SCEAU
Par Ordre, . Jon Vounc.
À. Z. Langevin, Secrétaire d'Eiat.
“DÉPARTEMENT DU SECRÉTAIRE D'ÉTAT POUR LES PROVINCES,. Orrawa, 4 Décembre 1869.
Au Très-Révérend J. B. Thibault, Grand-Vicaire, Oitawa. ‘
Moxsreur,—Au sujet de l’entrevue que vous avez eue hier avec un comité du conseil # privé, et de votre consentement spontané à entreprendre la tâche délicate d'expliquer, de à concert avec le Colonel de Salaberry, les vues et la politique de ce gouvernement au ie peuple du territoire de la Baie d'Hudson, j'ai reçu ordre de Son Excellence le gouver- : neur-général de vous faire part, sous forme d'instructions pour votre gouverne, des raisons sur lesquelles se fonde l'espoir entretenu ici quant au plein succès de votre mission de f paix et de conciliation. Fes
Vôus ne manquerez pas d'appeler l'attention de la société mixte qui habite les . bords cultivés de la rivière Rouge et de l'Assiniboine, sur le fait, qui est à votre connaissance et tombe sous votre observation journalière, et est d’évidence universelle, ques dans les quatre provinces de cette Puissance, les hommes de toutes les origines, croyances & eb couleurs, se trouvent sur un pied de parfaite égalité, aux yeux du gouvernement etf# de la loi, et que nulle administration ne pourrait supporter le poids de l’opinion publique {## éclairée de ce pays, si elle tentait de gouverner le Nord-Ouest d’après des principes plus p 4 restreints et moins libéraux que ceux établis ici. in
Dans les rapports que vous pourrez avoir avec les chefs et nations sauvages, vousë à voudrez bien leur rappeler que tandis que des guerres sanglantes et coûtenses ont éti faites aux Sauvages, souvent pendant de longues périodes, en différentes parties des Etats 4 Unis, il n'y a pas eu de guerre avec les Sauvages dans aucune des provinces de l'Amérique . Britannique depuis la cession. Depuis plus d’un siècle, les Micmacs de la Nouvelle-Ecosué, ont vécu en paix, et les droits des Amalécites du Nouveau-Brunswick n'ont pas cessiéé d'être respectés. Partout en Canada le progrès de la colonisation, tout en ouvrant def champs nouveaux aux Sauvages, à tendu à se développer au moyen de traités d’un avantagt mutuel qui ont servi de base solide à la sympathie et à la coopération qui ont régné entre les Canadiens et les Sauvages, non-seulement depuis le traité de Paris, mais depuis h£ découverte du pays. : ° Fe
On peut sans crainte affirmer que le traitement juste et judicieux des tribus sauvagu® forme la plus belle page de l'histoire de l'Amérique Britannique, et cette page, Ée Canadiens ne sauraient la souiller en manquant de générosité envers les Sauvages du Norlë® Ouest. se
Ï1 n’y à aucun doute que les troubles survenus à Winnipig et au Fort Garry, et danf les environs, sont dus à de vagues appréhensions de danger découlant de l'état de transitioi® des choses que l'intervention du gouvernement eë du’ parlement impérial rendaië iréÿ vitable ; mais il est bien évident qu'au-dessous de ce qui est naturel et pardonnable dans «és mouvement, il y à en des menées que des loyaux sujets ne sauraient encourager, eb qu'il fi été fait des tentatives artificieuses nonr égarer le peuple au moyen des plus fausses et absurde représentations. Si le gouvernement de la reine, ou le gouvernement de Ia Puissank avait imité la conduite téméraire et insensée de ceux qui ont pris part à ces troubles, il jf aurait eu avant ce moment du sang derépandu, la guerre civile ravageraït aujourd’hui lié
Terre de Rupert, et, pareille à l'incendie qui dévore la prairie, elle aurait déjà dévastéE frontière. Houreusement que des conseils plus calmes ont prévalu tant en Angleterris,
wà Ottawa. La proclamation du réprésentant de la reine, dont il vous sera fourni dé q D P
copies en anglais et en français, va porter à son peuple Ios paroles solennelles de sa Souveraine, qui, possédant l’ample pouvoir de faire prévaloir son autorité, se fie à sa loyauté let à son attachement au trône.
| Les instructions données à M. McDougail le vingt-huit septembre dernier, longtemps avant qu'on eût raisou de prévoir Jes troubles qui ont éclaté à la Rivière-Rouge, montreront combien étaient dénuécs de tout fondement les défiances eb appréhensions de mauvais traitement qu'on à fait largement circuler dans le Nord-Ouest, et auxquelles malheureuseent, quelques journaux canadiens ont, dans des vues de parti, donné parfois une interprétation malicieuse. Vous verrez qu'en aucun temps n'a été entretenue l’idée baurde de méconnaitre les droits municipaux et politiques du peuple du Nord-Ouest ; ue des deux seules personnes que M. McDougall a reçu formellement instruction d'appeler son aide furent le gouverneur McTavish et le juge Black, connus pour être universelleent respectés, eb qu'il devait faire rapport ici de toutes les nominations subséquentes, sinsi que les raisons qui lui faisaient croire que ces personnes jouissaient à un égal degré de la confiance et de l'affection du peuple.
4. Toutes les provinces de l'empire britannique jouissant aujourd'hui d’insiitutions feprésentatives et d’un gouvernement responsable, ont subi leur temps d’épreuve, jusqu'à ce lue l'accroissement de la population et une certaine éducation politique les eussent prépafées au gouvernement constitutionnel (sefgovernment). Aux Etats-Unis, c’est de Washington que sont gouvernés les territoires, jusqu’à ce qu’arrive l'époque où ils peuvent Brouver qu'ils sont dignes de former parbie de la famille des Etats et en mesure de récla- Mer dans les salles du congrès l'exercice des pouvoirs et de la liberté inhérents aux toyens américains. - + On a droit de supposer que l'éducation que requiert la société humaine dans tous les ÿs libres pourra être utile, sinon indispensable, à la Rivière-Rouge, maïs soyez assuré jue le gouverneur-général et son conseil-verïont ariver avec plaisir l’époque où la reine urra concéder, avec leur entière approbation, à ses suiets de cette région, la plus large art possible de l’exercice des droits constitutionnels compatibles avec la préservation des Htérèts britanniques sur ce continent et l'intégrité de l'empire. ï, Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de faire plus que blâmer en passant les actes &folie et d'indiscrétion attribués à des personnes qui ont pris sur elles de représenter la
ns la connaissance ou sanction de ce gouvernement, - En entreprenant, à cette rude saison de l’année, un aussi long voyage pour le ice publie, vous faites preuve, vénérable monsieur, d'un ‘esprit de patriotisme qui, ordre de vous en donner l'assurance, est pleinement apprécié par le représentant la reine eb par le conseil privé.
J'ai l'honneur d'être, « Monsieur, Votre très-obéissant serviteur,
‘ .Josepx Howe, Secrétaire d'Etat pour les Provinces.
BUREAU DE LA COMPAGNIE DE La Baïe D'HUDSON, MonTRÉAL, 24 novembre 1869.
on. Secrétaire d'Etat pour le Canada, Ottawa. ‘
MonNsIEUR, — J'ai reçu aujourd’hui de l’hôtel de la Baie d'Hudson, Londres, un it d’une lettre du gouverneur McTavish, datée du Fort Garry, le 12 octobre, et Maintenant l'honneur de vous le transmettre. En ce faisant, je suis chargé par le
+ meme mn rm
gouverneur et le comité de vous dire que la compagnie désire vivemont fire tout ce qui sera en son pouvoir pour enfager le peuple de l4 Kivitre-Rouge à permettre la continuation des arpentages, et à employer son influence de toute autre manière dans le but d'aider aux autorités de la Rivière-Rounge à faire leurs arrangements pour le gouvernement du pays.
Et en conséquence de l'aspect de plus en plus grave que les affaires ont récemment pris à la Rivière-Rouge, je me permets, at nom do la compagnie, de vous offrir l'assurance que son gouverneur, ses facteurs et ses employés en général feront usage de toute leur influence ct emploieront tous leurs efforts pour rétablir et maintenir l’ordre dans le territoire.