esprit et la grâce d’agir en ce même esprit et de supporter vos peines en la manière qu’il a supporté les siennes.
Pour ce que vous demandez, si vous ferez plus long séjour que nous n’avons dit, je pense que ce sera assez d’être un jour ou deux en chaque lieu pour la première fois, sauf à y retourner l’été prochain, si Notre-Seigneur vous fait paraître que vous lui puissiez rendre quelque autre service. Quand je dis deux jours, votre charité en prendra davantage, si besoin est, et nous fera celle de nous écrire.
Pour la Charité de Mademoiselle Guérin, vous prendrez le nom de sa paroisse, s’il vous plaît, et si nous allons vers Chartres, nous tâcherons de l’aller servir pour la Charité, ne connaissant personne en ce quartier-là qui soit fait à cet établissement.
Adieu, Mademoiselle, ressouvenez- vous de nous en vos prières et ayez sur toutes choses soin de votre santé, que je prie Dieu vous conserver, étant, en son amour...
De Montmirail, ce 6 mai 1629.
3. Saint Vincent s’inspire ici de ce passage de Vltinéraire des clercs : « Esto nobis , Domine, in procinctu supfragium, in via solatium, in aestu umbraculum, in pluvia et jrigore tegumentum , in lassitudine vehiculum, in adversitate praesidium, in litbrico baculus, in naufragio portus, ut, te duce, quo tendimus prospéré perveniamus et demum incolumes ad propria redeamus . »