CANADA
VICTORIA, PAR LA GRACE DE Dieu, Etc.
Q 1 ) 2 Ü 2 } ° A Donald À. Smith, de la cité de Montréul, dans la province de Québec et la Puissance du Canada, écuyer, et à tous autres qui ces présentes verront, ù SALUT :
CONSIDÉRANT que par un acte du Parlement du Canada, passé dans les trente-deuxième et trente-truisième années de notre règne, intitulé : “ Acte concernant le gouvernement provisoire de la Terre de Rupert et du Territoire du Nord-Ouest après que ces territoires auront été unis au Canada,” il est dit qu'il esb probable qu'il nous plaira admettre la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest dans l’Union ou la Puissance du Canada, avant la session alors prochaine du parlement canadien, et qu’il importe d'adopter, en vue du trausfert de ces Territoires des autorités locales aù gouvernement du Canada, des mesures destinées à entrer en vigueur à l’époque qui sera fixée par nous, pour l'établissement du gouvernement civil de ces territoires, jusqu’à ce que des arrangements d’une nature plus permanente puissent être arrêtés par le gouvernement et la législature du Canada, et qu'il est par le dit acte en effet décrété que notre Gouverneur pourra conférer à l'officier qu’il nommera lieutenant-gouverneur des Territoires du Nord- Ouest le pouvoir d’administrer le gouvernement tel que voulu par le dit acte ; Et considérant que, dans le but de préparer le transfert de ces territoires, il a plu à notre Gouverneur du Canada envoyer l'honorable William McDougall, qui a été choisi
pour être Lieutenant-Gouverneur comme susdit, lors de leur union avec le Canada, d'avance et en prévision de cette union, et que son entrée dans ces Territoires à été entravée et empêchée par certains individus armés qui ont déclaré leur aversion et leur mécontentement contre l'union projetée, et leur intention de s’y opposer par la force ;
Et considérant qu'il est expédient de faire une enquêto sur les causes et l'étendue de cet empêchement, opposition et mécontentement :
Sachez donc maintenant, qu'ayant confiance en votre honnêteté, fidélité et intégrité, Nous vous nommons, constituons et désignons par ces présentes, vous, le dit Donald A. Smith, pour être notre Commissaire Spécial, et vous chargeons de vous enquérir des causes, de la nature et de l'étendue de l'obstacle apporté à la Rivière-Rouge, dans les Territoires du Nord-Ouest, à la paisible entrée de l'honorable William MecDougall et des autres personnes autorisées par notre Gouverneur-Général du Canada à s’y rendre ; et de vous enquérir aussi des causes du mécontentement que l’on dit exister à propos de l'union projetée des Territoires du Nord-Ouest avec la Puissance du Canada; et de plus, d'expliquer aux habitants de cepays les principes d’après lesquels le’ gouvernement du Canada se propose d’administrer le gouvernement du pays, suivant les instructions qui pourront vous être données par notre Gouverneur en conseil à cet égard ; et de prendre des mesüres pour faire disparaitre les malentendus qui peuvent y exister au sujet du mode de gouvernement du pays ; et de faire rapport à notre Gouverneur-Général du résultat de vos investigations, et des meilleurs moyens de calmer et faire disparaître ces mécontentements et appréhensions ; et de faire aussi rapport des moyens les plus convenables et les plus propres À effectuer le prompt transfert du@ays et du gouvernement de l'autorité de la Compagnie de le Baie d'Hudson au gouvernement.du Canada, du consentement général des habitants.
Et de plus de vous enquérir et faire rapport de la meilleure ligne de conduite à suivre envers les tribus indiennes des Territoires du Nord-Ouest.
Pour être remplie et possédée, la dite charge de commissaire pour les fins susdites, par vous, le dit Donald A. Smith, durant bon plaisir.
En foi de quoi, etc., (Grand Sceau.)
FERME LaRose, Pemeina, E.-U.
20 novembre 1869.
. L'honorable Joseph Hurce, Secrétaire d'Etat, ete., Ottawa, Canada,
| fecue parleSec. Moxsreur, —J’ail'honneur de vous transmettresous ce pli, pourl’information Pro TS de Son Excellence, la réponse du gouverneur MeTavish à mes lettres du 2 * déc. 1869. et du 4 de ce mois, qui ne m'est parvenue qu’hier soir (copie A.), ainsi que - copie d’une correspondance qui à été échangée entre certains loyaux sujets ! de la ville de Winnipig et le Col. Dennis, qui est encore avec moi et qui écrit sous ma dictée. (Copie “B.”) | Copie imprimée d'un “protêt” ou “appel” de ces mêmes individus au gouverneur MoTavish, et de la “ Proclamation” qu'il s’est enfin décidé de lancer. (Document “ OC.) Je n'ai pas encore répondu à la longue et quelque peu étrange communication que les : représentants de la compagnie de Ia Baie d'Hudson au Fort Garry se sont cru obligés de ; m'adresser, et je n’ai, non plus, pris aucun des arrangements qu'ils me conseillent d'adopter, en vue du “ mouvement,” tels que mentionnés dans le dernier paragraphe. Comime le but “principäl de ma correspondance avec enx à été atteint, savoir, l'émission d’une Proclama- £tion contre Jes insurgés, j'attendrai pendant quelques jours l'effet qu’elle produira, avant ‘de déterminer la ligne de conduite que je devrai tenir moi-même ou conseiller aux autres. «Je suis sûr que Son Excellence ne m'accusera pas d'indifférence pour les justes prétentions -du Canada e6 la dignité de son gouvernement, ou pour les devoirs de la position que j'ai ‘l'honneur de remplir éomme son représentant, sije m’abstiens, en présence des graves
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événements qui se présentent, de tonte controverse avec le gouverneur MeTavish on tout autre employé de la compagnie de la Baie d'Hudson, à l'égard de Ia convenance des arrangements politiques relatifs aux Territoires du Nord-Ouest, que le gouvernement impérial & autorisés et sauctionnés, eb que le gouvernement du Canada s'est chargé de mettre à exécution. Quant au gouverneur McTavish, je dois dire que la rumeur générale le représente comme étant encore gravement malade, et quo M. Black est l'auteur des communications qui me sont parvenues sous la signature du gouverneur. L'on verra peut-Ctre plus tard jusqu’à quel point les opinions personnelles et les sentiments inGividuels de M. Black— qui à dit dernièrement au Col. Dennis qu'il était sur le point de quitter le territoire—ont pu influer sur la conduite des autorités locales et être exprimées dans leur correspondance officielle, mais je ne veux pas supposer que la ligne de conduite adoptée par ces messieurs, non plus que les opinions qu'ils entretiennent au sujet des actes du gouvernement de Sa Majesté, en Angleterre ou en Canada, onf reçu ou doivent vraisemblablement recevoir la sanction de la compagnie de Ia Baie d'Hudson.
À part l'envoi de quelques provisions de bouche et d'habillement, pour lesquels on nous fait payer, en moyenne, des prix plus élevés que ceux des commerçants américains des environs, et les deux lettres du gouverneur MeTavish dont je vous ai envoyé copie, je mai reçu ni secours, ni conseils, ni communications d'aucune sorte des agents de la Compagnie dans le territoire depuis mon arrivée ici. J’ai été obligé d'organiser des moyens : particuliers dé communication avec l'Etablissement, afin de connaître les mouvements des rebelles ainsi que ceux des loyaux sujets, et je puis ajouter du gouvernement lui-même. : Le protêt ou proclamation du gouverneur ne m'a mêmegpas encore été envoyé par lui où aucun de ses agents, bien qu’il soit depuis cinq jours entre les mains du public au Fort Garry. Sans le moyen particulier de communication dont j'ai parlé, —et dont l'existence est ignorée des officiers de la compagnie, —je n'aurais pas pu vous envoyer ce document par ‘cette malle.
J'ai cru de mon devoir de mentionner ces faits, afin de permettre à Son Excellence de juger des difficultés que j'éprouve à organiser, de concert avec les autorités locales, une résistance à la conspiration qui a déjà gagné tant de terrain dans l'Etablissement. La ferme croyance de tous ceux que j'ai rencontrés, on dont le témoignage m'est parvenu (soit qu’ils fussent dans la confiance des rebelles ou favorables au Canada}, est que les employés de la compagnie de la Baie d'Hudson, à très peu d’exceptions près, encouragent directement : . où tacitement l'insurrection. C'est l'existence générale de cette croyance qui n'a déterminé . à forcer les autorités de faire une déclaration “publique de nature à dissiper cette illusion ; : —si c'en est une—ou les obliger à se dévoiler comme fauteurs de l’insurrecton. L'appel des #5 habitants loyaux, (voir document “ C’ 7) qui avaient déjà ouvert une correspondance avec a moi, porta le dernier coup, et parait avoir atteint le but proposé, nonobstant la ‘ position pe particulière ” sur laquelle il est si fortement insisté dans la lettre ci-jointe pour démontrer e que émission d'une pareille proclamation “pourrait nuire au gouvernement fubur ainsi É : qu'au présent gouvernement, js HA
Je suis aussi forcé de dire, à propos du “grave événement” dont il est parlé dans lui dixième et onzième paragraphes de la lettre du gouverneur MeTavish, que j'ai l'assurance #C positive çlu major Wailace, qui arrive du Fort Garry, confirmée par les aveux des “amis du Cana‘a,” que les officiers de la compagnie qui avaient la garde du Fort Garry reçurenti#b avis de l'intention des rebelles de s'emparer du fort, la veille du jour où ils s’en empart R rent, eb que le constable en chef, Mulligan, qui est un ancien soldat, offrit de lever w corps en partie composé de “pensionnaires,” avec lequel il déclarait pouvoir défendre je fort contre tous les rebelles qui pourre rient l’attaquer, mais qu'il lui fut répondu par DE Dr. Cowan, l'officier en charge, que l'on n'avait pas besoin de ses services. a
La lettre, datée de Winnipig le 17 de cc mois (marquée B. }» vient d'un correspor ta dant bien renseigné, qui a accès à la salle du conseil des mécontents, et est en relation®} confidentielles avec certains membres de la convention opposée aux prétentions des MétiiSil français. J'ai cru prudent d'appuyer la partie loyale de la population en. lui permettar = de nier, sur l'autorité du colonnel Dennis, que l'on sait être avec moi cù posséder ma cons fience, l'histoire que l'on fait encore courrir 5 l'Etablissement à propos de mon conseili®
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L'on cite les journaux canadiens pour prouver que {ous les membres du gouvernement ont été choisis en Canada, et les remarques de M. Howe, lorsqu'il était au Fort Garry, sont répétées de bouche en bouche eb interprétées comme étant une approbation de l'attitude actuelle de “résistance à la tyrannie” et de ‘défense de leurs droits.”
11 m'a semblé que le meilleur moyen de contredire ces fausses et pernicieuses rumeurs était d'autoriser la déclaration contenue dans Ia ‘‘réponse” du colonnel Dennis. J'ai jusqu'ici évité toute communication directe avec les personnes non revêtues d’un caractère officiel; mais la ligne de conduite extraordinaire adoptée par les autorités locales, et les difficultés et les retards que j'ai éprouvés à communiquer avec ces dernières, me forcent de rechercher l’aide des gens loyaux partout où je puis en rencontrer. Le gouvernement ne sera pas surpris d'apprendre que j'2i dû encourir des dépenses considérables que l’on ne prévoyait pas lorsque je suis parti d'Ottawa, et que les particuliers ne risqueront ni. leur vie ni leurs propriétés au service d’un gouvernement incapable d'affirmer son existence, de droit ou de fait, sans rémunération immédiate et convenable, et la promesse non équivoque d’une indemnité. J'ai jusqu'ici agi avec la plus grande prudence sous ce rapport, mais je prévois que les affaires peuvent bientôt prendre une tournure telle qu’il faudra adopter une ligne de conduite plus énergique et faire des frais plus
onsidérables encore si l’on veus protéger la vie des personnes et les propriétés, et établir ét maintenir l'autorité.
. MM. Richards et Provencher sont encore dans les environs et me voient tous les ours. Aussitôt que le résultat de l'assemblée des soi-disant ‘ représentants ” sera connu,
J'ai l'honneur d’être, ete.,
- Wu, McDoucaz.
js Forr Garry, Riviëre-Rouce, 9 Novembre 1869.
Honorable Wm. McDougall, C. B.,
Pembina.
Mox cHer Monsieur, —Hier, vers dix heures du matin, j'ai eu l'honneur de recevoir vos deux lettres, datées respectivement du 2 et du 4 de ce mois; et jugeant qu'il était portun, en répondant à ces importantes communications, de m'aider des lumières du
Dans la première de vos lettres, vous dites que, conformément aux avis du colonel
Dennis et à l'opinion du conseil, vous aviez décidé de rester quelques jours à Pembina, s l'espoir que les mécontents se retireraient des positions qu’ils avaient prises, et nous
“GLoyons que, dans les circonstances, votre décision à ce sujet doit être regardée comme Fisage, Mais ce n’est pas sans des sentiments qu'il nous est difficile d'exprimer convena-
pendant que vous y attendiez le cours des événements, et que vous aviez été forcé de vous ebrer au-delà de }1 ligne internationale.
Il semble que vous êtes sous l'impression qu'une proclamation émanant dé ce gouvernément, à l'effet d'expliquer le récent acte impérial concernant le Territoire, et d'avertir léSévens des conséquences de toute action de leur part tendant à entraver les mesures
pourraient être prises en vertu de ses dispositions, aurait eu un salutaire effet Il est difficile,
me,
° Î L'acte en question parle du transfert en perspective du territoire ; mais jusqu’à cm) moment, nous n'avons reçu aucune notification officielle, soit d'Angleterre, soit du Canodh, À du fait du transfert, ou de sés conditions, ou de la date à laquelle il devra s’appliquer af gouvernement de ce pays. Dans cet état de choses, nous pensons qu'il est évident qu'un ÿ acte, de Ia part des autorités de la Rivière-Rouge, comme celui que vous indiquez, aurait! nécessairement eu un caractère vague et incertain ; l'on a compris qu'il pourrait nuire : su} gouvernement futur ainsi qu'au présent gouvernement, eb nous avons en conséquence jugth prudent d'attendre la réception de la nouvelle officielle du transfert du pays et de tous inf détails qu’il nous importait de connaitre.
Mais, ayant toute raison de croire, d'après des sources semi-officielles, que le transfert La du territoire aurait bientôt lieu, je n'ai pas manqué de saisir toutes les occasions quise sont* Ë présentées d'exposer sous ce jour la question au public ; et, bien que nous n'ayons pas vu la nécossité de lancer une proclamation du genre de celle que vous suggérez, Tous us néanmoins fait des efforts incessants pour bien faire comprendre aux chefs des mécontents toute l'illécalité et le danger de:leur conduite, et pour les dissuader de pomsuivre davan.i tage la réalisation de leurs desseins illégaux. On n'a pas eu recours, il ést vrai, à dus mesures de coercition positives, pour la simple raison que nous r’avions pas de force suffi sante à notre disposition pour en assurer le succès ; et nous croyons fermement qu'il y al, beaucoup plus de raisons, sinon une raison toute-puisante, dans les arguments donnés dans $ ma dernière lettre, pour expliquer pourquoi les autorités hésitaient à adopter la démarche} périlleuse d'appeler, de propos délibéré, une partie d'une société aussi singulièrement com . posée que l’est celle-ci, à se mettre vis-à-vis de l’autre dans une attitude d’hostilité di? clarée. ! in
Quant à cette partie de votre lettre dans laquelle vous parlez d'une manière aus directe de ma position comme gouverneur légal actuel du pays, et de ma responsahi: lité en vue du maintien de la paix publique, permettez-moi de vous dire que c’est parce que
sanctionner j jusqu'ici une démarche si propre, et tendant infailliblement, j'oserais dire, à engendrer un conflit qui pourrait être fatal pendant de longues années à la paix et à li: prospérité de tout le pays, et qui rendrait tout gouvernement impossible. Il est inconte table que la conservation de la paix est le premier devoir de tout gouvernement ; mais} ps bien que dans les circonstances ordinaires il serait assez raisonnable de rejeter sur nou] la responsabilité exclusive de maintenir la païx publique, il pourrait peut-être, en même tems, être permis de douter si une certaine responsabilité ne retombe pas aussi sur d'autrui dans un cas d’une nature aussi exceptionnelle que celui-ci, —cas dans lequel non-seulemenf Fa tout un pays, mais aussi tout un peuple, est cédé et transféré, et où l'existence politique de SA peuple subit au moins un aussi grand changement ; et l’on peut de plus se demander si, ne “ la part du Canada, les arrangements préliminaires faits pour l'inauguration de ce change!” ment ont été basés sur une appréciation juste et exacte de l’état du pays et des sentiment d eb habitudes particuliers de sa population, —chose qui, en pareille occasion, était désirable 2 sinon absolument essentielle, —et si les complications dont nous sommes maintenant entouré À ne sont pas, en grande partie, dues à cette circonstance, Mais, dans un temps com ee celui-ci, lorsque Ton sent que toute notre énergie doit être emplo yée à faire disparaître, sf c'est possible, les obstacles qui s'opposent à l'inauguration paisible de votre gouvernemen## il serait déplacé d’ entrer ici dans la discussion du Plus ou moins de responsabilité des per sonnes qui sont commises à l’intronisation du nouvel état de choses, et je vais en cor: séquence m'occuper de questions d’une nature plus pratique et plus préssante. es Il est difficile de savoir au juste quel peut être le but définitif des mécontents ; mi ?8S s'ils cherchent à établir un gouvernement à leur guise, comme l'ont dit un peu prématuri ment les chefs que vous avez rencontrés le 2 de ce mois, je doute beaucoup que le reste dé à l'Etablissement soit d'humeur à se soumettre à une pareille destinée ; mais la question d Ë per savoir si la population consentira tacitement à paraître ignorer cette usurpation de pur “pa voir, tant qu'elle n’existera que de nom, ou si elle y résistera activement, ou si elle pré; * dra part au mouvement dans. l'espoir de le modérer et de le diriger, dépendra, je croi à grandement des circonstances. :6t
à Il ne parait pas du tout improbable qu'il y ait, des deux côtés de la frontière, des personnes qui voient avec une certaine sympathie ce mouvement de la population fran- Wçaise. Il n’est pas difficile de se rendre compte de leurs motifs ; mais il me semble que ice n’est rien moins qu'une folie de la part des chefs de ces troubles d'encourager l'idée d'une annexion aux États-Unis, car il est excessivement improbable que, quelque puisse tre l'effet d’un pareil changement sur la société, son effet sur la population française en “général ne saurait manquer de lui être très défavorable.
Ë Excepté sous un seul rapport, — mais, je regrette de le dire, sous un rapport grave, *ëinon formidable, —il n’y a guère eu de changement, que je sache, depuis ma dernière lettre, dans les dispositions ou les intentions de ces gens. Leur principal objet était de vous ‘empêcher d'entrer dans le territoire, et ils paraissent y tenir autant que jamais, car ils sont Séncore, me dit-on, réunis à plusieurs endroits et en bandes nombreuses, armés, prêts à vous empêcher d'entrer dans l'Etablissement, si vous l'essayiez, et ils savent naturellement que tant que vous resterez dans les environs, une pareille tentative est toujours possible.
Le fait auquel j'ai fait allusion dans le paragraphe précédent comme étant grave, est ‘Gelui-ci : c’est que dans l'après-midi de mardi, le ? de ce mois, un certain nombre de ces igens audacieux, soudainement, eb sans nous prévenir le moindrement de leur intention, ‘Éemparèrent des portes du Fort Garry, se postèrent à l'intérieur et à l'extérieur des portes, ‘au nombre d'environ cent vingt, et y ont depuis constamment tenu, nuit et jour, une assez forte garde armée. On leur demanda quel était leur but en s’emparant ainsi du Fort? au 3 répondirent qu’il voulaient le protéger. Le protéger contre quoi ? leur demandat-on. “eur réponse fut : “contre le danger. ”—Mais contre quel danger-—A cette question, ils épondirent qu’ils ne pouvaient pas encore dire exactement quel danger, mais qu'ils le firaient plus tard, et ils s’obstinèrent à garder les postes qu'ils avaient pris, et ils les ont toujours gardés depuis, en dépit de nos protestations eb remontrances contre un procédé ‘Aussi audacieux eb aussi arrogant.
; En entrant dans le Fort, ils déclarèrent ne vouloir molester personne ni endommager 168 propriétés qui s’y trouvaient, et je dois avouer que sous ce rapport ils ont tenu parole ; Mais c’est une incommodité et un danger presque intolérable d’avoir un corps d'hommes és, quand même vous feraient-ils des protestations de paix, logés de force dans un étblissement comme celui-ci. Ils”n'ont jamais dit bien clairement quelle était léur ittention en venant au Fort, et ils n'ont pas, non plus, encore spécifié le danger contre léquel leur présence devait le protéger. Nous en sommes donc jusqu’à un certain point Féduits aux conjecbures, et elles nous portent fortement à croire qu'ils s'attendaient à vous er arriver au Fort, et qu’en s'emparant ainsi des portes d'avance, ils seraient sûrs de Yous tenir à l'écart. |
: Il est inutile de demander pourquoi nous avons souffert leur présence, car je SUPPOSE 1 “vous êtes déjà assez bien au fait de ce qui s’est passé pour comprendre parfaitement diéelle n’a été tolérée que parce qu'elle nous paraissait être, en vue des résultats immédiats, moindre de deux maux très graves. :
is Ë
#4) Vers la fin de votre dernière lettre, vous désirez savoir si je pense que vous pourrez
Le de quelque utilité en restant’ quelque temps à Pembina, et, comprenant l'importance que d:peut attacher à ce que je pourrais vous dire à ce sujet, j'ai pris soin de subordonner puleusement mon opinion à celle de mon conseil.
F Pour satisfaire à votre désir, permettez-moi de vous dire, comme la substance de notre
Puon à ce sujet, que nous voyons qu’il y a aussi peu de chance que jamais que ces gens
#Pembina, l'effet de votre séjour, en ce qui concerne l'Etablissement, est de nature’à étuer et même à aggraver cet état de trouble et de danger. Vous pouvez donc juger vous-même s'il peut être utile que vous restiez à Pembina, et peut-être que votre re opinion à ce sujet sera telle que vous ne serez pas surpris si j'ajoute —comme je le je vous assure, ave. un sentiment d'inexprimable regret—qu'il semble à mon conseil
fmoi-même que votre prompt retour en Canada est non-seulement essentiel à la
tranquillité du pays, mais qu'il est aussi réclamé dans l'intérêt de l'établissement futur du gouvernement canadien.
Ilest sans doute possible que le temps change les dispositions des gens, et des assemblées publiques ayant été convoquées, cela pourrait quelque peu modifier l'état actuel des affaires. Votre départ immédiat ne devrait peut-être pas être décidé de suite. Il pourrait être bon d'attendre encore pendant quelques jours le cours des événements, ou au moins jusqu’à,ce que vous ayez pu communiquer de nouveau avec moi ; mais j'avoue que pour le moment je ne vois que peu de raisons d'espérer qu’il se produise quelque modif cation sensible dans l'opinion que j’ai formulée à l’ésard de vos mouvements.
Je demeure, etc., W. MoTavisx.
(B.) « Winnipié, Mercredi Soir, | d 11h. P. M., 17 Nov. 1869.
Le Conseil s’est réuni hier à midi. Les délégués anglais sont tous fermes, ‘excepté! les deux de la ville de Winnipig. Les paroisses anglaises, regardant comme illégale une: assemblée de la nature de celle proposée par les Français, ont envoyé des représentants en leur donnant des instructions écrites ; et ceux-ci devaient expliquer, d’abord! qu'ils désapprouvaient tous les actes commis, ct en second lieu, qu'ils ue préteraient pas la main à la formation d'un gouvernement indépandant. La délésation française? se composait du conseil des douze “déjà formé, avec leurs président et secrétaire. Rif fit tirer une salve d'artillerie, et l'assemblée eut lien au palais de justice, qui était: alors et est encore gardé. La Journée d'hier fut employée à l'expression des vues desi délégués anglais, et Ton pensait qu'aujourd'hui les délégués français dévoileraient leurs; intentions. Vers la fin de l'après-midi d'hier, le manuscrit de la proclamation du“ gouverneur MeTavish fut remis à l'assemblée, et une longue discussion sur l’oppor:: tunité de le recevoir en précéda la lecture. Les délégués ” anglais, à l’exception dei deux de la ville, agissaient avec beaucoup d'ensemble et ; désiraient faire un usage spécial: à de ce document, mais ils ne le purent, vu qu’il n'avait pas été généralement publié dé traduit en français.
À une entrevue que nous avons eue avec trois des principaux délégués angais|. juste au moment d'écrire cette lettre, on nous a dit qu'ils avaient demandé aux délégué français, ce matin, quelles étaient leurs intentions, mais qu’ils avaient refusé de les fainfi connaître. Riel a “prétendu que le gouvernement de la compagnie de la Baie d'Hudea} était très faible, et qu'il fallait en établir un meilleur. .
On répondit à cela en démontrant la nécessité d’un gouvernement fort, et en fais} d voir par les différents documents publiés que le gouvernement canadien était le seui® possible. Riel tendait évidemment à une république, mais ne voulait pas le dire ouve tement. Te prêtre O’Donohue fut très excité pendant un certain temps, cita les malheunCf de l'Irlande, et dit que le gouvernement britannique chancelait sur ses bases, etc. IH Gi affectent de mépriser la proclamation du gouverneur McTavish, que je vous transmets sous à ce pli Nous n'avons aucune foi dans la sincérité de cette proclamation, mais no ss croyons que la pression exercée sur Ia compagnie par le parti loyal 2 été telle qu’elle né pu tenir plus longtemps ; et voyant l'impossibilité d’une plus longue résistance, elle à ai forcée de lancer cette proclamation autant pour sa propre sûreté que pour le maintien son autorité, s'il lui en reste encore. Les délégués ont remercié le gouverneur par écrit 4 sa, proclamation.
Le tribunal d’Assiniboia doit se réunir demain comme à l'ordinaire, et en const quence l'assemblée des délégués est remise à lundi, et alors les Anglais insisteront po :
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connaître la politique des Français. Les délégués anglais, excepté ceux de la ville, sont tb?
décidés, et tiendront des assemblées de leurs gens dans l'intervalle. Il nous est arrivé msé
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rumeur hier que 2000 hommes de troupes étaient en route, eb les Français y croient ; de R la tranquillité d'aujourd'hui, comparativement à hier. Riel y a°fait indirectement Éallusion et a dit que toutes les routes étaicnt également impraticables. Les trois princifpaux délégués avec lesquels nous venons de converser disent “ qu'ils pensent que, comme la kgou verneur est autorisé à augmenter le nombre de ses conseillers à 15, et que l’on dit qu’il ‘n'en a encore été nommé que six, il pourrait bien se faire que les gens finiraient par éborner leurs réclamations à faire nommer parmi eux le reste des conseillers. ” Je vous ferai rapport du résultat de l'assemblée du conseil de lundi. Nous pensons que les “insurgés reculeront. Il sera probablement décidé de vous envoyer une députation à ln prochaine assemblée ; toute concession accordée produira du bien. Pouvons-nous inspirer les délégués à propos de ce qui est possible? Répondez par le porteur.
Æéponse.
Persia, 19 Nov. 1869.
Les rênseignements contenus dans votre lettre de mercredi sont très satisfaisants. ous attendrons les délibérations de lundi avec impatience. Les efforts des habitants yatx pour maintenir l'ordre et l'autorité de la couronne, dans une crise aussi difficile, ne “Seront pas oubliés et ne resteront pas sans récompense. La proclamation du gouverneur ÉMcTavish parait judicieuse et devrait faire impression sur tous autres que les chefs de lu iconspiration, qui doivent connaître l4 nature du-erime qu’ils ont commis, et que l'on ne “péutespérer de ramener à l'ordre. Travaillez à détacher les ignorantes et, jusqu'ici, innocentes pes de ces gens de leur dangereuse compagnie. L’on pense ici que si la majorité, qui
libère maintenant, se décide en faveur d’une république ou de toute autre forme illégale idé gouvernement, les habitants loyaux devraient se retirer de toute association et discus- ‘sl0n avec les insurgés, et être prêts à se rallier au soutien de l'ordre et de la loi, ct des
oits de la couronne britannique dans cette partie de la Puissance, du moment qu'un el sera fait par l'autorité compétente.
La plupart des rumeurs qui circulent pour tromper et exciter les Métis. et autres, Ontre le gouvernement que la plus haute autorité de l'empire a ordonné d'établir, vt delle supportera de tout son pouvoir, sont entièrement fausses, et beaucoup de personnes “éintenant dans le territoire, et surtout ceux qui en sont encore les gouvernants légaux, a Éavent parfaitement. Üne assertion qui parait être crue par beaucoup, et qui peut avoir -Contribué à refroidir le zèle de quelques personnes autrement bien disposées, est que “ {ous lésmembres du nouveau conseil doivent être envoyés du Canada.” Cela peut être immédiatement contredit. Les seules personnes mentionnées dans les instructions du gouver- Le auxquelles il est chargé d'offrh: des siéges dans son conseil, sont des personnes qui résident eb ont longtems résidé dans le territoire.
Trois messieurs seulement sont venus du Canada avec l'espoir d'être nommés à quel- ’
harge sous le gouvernement, mais le gouverneur a encore toute liberté d'action,
té en ce que je viens de dire, au sujet de la composition de son conseil.
Ce n'est pas là une déclaration officielle, ni dont on doive faire un usage public quel-
Conue, mais elle est seulement faite dans le but de contredire les faux rapports qui Cülent eb de rassurer les gens loyaux et bien disposés.
Le gouverneur reste ici pour le moment.