LA CRISE
La LoyauUTÉ TRIOMPHANTE !
Proclamation du Gouverneur !
6 12 de ce mois, l'adresse suivante fut présentée au gouverneur MeTavish, signée HR - grand nombre de nos plus respectables citoyens, et le 17 ils reçurent une réponse trouvera plus bas,
ee en One ne à . - .
Vice DE WiNNipié, 12 novembre 1869.
À William MeTavish, Ecr., Gouverneur de la Comprnie « de lu Baie d'Hudson, rort Garry.
Nous, labitants soussignés de la ville de Winnipig, et loyaux sujets de Sa Majesté la Reine de la Grande-Bretagne et d'Irlande, — .
Voyant avec la plus vive alarme l'état de trouble qui existe duns ce territoire, eb la position menaçante prise, par une certaine partie de ses habit tants parlant la langue française, envers la couronne, dans la personne du représentant de Sa Majesté, le futur gouverneur de ce territoire, eb croyant que ce mécontentement ou cette désaflection est le résultat de certaines interprétations calomnieuses qui ont de temps à autre été répandues parmi le peuple par des personnes inconnues ;
Vous demandons en conséquence, comme le représentant de Sa Majesté dans ce territoire, de proclamer parmi ln popula tion, soit en convoquant une assemblée publique à cet cflet, soit en l'affichant dans des endroits apparents par tout le territoire, un exposé complet et exact de la nature du transfert de ce territoire à la Puissance du Canada.
Nous vous prions aussi de vouloir bien expliquer, autant que vous le pourrez, là ligne de conduite qu'adopteront vraisemblablement les autorités canadiennes relativement au gouvernement du territoire ;
Et aussi, que vous repoussiez les nombreuses calomnies qui circulent au sujet des fins pour lesquelles le territoire à été acquis ; que vous avertissiez les insurgés des dangers * auxquels ils s exposent en persistant dans les démarches violentes qu'ils ont adoptées, , a be qui sont de nature à mettre en péril la prospérité future du pays; et que vous les engagiez Fe à mettre bas les armes et à retourner paisiblement chez eux. sé
Voici la proclamation que le gouverneur MeTavish fut forcé de publier sur l'état actuel des affaires :-— :
N ProcLaïariox DU Gouverneur MoTavisn.
Attendu que moi, William MeTuvish, gouverneur d'Assiniboia, ai été informé qu} des personnes des différents districts de a colonie devaient tenir aujourd’hui une assem hlée dans le but avoué de prendre en considération l’état politique actuel de la colonie, té de suggérer les mesures qui leur paruitraiené les plus sages pour résoudre les difficultés de éloigner les dangers que présente l’état actuel des affaires publiques ; Fe
Et attendu « que je juge prudent, en cette circonstance, de m'adresser à cette assembléits ainsi qu'à tout le peuple, eb de déclarer ce qui me paraît nécessaire à l'intérêt de l'ordi publie, au salut et à la prospérité de la colonie ;
des corps consilérables d'hommes : armés ont pris position $r sur le chemin qui cond à Pembina, et malgré les remontrances et les protestations des autorités, ont commis la actes illicites suivants : ; Premièrement, —Ils ont empêché, par la force, de passer dans le chemin public, dé gens qui vaquaient paisiblement à lours affaires, et ont ainsi violé cette liberté personne qui est le droit incontestable de tous les sujets de Sa Majesté. fe Secondement,—Tls ont illégalement saisi, sur le chemin de la rivière Sale, dans is : paroisse de St. Norbert, ct détenu des effets et marchandises de différentes espèces et d'u valeur considérable, appartenant à des personnes venant dans la colonie, ainsi qu'à d’autr | qui y sont déjà établies et qui y font des affaires, eten conséquence, ils ont causé de grand pertes eb des désagréments non-seulement aux propriétaires de ces effets, mais, comme s’en est plaint formellement, à à ceux aussi qui les transportaient, ce qui peut envelop toute la colonie dans une responsabilité ruineuse.
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Troisièmement,—-lls ont violé les malles publiques, tant à leur départ qu’à leur arrivée, et par cette violation des moyens de communicätion établis entre la colonie et Î l'étranger, ils ont ébranlé la confiance publique dans la sécurité des malles et jeté le commerce de la colonie dans un état de crainte et d’hésitation dont on ne peut maintenant | calculer les effets désastreux. |
Quatrièmement,—-Non-seulement sans permission, mais en dépit des remontrances L réitérées des officiers de la compagnie de la Baie d'Hudson qui administrent immédiate- # ment le Fort Garry, ils se sont loyés dans cet établissement, en nombre variant de 60 à 4 120, sous le prétexte de le protéser contre un danger qui, selon eux, était imminent, mais dont ils n’ont pas encore révélé la nature particulière. Ils ont placé des gardes armés aux portes de cet établissement, dont chaque morceau de bois et chaque pierre esb une propriété privée; en dépit des protestations les plus formelles contre un semblable mépris de la propriété, ils ont pris possession des chambres du Fort; et quoique jusqu'à présent ils n'aient commis aucun acte direct de violence eontre les personnes ou la propriété, outre ce qui & été mentionné, cependant, par leur présence en aussi grand nombre, et sous les armes, £ dans un but qui ne peut être licite, ils ont créé un état d’excitation et d’alarmes dans le # Fort et dans les environs, qui altère sérieusement la régularité des aflaires dans la colonie. i. Cinquièmement, — Un corps d'hommes armés esb entré au poste de lx compagnie de la f Baie d'Hudson à Pembina, où certaines personnes du Canada, avec leurs familles, vivaient paisiblement, et par: des menaces de violence, les ont forcé de quitter l'Etablissement à la veille des intempéries de l'hiver, eë de se retirer sur le territoire américain.
Et en dernier lieu, ils ont avoué que leur intention Ctait, daus toutes ces démarches ‘illégales, de résister aux arrangements qui ont été faits, sous la sanction du gouvernement impérial, pour le transfert du gouvernemeut de ce pays, et de braver virtuellement ‘l'autorité royale, au lieu d'adopter les moyens légaux et constitutionnels qui, sous le règne éclairé de Sa Très Gracieuse Majesté, notre Reine, sont suffisants pour permettre d'atteindre ultérieurement tou$ ce qui repose sur: la raison ét la justice,
Ceux qui ont commis cos actes illégaux ont agi de manière à faire peser sur eux les
conséquences de la plus grave nature eb à attirer sur la colonie et sur le pays en général tous les maux de l’auarchie ct toutes les horreurs de la guerre. En conséquence, dans les intérêts de la loi et de l’ordre, et au nom de la sûreté de la vie eb de vos propriétés, en un mot, en vue de 12 prospérité actuelle et future de la colonie et de ses habitants, je PROTESTE énergiquement et emphatiquement contre toutes et chacune de ces actions üléyales.
J'ordonne à tous ceux qui y sont concernés, avant de se compromettre sans retour et sans espoir, de rentrer immédiatement dans leur maison ct de reprendre leurs cecupations légitimes, sinon ils encouxront les peines et les pénalités de la loi ; et quelle que puisse être, sous d’autres rapports, la conclusion de tous ceux qui délibéreront sur l'état critique de nos affaires publiques, je vous prie, comme citoyens ayant à cœur les intérêts de la patrie et de vos semblables, de ratifier de vos voix unies, cet avertissement et cette protestation publics, eb de détourner ainsi de votre pays une suite de maux dont ceux qui voient le commencement ne verront peut-être pas la fin.
Vous avez à faire face à une crise qui peut produire un bien inceleulable ou des maux dicibles, et avec tout le poids de mon autorité officielle et toute l'influence de ma position personnelle, permettez que je vous conseille en terminant de n'adopter que des mesures égitimes et constitutionnelles, fondées sur la raison et la sécurité publique.
Donné sous mon seing eb mon sceau, au Fort Garry, ce 16e jour de novembre 1869.
W. McTavisx, ‘Gouverneur d’Assiniboia.
L'hon. William McDougall, C.B., Pembina.
MoxsIEuR,—J’ai eu l'honneur de recevoir ce matin votre dépêche du 20 novembre, contenant des documents venant de la compagnie de la Baie d'Hudson. Ces documents : ont été soumis au conseil privé et seront expédiés par $. E. le gouverneur-général en
Orrawa, 7 décembre 1869.
Angleterre.
J'ai l'honneur d’être, etc.,
Joserx HowE, -
Sec. d'Etat pour les Provinecs,
DÉPARTEMENT DU SECRÉTAIRE D'ÉTAT POUR LES Provixces, | l
| OTrawa, 10 décembre 1869. 5
L'honorable Wm. McDougall, CB. | É Pembina. ü
Moxsreur,—Je suis chargé d'attirer votre attention sur la situation dangereuse oi ont été placées les armes achetées pour le service du gouvernement à la Rivière-Rouge ; Georgetown, où elles paraisent avoir été déposées, pourrait étre si facilement entouré et pris par quelque bande errante de Métis onu de Sauvages, ou par des gens tout aussi per à scrupuleux venant des Etats-Unis, que l'on ne peut guère les rega rder comme étant # sûreté. °
Si les choses doivent rester encore pendant quelque temps dans l'état où elles sont actuellement, ces armes seraient peut-être plus en sûreté à St. Cloud ou à St. Paul.
J'ai l'honneur d’être, ete.,
Josepn Howe.
Secrétaire d'Etat pour les Provinces. ‘ OrTrawa, 11 décembre 1809, I honorable Win. McDougall, C.B., Pembina.
Monsieur, —Je remarque dans les rapports qui vous ont été faits par plusieurs pi
RE
sonnes eb que vous avez transmis à ce département, que l’on y parle d'expressions que l'## me prête dans mes conversations avec les habitants du territoire de la Baie d'Hudson, Gé 1 je crois qu’il est opportun que vous s0ÿez autorisé à contredire tous ces rapports, en ta ce que l’on puisse en inférer que j'ai dit la moindre chose, à Winnipig ou ailleurs, qui ot
qe nature à encourager ou approuver les infractions aux lois et à Tordre, ou la résistance
LE
l'établissement paisible de l'autorité de la Puissance dans le territoire, sous la sanction de : la législation impériale. Ê Durant toute ma visite à la Rivière-Rouge, je n’ai jamais vu ni Riel, ni Bruce, ni de
père Ritchot, ni aucun de ceux que l’on dit être les chefs du mouvement insurrectionndl. ie mais j'ai conversé librement avec des personnes de toutes les classes et de toutes les pe tions, depuis le gouverneur MeTavish ; jusqu’ anx plus humbles habitants, eb à tous j' J'ai cofi® tamment tenu le même language : qu’une constitution identique à celles que possédais!# Ins autres provinces serait ultérieurement accordée au pays,—que les sentiments et les Lis térêts de la population seraient consultés dans les arrangements provisoires qu'il faudr faire, —que les principaux d'entre eux jouissant de la confinnce de leurs compatrio® seraient de suite appelés à faire partie du gouvernement, —et que les jeunes gens, sans ee tinction de race, seraient appelés aux emplois publics suivant que leurs talents et leur é
sation les rendraient propres à remplir des charges de confiance et d’émolument. J'ai l'honneur d'être, etc.,
Fe
Josrrx HoweE, Secrétaire d'Etat pour les Provinces. Si L nenseenes.i
PEuginA, E.-U., 25 novembre 1869.
| L'Honorable Joseph Howe, Secrétaire d'Etat
pour les provinces, etc.
. Reçue parle Moxsreun,—J'ai l'honneur de vous transmettre un rapport confidentiel “Secrétaire du major J. Wallace, de Whitby, Ontario, qui a été envoyé d'ici le 4 d’Etatpourles
provinces, le novembre, chargé d'une mission apéciale au Fort Garry, eb qui en est revenu 11 déc. 1869. le 22. C’est la personne dont j'ai parlé dans mon rapport du 5 comme posstdant assez la confiance de quelqes-uns des conspirateurs d'ici, pour en obtenir un “ passeport.” Le major Wallace a été employé par le Col. Dennis aux travaux d'arpentage de l'été dernier ; c'est un Ecossais rusé, qui a demeuré plusieurs années en Canada, et bien qu'il soit d'un tempérament nn peu bouillant, on peut le regarder comme un narrateur fidèle de ce qu'il a vu et entendu.
J'ai reçu par un employé de la compagnie de la Baie d'Hudson, expédié par le ouverneur MeTavish, avis que les rebelles avaient résolu d'envoyer une troupe de “cavalerie à Georgetown, pour y inceudier le magasin de la compagnie de la baie d'Hudson, afin de détruire les armes et les munitions que j'y avait déposées. Cela devait avoir lien le suite si le résultat de ja ‘ Convention ” était favorable à l'insurrection. Comme il n’y vait pas de temps à perdre, je pris immédiatement des mesures pour les faire transporter Bau Fort Abercrombie, à 40 milles plus loir. J'ai écrit au général Hunt (copie À), en lui lemandant de permettre qu'elles fussent déposées dans le fort, et je n'ai aucun doute qu'il
consente volontiers. J'ai fait annoncer, ou plutôt j'ai fait affirmer comme fait par nos ens, dans leurs conversations avec les conspirateurs de Pembina, que les armes, etc., favaient été transportées au Fort Abercrombie. Cela sera rapporté au quartier-général et épréviendra peut-être l'expédition. Mais, dans tous les cas, les armes, etc., seront rendues &au lort Abererombie avant que les maraudeurs ne puissent les atteindre. à. J’ai reçu une lettre particulière du gouverneur MeTavish, m'informant qu’il a lancé &une proclamation, plutôt, dit-il, par déférence pour mon opinion que par l'espoir d’en “obtenir un résultat favorable, et en même temps il exprime sa satisfaction de ce que je
ois resté ici. Il m'a envoyé des lettres qu’il avait reçues pour moi de Sir Curtis Lampson t du secrétaire de la compagnie de la Baie d'Hudson, et exprime son désir de m'être utile. J'en infère qu'il a reçu des instructions de la compagnie et avis de la date du transfert. e suis encore sans avis officiel de l’ordre en conseil impérial, et il me faudra agir, si je “ais quelque chose, sur le renseignement que me communique Sir Curtis Lampson, que la Silate du transfert arrêtée par le gouvernemet impérial est le ler décembre prochain. #% I circule ici, cette après-midi, une rumeur parmi les partisans de la rébellion que les éMlétis français ont demandé les “ fonds publics ” du trésorier du Fort Gazry, qu'il avait ‘éfusé de les leur remettre, et que là-dessus il avait été fait prisonnier, —que les Métis nglais eb écossais et les Canadiens s’armaient, et que l’on s'attendait à une émeute. La
me rumeur prétend que la “Convention” s'est ajournée pour quelques jours. J’attendais n courrier particulier de l'Eteblissement, au sujet du résuitat des délibérations de lundi de mardi, à temps pour cette malle, mais il n’est pas encore arrivé.
J'ai l'honneur d'être, ete.,
Wa. McDouaar.
Journal de J. W., du 4 au 22 Novembre 1869.
honorable Wiiliam AfeDougall, C.B., ‘.
s, Pembina.
0: Je partis du Fort Pembina pour le Fort Garry le + novembre 1869, chargé d'une “dépêche pour le gouverneur MeTavish. J'étais muni d'un sanfconduit d’ün citoyen SA éricain de Pembina. Arrivé à la karricade de la rivière Sale, je fus conduit par des Rômmes armés à l’église catholique, que jo coiñpris être le quartier-général des insurgés. . ans une chambre supérieure, je trouvai le président Bruce, le secrétaire Louis Riel, M.
unes
O'Loan, M. MeKinney, fils, et cinq Métis que je ne connaissais pas. En présentant mon 4 “passeport ” à Riel, il le lut en français au père Ritchot et dit :—# C'est très-bien ; mais} à quoique je sois fiché de vous déranger, il faut que vous me montriez les documents que #4 vous pouvez avoir en votre possession. # Je n'en avais pas à montrer. Plusieurs questions 4 me furent ensuite posées, auxquelles je répondis promptement, À propos de la position et; des intentions du gouverneur McDougall et de ses gens. Je me rendis ensuite au For? Garry, où je trouvai le moyen de faire remettre la dépêche au gouverneur MeTavish. Au reçu de cette dépêche, le conseil d'Assiniboia fut convoqué pour mardi, le 8 M. Banna E tyne est membre de ce conseil et était présent à cette assemblée. Tlme dit que lorsque hf lettre de M. MeDougall fut lue, MeTavish, quoique malade, entra dans une grande colère ii eb demanda ce que “MeDougall voulait dire ;--que jusqu à co moment ils n'avaiout re aucune information officielle qu'il y eût un changement dans lu propriété de lu Terre de d Rupert, et qu'il ferait voir à M. McDougall qu “ ne tolérorait pas un seul instant uns . pareille tentative de lui dicter ce qu'il avait à faire. ! e M. Mulligan, pensionnaire, et agent de police à Winnipig, me dit qu il avait prévems ai
la compagnie de la Baie d'Hudson à Plusieurs reprises que les Métis allaient se soulever fi qu'il l'avait fait par l'entremise du juge Black et du Dr. Cowan, et avait conseil d'appeler les pensionnaires pour garder le fort, mais que l’on avait refusé de rien faire à “ie ;
Mulligan me dit aussi que le 8 du courant, après que le fort eût été on In poses À à quil
sujet.
sion des rebelles pendant plusieurs jours, il avait entendu dire à l’un des rebelles à pouvait se fier que l’arsenal devait être forcé et que les armes devaient êtr e saisies Sous un à jour ou deux ; qu'il en avait informé le Dr. Cowan, qui avait répondu : “ Qu Y. pouvons nous faire?” Mu! ligan aurait répliqué : “ Appelez les pensionnaires et ceux qui voudront/: à se joindre à eux, et qu'ils prennent possession du fort.” Le juge, qui était présent, dit ja ‘ Le conseil va être convoqué, et il vous sera donné une réponse à 3 heures “
alors :
demain.” Le lendemain, on dit à Mulligan que l’on n'avait pas besoin de ses services, ei}: 1e el
dans la soirée les armes furent saisies.
J'eus plusieurs conversations avee M. McKinney, père. ombrageux, — dit que jusqu'alo:® il n’avait rien eu à faire avec les Ends, ve mais que cel 18 pourrait venir ;—que les Etats is étaient le débouché naturel de l'Etablissement, et qu les gens ne voulaient rien autre chose, pensait-il ; aient jamais ii} l'injustice que voulait leur faire le gouvernement canadien en nommant un conseil di: il Canada, etc., sans s'occuper des gens de 1x Rivière-Rougo ; — que si le gouverneur à ë McDougall était venu seul, il serait entré eb aurait été entend, et que si ses intentions ni leur avaient pas convenu, ils lui auraient dit de s’en retourner. Ensuite, dans une anti Ë occasion, il r'épéta ce qu'avait dit Bannatyne à pr "0pos de l'absence d'avis officiel, ete., —qur.? le sgens ne se soumettraient pas aux taxes,—qu'ils voulaient avoir le contrôle de leurs % propres affaires, et qu'il approuvait ce qu'avait fait les ifétis en empêchant le gouverne!” Ë d'entrer, —et qu'ils avaient environ 700 hommes sous les armes. Nos autres conversation: ÿ furent à peu près semblables jusqu’au sainedi matin avant mon départ, où j'allai le voire resbai près d’une heure avec lui. Il lisait l’acte impérial transférant le territoire du Norlf, Quest. 1l s'ouvrit franchement à moiet me dit qu'un blane qu'il voyait dans l'acte nr signifiait ni plus ui moins qu'après un certains temps les Canadiens pourraient le rempli comme bon leur semblerait, — qu’il était un des délégués du Fort Garry, mais qu'il serai à fait bien pou de choses par la Convention, si ce n'est ‘de rapprocher plus intimement IE deux partis qu il aimerait bien voir le pays en paix, afin que le commerce marchât com, x ; d'habitude, mais qu'il n'avait aucun espoir tant que le gouverneur et sa suite resteraient ÿ: Pembinn, Ce que le peuple veut maintenant, ditil, c est le contrôle absolu de ses prop : affaires, et il ajouta qu'aussitôt que les délégués auraient fini leur besogne, il pensait que des ordres seraient donnés pour faire faire le dénombrement de la pofulation qu'il y aurai} des élections et qu’un parlement serait établi, que le gouvernement canadien devra respectr:: Pourquoi, demandaït-til, serions-nous plus mal traités que la Colombie Anglaise, Teri: hi neuve ou l’Tle du Prince Edouar d? M. Hovwe, dit-il, nous a dit en toutes lettres que noti# avions droit aux mêmes priviléges, et que par la persévérance nous les obtiendrions. Ë
ajouta encore : “ Si nous ne parvenons pas à nous entendre avec le Canada, nous appellero 4 À
à îl, à
Le
lun autre élément à notre secours, et les hommes qui sont à lu této de ce mouvement savent ort bien comment l'obteuir, eb c’est l'élément fénien.”
Je conversai avec Hugh Donaldson, du Fort Garry, qni était très monté et'dit et urant que jamaisungouverneurcantdion ne gouverneraibl'Etablissement, et fit des allusions
ce qui ’pourrait avoir lieu au printemps. M, O’Loun, M. Gcorse Evolyn, l'hôtellier, t plusieurs autres exprimérent des idées identiques à celles de M. MckKinney. Je parlai vec beaucoup d'autre gens de ce pti (j'entends les Métis français), e6 ils s'exprimèrent resque tous dans le même sens, Une grande partie de ce qui précède fut obtenu par des uestions prudemment posées par moi.
M. # * *# dit que les Métis anglais ot écossais sont du côté du gouvernement anadien, mais qu'il ne pense pas qu'ils prendraient les armes tant qu'ils n'auraient pas ine arméc pour les seconder et une garantic du gouvernement qu'ils seraient indemnisés our la destruction de leurs propriétés par le feu ou autrement ;— qu'il avait 14 promesse le 300 Sioux de venir quand on aurait besoin d'eux, inais que les gens en général no sont as d'avis de déchainer les Sauvages tant que les autres moyens ne seront Jias épuisés,
M. Taylor, riche marchand, qui demeure à 12 milles en haut de Ja rivière Assinioine, me montra lo Gobe eu disant : “ Ce journal condamne cé que vous dites.” Je dois vouer que ce journal à fait beaucoup de tort aux intérêts canadiens dans l'Etablissement.
Le colonel Robinson est en faveur du gouvernement canadien, mais encore plus, je rois, en faveur des Etats-Unis. C'est un Américain.
# # # # dont Je frère * * * marche avec les insurgés, est fortement ttaché au gouveruenent canadien et # benucouÿ d'influence parmi les Sauvages ;—ce serait fan homme très utile daus tout traité avec eux. Il a chassé * # # de la maison qu'il occupait. [1 dit qu'il est Métis ct se fait gloire dn nom et de la race, et ajoute qu'il N'abandonnera jamais les droits qu’il a ans le pays. Il voudrait voir le gouverneur et Pentendre ce qu'il a à dire. Ll est sûr que le gouvernement canadien ue les priverait jamais le leurs droits.
# L'on pensait que M. Wim. Tait était favorable au Canada, mais d'après ce qu'il nous Fa. dit, à M. Grant et à moi, an bureau de la compagnie de la Baie d'Hudson, nous avons
nous siégeons en face de ceux qui sonb nés et ont été élevés parmi nous,—qui ont mangé Savec nous, dormi avec nous, chassé avec nous, commercé avec nous, et qui sont notre chair St notre sang.—{h bien ! messieurs, pour ma part je ne puis les combattre, et je ne voux Spas tremper mes mains dans leur sang.” “ James Ross, autre délégué, me reprocha de parler contre le gouverneur. La plupart ‘des gens le croient fermement en faveur des Canadiens. T1 pense que la convention peut encore cu arriver à quelques arrangements au moyen desquels le gouverneur pourra être introduit sans danger. Ses opinions ne s'accordent pas avec celles de la grande majorité du “conseil.
M. Lorrman, autre délégué, pense que la convention actuelle appaisera un peu les Métis français. Nous les avons rencontrés, dit-il, nous les avons traités avec douceur, et En eontinuant ainsi nous pouvons les gagner à nous, mais cela prendra du temps. M. * * * pense que la Convention ne produira rien de bon; que les troupes ules, et cela immédiatement, peuvent servir à quelque chose, et que si le gouvernement
ce
Ga part à signer une requête au gouvernement des Etats-Unis, lui demandant la permison de nous annexer à eux. M**%* est d'avis que los Sauvages (Tchippeweys) marcheront ‘ävec les Canadiens, mais’ qu'il faudrait prendre des mesures immédiates pour conclure un aité avec eux. Le commerce est mort, ditl, et tout est en désordre sous l’état de choses dbiuel. .
4 M**#, riche Métis, et fortement opposé aux prêtres, dit que l’on devrait immédiate.
ment envoyer des troupes pour sauver le pays ;—que les Métis anglais et écossais ng
À pur à Ru sans aucun doute. Si on n'envoie pas de troupes, dit-il, je suis prêt pour
peuvent souffrir bion longtemps ce règne de terreur, mais que faute d’un chef ils sont très peu disposés à se mettre en antagonisme avec les Métis fraucnis ;—que 500 où 1000 hommes sufiraient maintenant pour faire entrer le gouvernour, —ct une fois dans l'Etablissement, nos gens, dit-il, se rallieront autour de lui, mais tant que la proclamation une sera pas émise, il ne sera rien fait. Iln'a aucune foi dans l’œuvre de la Convention, tant que McKinney, O'Loan, Riel et les prêtres Ritchoë et O'Douobue en feront partie, eb tant que Bannatyne les encouragera comme il le fait à pr ésent. Ce dernier a plus d'influence parmi les Métis français que qui que ce soit, où même plus que douze des hommes du Fort.
Le Dr. Schultz dit qu'il n'approuve pas que l’on parle de faire venir des troupes, jusqu’à ce que tous les Canadiens aient été avertis, afin qu'ils puissent quitter l'Etabiissement. Il pense aussi que la Convention pourra finir par envoyer des délégués auprès du gouverneur à Pembina. Il est décidément d'opinion que si la compagnie de la Baie d'Hudson avait pris des mesures convenables au premier signe de révolte, —dont elle a été bien et duement prévenue,—il n’y aurait eu aucun mouvement insurrectionnel. Il dit que les indiens Tchippeweys eb Sioux sont avec le gouvernement et prêts à aider à réprimer la révolte en tout temps ;—que si les gens étaient sûrs d'être protégés par le gouvernement canadien, il ne manquoraib pas de chefs parmi les Métis anglaiseb écossais; qu’il pense qu'au premier signe de l’arrivée des troupes, les Canadiens seront massacrés,
M. Snow est tout à fait de l'avis du Dr..Schultz ;-—il s'est montré très actif eb très porté à m'aider à faire les potites affaires que j'avais au Fort Garry ;—jcn'aurais pas pu m'en tirer sans lui.
##% dit que si le gouverneur voulait l Y autoriser, il organiscrait immédiatement les Métis anglais et français,—qu'ils pourraient prendre le Fort n'importe quand et le garder aussi, —qu xl ne s’effraie pas de l’idée que l'on va envoyer des troupes,—qu'il aimerait mieux qu'on en envoyât ;—qu'il craint beaucoup les délais, car il est certain que l'on enrôle des féniens pour les envoyer dans l'Etablisseiuent au printem ps ;—il ne pouvait me donner aucune autorité sûre, mais il aflirmait que c'était uv fait. =
M. **# voudrait voir arriver des troupes immédiatement pour écraser 1 révolte ;— il dit que les Français sont un tas de bravaches iurbulents, mais qu'ils ne supporteraient pas le feu ;—qu'il suffirait de 1000 hommes pour régler l’affaire, et plus tard refouler les Sauvages hostiles's’il s’en présentait ;—qu'uu trop long retard causerait ou pourrait causer une grande effusion de sang, cb probablemeut la perte de tout le pays.
M. Bannatyne est cel xi avec lequel j'ai eu à l'exception de M. McKinney, le plus de conversations dans l'Étalissement, Il est certainement en, faveur des mesures adoptées par les Métis français, bien qu'il me dit un jour “que ce n’est pas pour £50 qu'il voudrait voir ce soulèvement.” Il avait toujours quelque excuse pour les Métis, et parfois un mot de sympathie pour le gouverneur McDougall et sa famille, majs il disait que le plus tôt il partirait de Pembina, Île mieux ce serait pour lui-même et pour l'Etablissement, et qu'il espérait que j'engagerais le colonel Dennis à partir—cc que je lui promis de faire. J'insistai pour qu'il vint avec moi voi le gouverneur, et qu'il amenât Riel ou Mec- Kinney ou O’Lonn avec Ini, mais il ne voulut pas y consentir, Plus tard, MeKinney mo dit que la Convention n'enverrait pus de délégués au gouverneur, pour une raison particulière qu'il n'était par libre de me communiquer à présent. Je pourrais rapporter beaucoup d’autres conversations avec d'autres individus, mais elles furent toutes du même genre, et je vais maintenant, comme vous lé désirez, vous dire aussi brièvement que possible ce que je pense de tout cela.
Dès le début, le mouvement à eu un aspect républicain-fénien. Je suis parfaitement convaincu qu'aucune offre que pourrait faire le gouvernement canadien ne serait acceptée par les Métis français,et leurs amis les Américains, et qu'à moins qu’il n’y soient forcés par cette Convention et les menaces des Métis anglais, ou peutêtre par les troupes, ils n'accepteront à aucune condition un gouverneur du Canada.
De plus, je crois que les Anglais et les Ecossais ne prendront aucun moyen pour faire entrer le gouvernuer dans l'Etablissement, mais qu'une fois qu'il y sera, ils le protéceront. C'est ce que mn ‘ont dit beaucoup d'entre eux. J’ai cherché à faire comprendre en plusieurs occasions, à ceux à qui je pouvais le dire sans danger, que le gouvernement
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