‹ Correspondance et documents relatifs aux événements récemment survenus dans les Territoires du nord-ouestChapitre 20 sur 56 · PERRET · texte numérisé non relu

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Assormenté devant moi au Foré Garry. É Ce 22me jour d'octobre 1869. L

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VWizLiAu Cowax, J. P.

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À Monmaun W, MoUouuaLe,

Mowsrgu,— Lo Couibé National des Métis de In Rivière Rouge intitne à Monsieur W. MeDougail l'ordre de ue pas entrer «ur le Territoire du Nord-Ouest sans (ne pormission spécinle do ve Comité.

Par ordre du Président, dons BRUGE,

| Louis Fuzz, Secrétaire, Daté à St. Norbort, Rivière-Nouge, L Ce ? line jour d'Octobre 1869,

Meércngsoi, 27 octobre 1869, Mini.

J'arrive d'uno visite à la partic inférieure do l'Etablissement, sur le côté ouest de J=

rivière Iouge, étant parti d'ici hier après-midi. J'ai été voir M***, M*#* et tubes, D'après les conv ersalions que, J'ai ouos avec ces différents messieurs, je suis convaincu que Ja disposition généralo est favorable à la réception (lu nouvenu gouverneur avec respect, mais sans enthousiasme.

L'attitude de In partio angluise de ln colonie penb, je crois, tro représentée comme suit :

Ils disent :— Nous sommes disposés à sonhaiter la bienvenno à l'honorable M, McDougall personuelloment comme notre fubur gouverneur. Nous rogrettons sincèrement que la bonne réputation de la colonie soit ternie par une conduite comme celle que l’on prête à une partie des Métis français. Nous considérons que c'est uno conduite impardonnable de leur part, eb nous serions ncureux d'y voir mettre un terme si c'éuib possible. Ju méme temps, si l'on faisait un - appel aux armos, nous ne novs croirions guère juslifiables d'entrer dans un conflit, qui se changerait cerfainement, à notre avis, en une guctre de nabionalité e° de religion, et dont . nous ue pouvons maintenant prévoir la fin.

Nous éprouvons ceci : nous avons coufiance dans la future administration du gouvernement de ce pays sous la domination canadienne ; mais en même temps, nous n'avons été . consultés en aueune manière, comme peuple, à propos de notre entrée dans la confé- © dération.

La politique du nouveau gouvernement à été arrêtée en Canada sans que nous ayons été consultés. Nous sommes prêts à l’accepter avec respect, à obéir aux lois, et à devenir de bons sujets ; mais lorsque vous nous offrez l'alternative d'un conflit avec le parti français, avec lequel nous avons Jusqu'ici vécu en paix, secondé qu'il serait par l'église" catholique ‘romaine, comme la chose paraît probable par la ligne de conduite mnaintenant suivie par : les prêtres, dans lequel conflit il est à peu près certain que l’aide des Sauvages serait invoquée et peut-être obtenue par ce parti, nous ne sommes pas disposés à y prendre part, et -nous peusons que la Puissance devrait prendre la responsabilité d'établir parmi nous le gouvernement qu'elle, et elle seule, a décidé de nous donner.

Ke En même temps, nous somunes prêts —si le conseil faisait un appelsà l'Etablissement, h pour prévenir la résistance ouverte en question—à aller en députation considérable, à ë cheval et sans armes, au devant de l’hon. William MecDougall et à l’escorter jusqu'à Winnipig, et faire voir par 1à au parti français, maintenant sous les armes, que la partie Fanglaise de cette colonie est entièrement” opposée aux menaces d'une partie des Métis

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françois, et nous répondrions volontiers et promptement à un pareil appel.

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M. * * # vient d'arriver et rapporte qu'environ quatre-vingts hommes du parti français, qui sont opposés aux desseins des insurgés, se sont rendus, sur invitation, au camp de ces derniers aujourd’hui, mais que leurs remontrances pour les engager à se disperser n'ont eu aucun résultat.

Plusieurs prêtres étaient présents, entre autres le Père Lestanc, le supérieur.

Le Père Lestanc n’a pris que peu ou point de part aux délibérations, d'un côté ou de l'autre ; quelques autres ont été moins scrupuleux. Le Père Ritchot s’est déclaré en faveur de la position prise, et a invité les insurgés à sy maintenir.

Les appels de ce prêtre (1) et d’autres chefs du parti insurgé ont même eu l'effet d'attirer à eux, sur-le-champ, une vingtaine des partisans de M. Dense. .

Ce que voyant, M. Dease rappela ses hommes, et ils allèrent camper un peu plus près du Fort Garry, où ils sont actuelllement.

M. Dense, avant de venir me trouver, dit avoir eu une entrevue avec le gouverneur McTavish, durant laquelle il exprima la détermination de son parti de ne pas reculer, et, si la chose était possible, de repousser les insurgés. Dans ce but, il demanda qu'on lui fournit des armes et des munitions.

Il se propose, si on les lui accorde, d’ escorter le gouverneur à son entrée.

Sa proposition esb d'envoyer un certain nombre “de ses gens à cheval (disons quinze) vers Pembina, de rencontrer M. McDougail, et de l'escorter jusqu'à sa résidence sur l’Assiniboïine, en passant par l’ancienne traverse de lu rivière Sale, dont un autre parti de ses gens se seraient d’abord emparé,—car il paraît qu'il s'y trouve maintenant quelques hommes du parti des insurgés.

T1 ne craint pas que M. McDougall rencontre d'opposition à ancun autre endroit.

Il pense que, une fois sur la rive nord de l’Assiniboine, et rendu chez lui ou an fort, à cinq milles plus bas, M. McDougall ne sera exposé à aucun affront.

J’accompagnai M. ‘Dease au fort, et j’eus uue entrvue avec le gouverneur Mel'avish, à laquelle le Dr. Cowan était présent, lorsque la proposition de-Æ L. Dease fut discutée.

Je gouverneur, qui était très faible e, et qui à évidemment conscience de la responsa. bilité et de la difficulté de sa position, décida de s'occuper de la chose ce soir, et d'appeler à son aide quelques membres du conseil, demain matin, afin de voir ce qu'il y aurait de mieux à faire.

Il est bon d'observer que M. Dease a exprimé’sa conviction, d'après ce qui a été dit: par les chefs des insurgés, qu'ils ne seraient pas fâchés, “et même qu'ils seraient plutôt bien À aises qu'autrement, à cause de la division évidente qui existe entre les éléments français 'È si Je gouvernenr parvenait à entrer dans l'Etablissement par quelque autre route. Fe

M. Dease me dit que son parti était tout à fait dénué de provisions, et'il craignait que si ses gens étaient obligés de s’en retourner chez eux, il serait difficile de les réunir def nouveau, ce qui tournerait à l’avantage des insurgés. Je convins done de lui en envoyer L une faible quantité demain matin, pour les sustenter jusqu’à ce que le conseil eût décidé d'adopter une ligne de conduite. a

Le gouverneur McTavish n’a pas encore décidé s’il leur fournirait des armes.

Je compris qu'il y avait trois ou quatre cents fusils, anciens “ Brown Bess,” avec de munitions dans le fort. - Ha

Je'puis ajouter que j'ai envoyé ***, qui est un homme influent parmi les Métis ft ançais, mais favorable à à notre cause, vers l'Btablissemer nt français des Prairies du Cheval ni

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endroit de descendre pour aider Tes : ivsurgés. Il est revenu line et le résultat de ÿ sa mission est consigné dans le document c ci-joint, à

# # *, un autre du parti Dease, dit que ce prêtre, dans un accès de colère, déchira sa souta) ets 'adressa à l'assemblée de la manière la plus fréaétique,

Mémo. Piaite aux “ Prairies du Cheval Blanc.” ‘

Manpi sorr, 26 octobre 1869,

Venu du chemin, de chez Mangus Buston, et ullé de l'érlise mené boire le cheval. e 0 e. ? e . à ? 2 ® a Les religieuses le virent faire boire le cheval; elles aceoururent : ‘ Venez-vous de St. Vital ?” . « D . ge . N 2 « .

Jui dirent-elles. Puis elle l’invitérent “à se joindre aux gens, et À ne pas laisser le gouverà . pau STS .

neur traverser les lignes ni aller dans le pays,” disant: “IT vous parlera et vous dira beaucoup de belles choses, il aura la bouche sucrée, mais il vous fera beaucoup de mal une fois qu’il sera entré.” .

Elles dirent aux gens de prendre leurs armes et de les emporter avec eux. Je : : 9, .

leur ai fourni des provisions, des sacs de pémican, &c. Ils ont eu des armes de Cowley. Ïs étaient de 28 à 40. ; Le prêtre Cabina parla contre la lettre de * * * à Buston, disant que * * * ‘ , voulait aveugler les gens. Nore Sais À entendu le prêtre et les religieuses dire que l’évêque avait envoyé des cela, le Jui “lettres du Canada, portant que l’on ne devaït pas permettre au gouverneur demander. d'entrer dans le territoire.

L'honcrable William MeDougall. - '

F. F. (1) Mox carr M. McDoucazr,—Sous ce pli se trouve la relation de ce (Personnelle) qui s’est passé jusqu’à hier soir. Ce matin, M. Dease est venu me dire que le gouverneur McTavish avait décidé de faire un appel au peuple, pour foriner un grand parti, non armé, destiné à vous rejoindre et vous escorter. On répondra probablement à cot appel en grand nombre, mais cela pourra prendre deux on trois jours, parce que cer- .taines parties de l'Etablissement sont très éloignées. En attendant, et jusqu'à avis contraire, vous ne feriez que nuire aux chances d’un : réglement pacifique des affaires, en essayant d'entrer de force dans le territoire. à Je tâcherai de vous tenir au courant des événements jour par jour, d'une manière ou i d'une autre, eb vous n'avez qu'à attendre patiemment si vous le pouvez. 4 Le porteur, qui est un homme sûr, vous rendra un compte-exact de l'état des choses <, sur le chemin, S | Votre tout dévoué,

J. $7 DEnxis.

Si je vois que je suis moins utile ici qu'avec vous, j'irai de suite vous rencontrer.

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27 octobre, 11 heures À. M

Preuerxa, 81 octobre 1869.

An capitaine D. R. Cameron, crtillerie royale.

BionsiEur, —J'ai l'honneur de vous prévenir que je viens d'apprendre, ce dont je ne oute pas, que le chemin du Fort Garry est-barricadé et en la possession d’un parti d’inurgés qui menacent d'arrêter et renvoyer les représentants et officiers du gouvernement anadien. J'ai décidé d'attendre ici des communications des autorités locales du Fort Garry, ui me préviennent que toute tentative de”passer de force, sous les circonstances actuelles, e pourrait que nuire à leur liberté d’action.

(1) Voir page 6.

Comme l'on vous prendra probablement pour un officier du gouvernement canadien, je suis d'avis que vous vous exposez à quelque danger personnel, outre que vous causerez de l'embarras aux habitants loyaux et paisibles qui cherchent à calmer le soulèvement, en provoquant un conflit dans le moment acbuel.

Je ne vous donne aucun ordre, parce que je n'ai aucuno autorité directe sur vos mouvements personnels, mais je désire décharger ma responsabilité des conséquences de votre tentative de vous rendre immédiatement au Fort Garry.

» J'ai l'honneur d’être, etc.,

‘ 7. W. McDoucar.,

Orrawa, 19 novembre 1869.

À l'Honorable W. MeDougall, U.B.,

Pembinn. % :

Reçuepar M. Monsieur, —J’ai eu l'honneur derecevoir ce matin votre dépêche du 31 octo- McDougall le bre, contenant le rapport du colonel Dennis et d'autres documents, concer- 6 décembre. Lint les obstacles opposés à votre passage à travers le pays qui sépare Pembina du Fort Garry. - °

Ces documents ont été promptement soumis au conseil privé, et je suis chargé de vous communiquer son entière approbation du jugement et de la prudence dont vous avez fait preuve dans la circonstance difficile où vous vous êtes trouvé.

À cette distance du théâtre des événements, toutes instructions qui pourraient vous être envoyées ne serviraient qu'à vous embarrasser et à restreindre votre liberté d'action. Vous exercerez donc votre jugement et déciderez sur-le-champ, suivant les circonstances, ce qu'il y aura de mieux à faire.

Le gouvernement entretient l'espoir que l'opposition qui vous est faite cessera dès que les préjugés qui ont été soulevés seront calmés par de franches explications, et en même temps il regretterait beaucoup qu'il y eût du sang de versé, ou qu’un exercice hâtif on immodéré d’une autorité même légale pût, lors de la cession du pays, aliéner l'esprit d'une forte partie de la population contre votre administration.

Au point où en sont rendues les choses, vous ne pouvez réclamer ou exércer aucune autorité sur le territoire de la Baie d'Hudson, jusqu’à ce que la proclamation de la reine, annexant ce territoire au Canada, vous soit pervenue par l'entremise de ce ministère. Elle sera probablement lancée le 2 décembre,etvous la recevrez par un: messager spécial aussitôt qu’elle nous sera parvenue.

Vous feriez znieux d'informer le gouverneur McTavish que vous ne vous rendez au Fort Garry que sur le consentement présumé, de la compagnie et de ses employés, et d'attendre ensuite sa réponse. Et s’il refuse de vous recevoir, ou s’il est impuissant à vous | donner un sauf-conduit, 1estez où vous êtes jusqu'à nouvel ordre. |

Sans doute qu'en temps et lieu, lorsque tous les moyens pacifiques auront été épuisés, la couronne exercera ses pouvoirs, si la chose devient nécessaire; et le gouvernement inaintiendra son autorité. fn attendant, écrivez-moi par chaque courrier, eb &ites-moi de quelle manière sûre nous pouvons communiquer avec vous le plus rapidement possible.

Joserx Howe, - Secrétaire d'Etat pour les provinces.

J'ai l'honneur d’être, ete, , Ë

PEnmpINA, 4 novembre 1869.

L'honoruble Secrétaire d'Etat, pour les provinces, Ottawa.

Reçue parle Mox cer MonstEur,—Ayant été occupé toute la journée à faire des

Secrétaire d'Etat arrangements pour: m'établir provisoirement sur le qfté américain de la Je 20 nov. 1669. frontière, et à écrire aux autorités du Fort Carry, je m'aperçois qu'il ne me reste que quelques minutes avant le départ de la malle de ce jour. Des événements - importants ont eu lieu depuis mon rapport du 31 octobre. Le 2 de ce mois, un corps armé de Métis à cheval est arrivé au poste de la Baie d'Hudson, et m'a demandé une audience ; deux des chefs fûrent admis, et ils mo diront qu'ils avaient été envoyés pour ” m'ordonner de sortir du territoire du Nord-Ouest. Lorsque je leur demandai qui Îles ‘ envoyait, ils me répondirent : “le gouvernement ; ” à ma question : “ quel gouver- * nement ? ” ils dirent : ‘ le gouvernement que nous avons fait. ” Ils me dirent que je Ë devais partir à neuf heures le lendemain matin. Je leur expliquai ma position, mais ïls | paraissaient évidemment ignorer l’état des choses et n'être venus que dans le seul but de ! me forcer à quitter le territoire. Le lendemain matin, ils arrivèrent à la porte ! Jes armes à Ia main, et demandèrent hautement notre départ, vu qu'après neuf , heures ils ne répondraient plus de notre vie. Nous attelâmes donc nos chevaux aux | voitures, ct nous nous rendimes de l’autre côté des lignes, toujours accompagnés d’un | parti armé.

à Nous sommes mainteuant campés sur le territoire américain, attendant les événe- ; ë ant campés sur x e ; i vents. Aussitôt que j'aurai appris ce que les autorités du Foré Garry ou le peuple auront fait en apprenant cette résistance, je déciderai ce que je devrai faire. Le temps est - encore beau, mais l’hiver peut nous arriver d'un moment à l’autre., M. Provencher et le capitaine Cameron ont été renvoyés de la barricade, sous escorte, et sont maintenant ici. Les gens d'ici sympathisent fortement avec les insurgés. Nous ne sommes pas hors de danger, mais nous ne fuirons pas tant que nous verrons que notre présence en ce lieu pourra être de quelque utilité. |

À la hâte, Votre respectueux,

W. McDoueaLx.

Haurzrox, 18 Novembre 1869.

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