TETE
Et
Français daus la ville, que, à l'apparition d’un corps d’hommes considérable venant de la Ç y que, P
probablement être attribué à la distribution dans les paroisses, hier, de la “Déclaration des Droits.” L'on me dit que, jusqu’à la distribution de ce document, personne autre que les mécontents ne savait ce qu'ils voulaient, et qu'à présent que leurs demandes étaient connues, dont quelques-unes étaient très raisonnables, et que le tout était accompagné de Ia mani. festation du désir d'envoyer une députation à Pembina, pour treiter avec le lieutenantgouverneur, l'on pouvait facilement comprendre que l'effet produit sur le reste de la population serait de la rendre moins jalouse de la domination française, et de lui donner l'espoir que la paix pouvait être rétablie par d’autres moyens qu'un recours aux armes.
Je revins au fort à 2 heures du matin et y trouvai un messager qui était arrivé pendant mon absence, m'apportant une proclamation du lieutenant-gouverneur ordonnant aux anciens fonctionnaires de continuer à remplir leurs fonctions comme avant ‘le premier décembre. Comme le messager s’en retournait immédiatement, j'écrivis à la hâte au lieu. tenant-gouverneur, l’informant du changement de la situation ct de l'effet évident qu avait produit a “Déclaration des Droits, ” dont je lui euvoyai une copie, ainsi que copie de la note que j'avais reçue de M. James Ross.
J'envoyai aussi, à 3 heures du matin, un message verbal, qui devait être porté aux assiégés s'il était possible, les informant de mon impuissance à les secourir, et leur disant que, s'ils étaient obligés de se rendre, ils devaient chercher à le faire aux meilleures conditions possibles.
Désirant mieux connaître le changement évident survenu dans les sentiments des gens à l'égard de mesures agressives, je me rendis chez le Rév. M. Black et y convoquai une assemblée des principaux citoyens de l'établissement écossais, à laquelle assistaient le juge Black, le Rév. M. Biack, M. James Ross,. M. Bernard Ross, facteur en chef de la compagnie de la Baie d'Hudson, M. Sutherland, membre du conseil, MM. John et Willian Fraser, aussi membres du conseil, et M. Poison.
Je ne tardai pas à me convaincre que la seule condition à taquelle les Ecossais consentiraient maintenant à s'armer et à s'exercer, serait de n'agir strictement que sur h défensive ; je fus même informé qu’une assemblée publique, qui avait eu lieu dans le voisinage, venait de se terminer, eë que l’on y avait nommé des délégnés chargés de venir me voir au Fort de Pierre sans délai, pour me prier d'abandonner" pour le “moment toute mesure agressive. Cette attitude de leur part, précisément en ce moment, ne fit que il me confirmer dans l’idée que j'avais eu d’un changement dans les dispositions des gens des À paroïsses d'en bas.
Les personnes présentes exprimèrent leur vif désir que je consentisse, si les rébelles le voulaient, à m’aboucher avec leur conseil et voir si l’on pouvaitentreren communication aves le ieutenant-gouverneur, dans l'espoir que cette démarche pourrait ramener la paix. de leur expliquai c que M. Sutherland avait été autorisé par moi, hier soir, à voir les chefs du parti français, et à préparer une entrevue de ce genre pour ce matin, M. Sutherland di qu'il existait tant d'excitation parmi eux, à propos de la prise de la maison du Dr. Schult, qu'il lui avait été impossible d’avoir une entrevue avec Riel. T1 fut alors décidé que ÀL Sutherland préparerait une entrevue pour demain matin, si c'était possible, et que dans tous les cas il me donnerait avis de ce qu'il aurait fait à ce sujet.
Tout bien considéré, il me semble que le projet de recourir aux armes, en ce moment pour écraser le parti français, doït'être abandonné. Cependant, je ne discontinuerai ps les exercices militaires qui se font dans les différentes paroisses, croyant qu ‘elles ne seront pas sans avoir un bon effet moral sur les négociations probables.
"Pendant que j'étais à l'assemblée tenue “chez M. Black, l’on disait que la ville éti} dans un grand état d’excitation ; eb avant mon départ, la nouvelle nous parvint que lf Canadiens avaient été obligés de se rendr e, et qu'ils étaient envoyés au Fort Garry comm prisonniers.
Quant à cette malheureuse affaire, nous n'avions pas de forces suffisantes pour all au secours des Canadiens, et le parti français étant en nombre écrasant, ils n'avais d'autre alternative que de se rendre. Le faf est que c'était un acte de folie de leur pai de rester là pour être faits prisonniers, car j'ai raison de croire qu’ils auraient pu s’échapp
: quelques heures auparavant, sans danger et sans difficulté. (Voix rapport du major Boulton à ce sujet, marqué “L. }” Ê Mon désir constant, depuis l'émission des premiers ordres que je leur donnai samedi fi F dernier de quitter la ville, était de les éloigner tranquillement, car je comprenais que leur F'indiscrétion pouvait à tout moment faire échouer tous les plans du gouvernement.
Un jeune homme, M. Mulkins, appartenant à Fun des partis d’arpentage, et que j'avais envoyé au Fort Garry dans l'avant-midi; porter un message relatif aux Canadiens * Éassiégés, avait aussi été fait prisonnier et enfermé avec les compagnons du Dr. Schultz. : “Pendant que j'étais chez M. Black, M. Caldwell arriva de la ville, apportant un “exemplaire français de cé qu'on peüt appeler une “ Déclaration d'Indépendance,” et portant fincontestablement la marque de fabrique américaine. M. Caldwell dit qu'il avait été Horcé de l'imprimer, — que les Français n'étaient pas satisfaits de lui enlever ses presses, mais que, de plus, ils le forçaient de travailler pour eux, au moyen de menaces d'hommes éarmés qui avaient pris possession de son atelier.
FR pe
ne
Meroren:, 8 Décembre.
J'ai reçu une lettre de l'évêque McCrae ce matin (voir copie marquée “N”). Cette Élettre corrobore évidemment le changement de disposition chez le peuple. Cela est encore Éconfirmé par les remarques des gens qui viennent me voir ; j'observe cependant que ces visiteurs sont moins nombreux que la semäine dernière.
#: Dans le cours de la journée, j'ai reçu une nouvelle lettre de l’évêque, marquée “0, ” dans laquelle Sa Grandeur et l'archidiacre McLean me supplient de ne pas prendre de mesures offensives. Il est inutile de dire que les mesures de cette nature sont hors de üuestion, vu que les gens ne les seconderaient évidemment pas à présent. ‘
É: Jeéfait imprimer et distribuer la proclamation du lieutenant-gouverneur, maintenant les anciens fonctionnaires dans leurs charges.
Je n'ai encore rien appris de M. Sutherland, au sujet de la perspective d' une entrevue
“JEUDI, 9 Décembre.
Et Etant convaincu qu'il est inutile d'entretenir plus longtemps le moindre espoir de
Houvoir obtenir une force suffisante pour vaincre le parti armé, je suis décidé à abandon-
gier l'appel à la partie anglaise de la population, et à profiter de la disposition manifestée
Dar 15 Français d'envoyer des délégués au lieutenant-gouverneur, et à me retirer, ainsi
une position que le changement survenu dans les idées, depuis quelques j jours, à rendue
ausse. Je lançai donc un avis, de bonne heure ce matin (marqué “P”), et en envoyai
Pornic manuscrite à M. Bannatyne, à à Winnipig, avec un billet (marqué “K 5”) le priant de
Be soumettre au conseil français.
D Jerctiens le chef ‘“ Prince” et ses cinquante hommes pour garder le Fort pendant
Muelques jours, jusqu'à ce qu'il survienne de nouveaux événements.
M J'ai reçu, dans le cours de la journée, un exemplaire français de la “Déclaration d’In- -
Hiépendance, ” marquée “R.” J'ai reçu ce soir la lettre de Joseph Marion, contenant un
Ruessage de M. Dease, marqué “8.” ‘L'on y verra que le parti français a aussi décidé de agir que sur la défensive. -
H: J'ai ordonné de cesser les exercices et l'envoi des approvisionnements.
: J'ai donné au major Boulton l'ordre d'aller au Portage de la Prairie et d'y arrêter les
Lercices militaires ; aussi, de convoquer un conseil des Sauvages, eb particulièreme” : des
5 lorre au parti français, et de leur dire de se tenir tranquille. | AucuRe communication ne m'est encore parvenue du Capt. Webb, et la seule concluà laquelle j'en puisse venir est que son message 2 été intercepté.
VENDREDI, 10 Décembre.
Deux des principaux guerriers de la tribu de “Henry Prince” m'ont été présentés lui aujourd’hui. Ils firent les protestations ordinaires de loyauté envers la reine-et
se déclarèrent prêts à combattre ses ennemis. Ces gens vivent sur le haut de la rivière Rouge, dans le district insurgé, et disent que leurs familles craignent les Métis français,
Pour rendre justice aux Sauvages, je dois dire qu’on les trouvera loyaux enver| le gouvernement, je crois, par tout le territoire. Vo j
MM. Arkland et Elwood sont arrivés de Winnipig aujourd'hui. Ils rapportent que les Français continuent à arrêter les Canadiens partout où ïls les trouvent, #4 f qu'eux-mêmes, quoique n'ayant pris aucune part aux affaires, peuvent être arrtté d'un moment à l’autre. Ils n'apportent aucune nouvelle des Canadiens emprisonné } mais disent que les Français ont commencé à rechercher et saisir les armes dans l&Ë maïsons des particuliers, déclarant leur intention de parcourir l'Etablissement à œ« ; effet. ; É
J'ai fait rapport au lieutenant-gouverneur, lui envoyant ce journal tenu jusquih ce moment, et l’informant de mon intention de le rejoindre à Pembina sous peu ࣠jours; j'ai confié ces papiers à deux Sauvages de Henry Prince, choisis par lui à effet. ‘ il
J. $S. DExwis, :
Lieutenant et conservateur de la paix dans territoires du Nord-Ouest. :
Corte des documents mentionnés dans le journal ci-dessus.
: Fort Garry, 4 décembre 1869 Au colonel Dennis, de., &e., Fort Garry d'en Bas. ! - Fi Moxsreur,—J’ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du 3 de ce mois, pr laquelle vous me demandez quel pourrait être le nombre des fusils qu'il serait pl sible d’avoir des postes de la compagnie de la Baie d'Hudson près de l'Etablissemetf En réponse, je vous dirai qu’à présent je ne puis vous donner aucun renseignemaifs bien précis, vu que le nombre de ces armes, qui n'est jamais considérable à aucun dé ces postes, dépend à cette heure entièrement de la quantité qui a pu être donnés an Sauvages dans le cours de l'automne; mais il se peut qu'il y en aït encore aux posts suivants :—Au Fort Alexandre, peut-être dix fusils; aux Plaines du Cheval-Blanc, dé 10 à 15; à la Pointe-aux-Chênes, de 4 à 6. Il doit y en avoir très peu au Porté de la Prairie. - #:] D'ici, je pourrais en fournir une très grande quantité si je pouvais les sortir ds fort, et il y a plus d’une semaine que j'en cherche l'occasion. Sans l'excitation srl venue à propos du lard, il est très probable qu'il y aurait 60 fusils dans un &t8à magasins d’ici—lequel est en dehors du mur-sans compter un assortiment const rable qui aurait été expédié à la Pointe-aux-Chênes, mais dont l'envoi, vu l’attituils de la population d'ici, fut contremandé par le Dr. Cowan alors qu’on les chargeait 15 les traïîneaux. Je vous transmets quatre ordres pour la livraison de toutes armes’'aux msi sagers par vous autorisés à les recevoir.
J'ai l'honneur d’être, etc., Wa. McTavisx.
[A 1.] - Forr DE PIERRE, 4 décembre 1869 Mémoire des ordres pour les Canadiens enrôlés dans la ville de Winnipig.
Ces hommes n’occupent pas une position leur permettant d’être appuyés par aut force, avenant le cas où ils seraient attaqués par les émeutiers que commande Riel, attaq qui me semble probable. Ki.
Je suis maintenant convaincu que l'objet de ce dernier est de les provoque}s outrance, et de Hâter ainsi un conflit afin de chercher à démontrer ensuite, que #S Canadiens ont été les agresseurs, et cela avec l'espérance qu’il pourra obtenir l’aide reste du parti français.
Je demande, par conséquent, que les Canadiens se retirent du village “eb qu'ils “descendent à l'établissement écossais, où j je les rejoindrai et les placerai dans des quartiers qu'il leur sera possible de défendre, et où ils serviront comme avant-poste, tout en prenant les mesures propres à leur donner du renfort en cas de besoin.
‘Ils feraient mieux de descendre ce soir et de se présenter à moi ou au major Boulton, chez le Rév. M. Black.
s J.$S. DENxis,
ë | Lieutenant-Colonel.
(À 2.) Fort n'en Bas, 4 décembre 1870.
Elfémoire pour le major Boulion.
É J'ai conseillé aux Canadiens de se retirer de LE ville, et je me propose de les placer dans l’églse écossaise, si le Rév. M. Black y consent. Ils resteront là avec autant d'hommes fdu voisinage que vous croirez nécessaire de leur adjoindre. Ils serviront comme avant-poste et de. point de ralliement pour les sujets fidèles dans le cas où le parti de Riel ferait une démonstration dans l'Etablissement d'en bas. Ce poste est placé sous votre commandement immédiat, J'ai envoyé en avant 50 couvertures de laïne, 20 fusils, 2 quartiers de bœuf, FA sacs de farine, un poële de cuisine, ses ustensiles et tuyaux, 10 1bs. de thé, un sac de balles et 2,000 capsules.
5 Si vous avez besoin de quelque autre chose, il est probable que vous pourrez vous le procurer là, sinon, faites-le-moi savoir. Organisez les hommes comme vous jugerez à propos. Faites-moi rapport chaque jour si c est possible. Si M. Blackn'était pas consentant, Het que vous puissiez trouver quelque autre édifice facile à défendre, prenez-le au lieu de | Leslie Que vos sentinelles soient vigilantes à remarquer tout mouvement le long des ades routes, et faites-moi immédiatement donner avis de toute opération de ce genre.
EE
J. S. Dennis.
P.S.—Ecrivez-moi demain longuement et sincèrement” sur les dispositions actuelles P
Fort DE PIERRE, 4 décembre 1869.
Dr . Schuliz, Winnipig. L °
D Mox omEer Docreur, —D'après ce qui s'est pe hier soir, il est évident que Riel Hésire que les Canadiens versent le premier sang, ce qui n’est pas à souhaiter pour le Hioment. J'en suis venu à la conclusion qu'il faut qu ‘ils se retirent, et j'ai donné des ordres u porteur en conséquence, Hi Je vais aller les rejoindre à l’église écossaise et les établir là comme avant-poste sous Mes ordres du major Boulton. Tout ce qui vous reste à faire, c'est, comme vous vous le Mroposez, d'envoyer Mme Schultz chez un ami, de fermer votre maison et de l’abandonner. Buant au dépôt de provisions du gouvernement, si la garde s’y tient encore, je n’exigerai Das, comme représentant du gouvernement, qu'elle y Teste davantage. Il vaut mieux qu V'elle ferme la place et se retire. Je serais content dé la voir venir avec les autres et s’en- Mile parmi ceux de l’avant-poste ; mais je lui laisse la liberté de faire comme elle voudra. É Si mon effectif était organisé, ; je ne permettrais pas que l'on traitât les Canadiens Momme vous l'avez été ; mais je suis loin d'être en mesure‘d’agir, et je regrette d'avoir à ire que les choses ne marchent i ici que lentement. Vous parlez d enthousiasme, mais je Den ai encore vu que parmi les hommes de Prince. È A la hâte, tout à vous,
J. $. DENxIs.
Fonr DE PIERRE, ETABLISSEMENT D’EN Bas, 4 décembre 1869.
LA 4] a
MoxsIzur, —J ‘apprends de M. James McKay que le parti français se dit prêt à obéir aux commandements de la reine, mais qu'il affirme que l’Hon. W. McDougall n’est pas” légitimement nommé et assermenté comme représentant de Sa Majesté. Ce monsieur pense que sice parti pouvait être convaincu du contraire, il cesserait de s'opposer à son entrée dans l'Etablissement.
S'il y à quelque doute à cet égard, je pense que, bien que cela soit humiliant pour le représentant de la reine, d'être appelé à exhiber sa commission, M. McDougall consentirait à cette demande plutôt que d'être la cause que la population en vienne aux mains. Je fais, en conséquence, la proposition qui suit:—J’irai à Pembina chercher la commission, et la remettrai entre les mains du gouverneur MecTavish, avec le certificat du jurisconsulte de la couronne actuellement en la possession du lieutenant-gouverneur et attestant que ce dernier a dûment prêté le serment d'office. Après cela, le parti français devra immédiatement se débander et ne s'opposer nullement à l’entrée de M. McDougall dans l'Etablissement.
Dès que les chefs du parti français auront signé un engagement à cet effet, je donnerai des ordres pour faire cesser toute démarche commencée dans le but d’armer la population
anglaise du territoire.
J. $. Dennis,
Lieutenant et conservateur de la paix.
Lieutenant Colonel Dennis.
MoxsIEur, —J’ai l'honneur de vous informer que j'ai reçu le mémoire concernant les Canadiens. | Le Dr. Lynch, M. Snow, le Dr. Schultz et moi nous sommes consultés et sommes arrivés à la conclusion que dans les circonstances (ayant 10 hommes et 65 bonnes armes sur les lieux) nous avons une position avantageuse qui nous permet de résister avec succès à une forte attaque. Il est maintenant neuf heures, les hommes sont tous à leurs poste—les rebelles le savent. Aucun homme ne se montre nulle part. Il n’y a pas d'indice d'une attaque, et une retraite pourrait inspirer aux rebelles plus de confiance qu'ils paraissent en avoir maintenant.
Votre mémoire aux Canadiens dit “qu'ils feraient mieux de descendre ce soir,” ce qui semblerait nous laisser à même d'exercer notre jugement à l'égard de l'opportunité de cette démarche. Je vous écrirai cette après-midi. La maison de M. Prudhomme est grande et vide, eb pourrait être occupée et remplie de provisions et de munitions. J'irai vous voir demain -pour recevoir de nouveaux ordres. J'ai écrit à M. Pinkham, à St. Jacques, de convoquer une assemblée afin que je puisse enrôler des volontaires et les exercer ensuite.
Je suis, etc., C. W. Bouitox.
WinxnrriG, 4 décembre 1869.
Vice DE Winnirié, Samedi soir.
CKer. COLONEL DExwis, — Les événements ont bien changé depuis ma lettre de ce matin. Notre ferme atlitude semble avoir produit son effet, et rien de remarquable n'a eu lieu aujourd’hui. Cette après-midi, à quatre heures, le président Bruce est venu me voir sans gardé, Il a dit être venu pour s'expliquer avec moi, pour me rappeler notre bon accord d'autrefois et les services que je lui avais rendus en temps de maladie, et il finit par me demander quelle était la principale objection à leurs résolutions. Sur l'observation que je lui fis que la dernière de ces résolutions était insultante, il répondit qu’ils n'avaient
Re voulu diré rien de semblable et qu’il fallait que j'eusse une copie inexacte. Il parla avec peu d’égard de Riel. Il dit qu'ils ne pouvaient pas aller voir le gouverneur à Pembina, mais qu'ils aimeraient à vous voir. Je lui ai dit que je pensais que vous le verriez seul,
c'est-à-dire sans Riel, comme il l'avait proposé, et que je croyais que Riel gâterait Lout. Il consentit à cela, et me dit qu'à son retour demain de la rivière Sale, il me reverrait pour:
s'entendre avec moi au sujet d’une entrevue. Je donne ces renseignements pour ce qu'ils
valent, bien qu'il y ait d’autres indices attestant de leur probabilité. Mes remeréiments pour vos bons souhaits à madame Schultz.
- Je suis, ete., | JOHN SCHULTZ.
P. S.—Le capitaine Bouiton écrit que la plupart des Canadiens sont ici, et je pense que les nouvelles circonstances qui se présentent vont probablement vous porter à contremander ou modifier votre ordre. ‘
HraDiNezy, 3 décembre 1869.
Colonel Dennis.
Oxer Monsreur,—La personne qui a apporté ici la proclamation—M. Farmer— m'ayant appris que vous désiriez être renseigné par moi touchant la loyauté de la population de cette paroïsse, j'ai l'honneur de vous dire que presque toute la population est fidèle
à la reine et désire faire partie de la confédération canadienne. J'ai récemment parlé de
cela à un bon nombre de personnes, et toutes ont exprimé le désir de s’enrôler comme volontaires pour aller chercher l'honorable Wim. McDougall et le reconnaître comme gouverneur de ces territoires, eb aussi pour aider à faire respecter la loi anglaise et à maintenir l’ordre parmi nous. À la résidence de M. Johù Taylor, une déclaration à cet effet se signe en ce moment. Je suis cerbain que si vous veniez au milieu de nous, Ou si quelque personne à ce autorisée faisait appel aux volontaires, je ne crois pas qu'un seul de la paroisse refuserait de s’ y rendre, à part quelques individus d'aucune importance et qui feraient bien de s’éclipser le plus tôt possible. Je vous envoie copie des résolutions passées à une assemblée publique tenue le 29 novembre chez M. Taiït, c’est-à-dire avant l'émission de la proclamation, et vous verrez par là que la population fit alors preuve de loyauté ; mais depuis la proclamation, ce sentiment est beaucoup plus prononcé.
Je dois vous faire observer que ia première résolution est défectueuse en apparence.
Pour exprimer l'opinion de l'assemblée, sa dernière partie devrait se lire ainsi: “jus wà ; jusq
ce que le gouvernement canadien soit inauguré, et alors nous lui donnerons notre appui.” Tout en faisant les vœux les plus sincères pour le succès de votre entreprise,
Je me souscris votre, etc., JAMES CARRIE,
Bénéficier de la paroïsse d'Headingly.
Vrve LA REINE !”
[G. H.] | = - À Phonorable William McDougall, C. B., Lieutenant-Gouverneur du territoire Britannique. du Nord-Ouest de l'Amérique.
N ous, soussignés, habitants des Grands- Côteaux, désirons exprimer à Votre Excel- . lence, comme représentant de Sa Majesté, nos sentiments de loyauté envers Sa Majesté la
Reine de la Grande-Bretagne et d'Irlande, ainsi que notre ardent désir de voir arriver Votre Excellence saine et sauve au milieu de nous, et nos profonds regrets de voir que de fâcheuses circonstances nous aient si longtemps privé de votre présence,
Signée par 61.
(@) | | WinxipiG, 4 décembre 1869.
Au Colonel Dennis.
Moxsieur, —J’ai Y'honneur de vous informer que je me suis rendu à l’école de Kildonan. Un accident survenu à ma voiture na retardé d’une heure. L'école était pleine de monde et je fis connaître de suite l’objet de ma présence. J'ai lu votre commission et, l’entête de la liste d’enrôlement. Après avoir fini de parler, quelques-uns des plus Âgés me questionnèrent sur la légalité de cet enrôlement. Je discutai la‘question, mais sans parvenir à les convaincre, bien que la majorité fût adverse aux arguties légales, mais je crus qu 1} valait mieux satisfaire à leur volonté et je consentis à remettre l'assemblée à ce matin, à 10 heures, afin de leur donner le temps d’obtenir l'opinion du juge Black.
Je leur ai ditque les seules autorités légales : le gouverneur, M. Richards, et le juge Black, étaient'convaincus de sa légalité,
Je les ai rencontrés de nouveau ce matin à 10 heures, mois ils n'étaient pas si nombreux. Le juge Black avait donné son opinion, —ces hommes étaient parfaitement satisfaits, —et ils se firent inscrire au rôle. J'inscrivis 60 noms, et de suite je formai une compagnie. Je nommai les officiers et 4 sergents," 1 officier et deux sergents pour les districts où se trouve leur escouade ou division. L'assistance était nombreuse : ; on doit s’assembler de nouveau lundi à 1 heure. A cette réunion, j'attends plus de 100 hommes, et j'aurai alors deux compagnies (officiers compris) de formées et prêtes à mareher à l’appel de leurs lieutenants et enseignes. Je suis venu ici pour aider au Dr. Schultz et au parti. Je vais tout organiser militairement et constater la quantité d'armes et de munitions. Nous allons nous réunir ici, veiller toute la nuit et repousser l'attaque, mais je ne permettrai à qui que ce soit de la provoquer. Voulez-vous envoyer des munitions, etc., car nous devrions déjà en avoir près d'ici. Je pense que nous devrions avoir des provisions, ete., d'emmagasinées en ce lieu. Le local peut en contenir beaucoup, et lorsque les gens du Portage descendr ont, il en faudra nécessairement.
La population d'ici désire ardemment voir l’organisation complétée le plus tôt possible, car le parti français va en augmentant. Il y a presque eu démonstration hier au soir. M. # # * a aussi mis sa maison à notre disposition, pour le logement des hommes ou des provisions, «
Si vous m’envoyez quelques crdres, j je les exécuterai sans retard. Pour défendre la place, je pense que nous serons environ T0 ce soir. L'accident arrivé à ma voiture hier soir et mes occupations m'ont empêché de remettre votre lettre au juge Black, maïs je la lui ai envoyée ce matin. Grand nombre de personnes sont remplies de courage. Les fusils manquent. Siles armes disponibles au Fort étaient envoyées à la maison de M. Prud’homme ou ailleurs, elles seraient très utiles, car beaucoup en manquent. A leur arrivée, je pren-
drai des! mesures pour les mettre en sûreté.
Je suis, ete., ©. W. Bouzror, Major.
| 6 décembre 1869.
(K.) | Au Lieutenant-Colonel Dennis. . .
Moxsieur,—J'ai l'honneur de vous apprendre que je suis arrivé vers 11 heures hier soir, eb que j'ai rencontré un messager qui m'a dit de prendre des précautions pour entrer en ville. J'ai en conséquence laissé cheval et voiture à * * *, Je-suis allé à pied en faisant le tour par la rivière > et j'entrai chez le Dr. Schultz vers minuit. ‘La ville était pleine de
Français, qui paradèrent çà et là, placèrent des sentinell s tout autour de l'habitation du docteur et nous linrent ainsi en alerte toute la nuit. Le plus grand nombre de Français qui aient quitté le Fort pour venir en ville était de 96. On les à comptés à mesure qu'ils passaient. [ls n'ont fait qu'aller et venir toute la nuit. Ils étaient environ 70 ou 75 chez le docteur. J'ai réuni les officiers de ‘la compagnie, ainsi que le Dr. Schultz et M. Snow, et leur ai communiqué vos ordres, tout ‘en faisant connaître les raisons pour lesquelles ïils ne devaient pas séjourner davantage à cette place, ct ils consentirent à se retirer. Je laissai des instructions quant à la manière dont ils devaient agir, eb en partant je leur donnai l’ordre sévère de ne pas rester plus tard qu’à deux ou trois heures du matin. Je partis ensuite avec Hallett pour la paroisse St. Jacques ; j'ai assisté à l'assemblée à neuf heures—et je traversai la Prairie jusqu'à Küldonan,-où je fis faire l'exercice à environ 100 hommes, et plaçai les provisions, couvertures de laine, etc., chez * * *, endroit le plus commode pour les y mettre, en attendant de nouveaux ordre de votre part. Je fetournai à la ville vers quatre heures, mais je ne pus entrer voir ce qui les retardait, et j'entendis dire que: la maison du Dr. Schultz était cernée. J'e rencontrai *'* # qui y entrait et lui demandai de me faire savoir ce qui se passait. J’allai le trouver à sa demeure et il me dit qu'il n'avait pu entrer, Jui non plus, du moins qu'il n'avait pas cru prudent d'entrer. J'ai quelque crainte à leur égard. J’ignore pourquoi ils ne sont pas sortis. S'ils sorlent, je ne pense pas que les Français fassent feu les premiers, mais ils commencent à avoir Pair très mal disposés, et l’évêque MecCrea me dit qu'il y à au moins 600 hommes armés en sus du nombre en communication avec le Fort, On pense qu'il devrait être fait quelque tentative pour en arriver à une solution paisible de la difficulté, en discutant la déclaration des droits telle qu imprimée. Riel à fait un tel déploiement de forces que, comme ennemi, il n’est pas à dédaigner. Je ne vous communique ici que les opinions exprimées dans les conversations que j'ai entendues, La population des environs voudrait bien prendre un parti, mais il semble qu elle se laisse alarmer facilement. I1 y aura presque deux compagnies dans cette paroisse. St. Paul a fourni 43 noms et la paroisse de Hallett seulement 16,—tous bien disposés.
L'assemblée était peu nombreuse. M. * * * dit que la paroisse, se laisse ‘passablement diriger par Bannatyne et M. McKinney, ce qui explique tout. Je me proposais d'aller ce soir en ville voir si je pourrais parvenir jusqu'à la maison du Dr. Schultz pour avoir de leurs nouvelles, mais comme * * * y est allé, j'ai cru mieux faire en restant ici, vu qu'étant soupçonné, Je pourrais être fait prisonnier.
À maintes reprises, j'ai recommandé aux Canadiens de souffrir l’insulte plutôt que de provoquer une attaque ou de tirer un seul coup. Je crois qu'ils ont tous compris qu'il y avait nécessité de se soumebtre à cette recommandation, et ils se montrent très prudents. J'ai su que ce soir ils n'étaient pas. plus de 25 ou 30, plusieurs étant partis. Je suppose que l’ordre une fois connu, ils ont décidé d’évacuer la place, mais j'avais pourtant dit au Dr. Tynch de n'en rien laisser savoir tant que les préparatifs ne seraient pas faits. Je joins à celle-ci une lettre de l’évêque. Les Français semblent désirer de n'avoir pas à se mesurer avec les Anglais et Ecossais, et si à l’aide de l’organisation l’on peut prendre une attitude ferme, il se pourrait qu’une solution pacifique en “soit le résultat. On dit que les Français ne peuvent maintenir longtemps leur organisation, parce que leurs familles se trouveront bientôt dans le dénûment, si elles n’ ÿ sont pas déjà. Demain matin, je chercherai à savoir où en sont les affaires. Si les Canadiens partent, les Français vont se trouver
maîtres de la ville aussi bien que du Fort. Je vous ai rendu compte de tout ce qui m'a :
paru digne de mention. ; J’ai l'honneur, etc.