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. à dire avec lui que les gens n'étaient pas disposés à tolérer plus longtemps la domination : de ce parti, mais ils craignaient que le résultat d'un appel aux armes entraînerait la ruine ; des propriétaires, dont les récoltes, les animaux, etc., seraient certainement détruits par les : Français. Ils admettaient en même temps qu'il ne restait rien autre chose à faire, si les : Français insistaient à établir leur gouvernement provisoire. L'entrevue chez M. Hallett terminée, M. Taïit me conduisit à la villede Winnipig. , Je trouvai le Dr. Schultz et le reste du parti loyal du village dans un état de grande ! anxiété au sujet de ce qui allait arriver. Le parti français avait, une couple de jours ÿ auparavant, pointé deux canons de six sur la maison du Dr. Schultz, et les hommes se : tenaient, mèche allumée, prêts à faire feu, en conséquence du refus du docteur de remettre à Riel les provisions confiées à ses soins eb appartenant au gouvernement canadien. * Cependant, Riel y pensa à deux fois, et voyant que le docteur ne pouvait être imtimidé,
L'opinion publique était très agitée. Les deux imprimeries avaient été saisies et étaient
É en la possession de Riel. Cependant, M. Grant, de mon bureau, aidé de plusieurs autres É- * Canadiens, fit un certain nombre de copies manuscrites de la proclamation qui furent distri- “buées dans l’après-midi'et dans la soirée ; quelques-unes furent envoyées au portage de la Prairie, et d’autres furent placardées dans la ville de Winnipig. É: J’allai voir l’évêque, l'archidiacre McLean, M. James Ross, le rév. M. Black, le juge É: Black et d’autres personnes de l'Etablissement ‘d'en Bas. M. Ross et le rév. M. Black, de L ‘Kildonan, n'étaient pas chez eux lorsque jy allai; je ne vis pas non plus le juge Black, qui était monté au Fort Garry. J’appris que le major Boulton, du parti d'arpentage de M. RE Hart, était entré en communication avec ces messieurs ; que des hommes avaient été enrêlés Re avaient commencé à s'exercer en plusieurs endroits de l'Etablissement. Ai Ces deux messieurs avaient déjà donné la preuve de leur vif désir d'aider à établir le à ‘gouvernement, leurs opinions s'accordant avec celles précédemment exprimées, et de plus, payant eu l'assurance de M. William Dease, qui représentait les Français loyaux, eb chez qui j'ai passé une couple d'heures hier soir en m'en allant au Fort Garry, que l’on pouvait Æcompter que plus de quatre-vingt-dix hommes de ce parti combattraient côte à côte avec files Anglais et Ecossais loyaux pour le rétablissement de l’ordre, j'en conclus qu'il était de’ Hmon devoir, en vertu de ma commission, de faire un appel, convaincu qu il y avait toute Mprobabilité que l’on y répondrait généralement. J'e dois dire ici qu ‘en réponse à ma ques- Btion, M. Dease m'informa qu'il ne pensait pas que les hommes sûrs, dans le parti de Riel, Mdépasseraient le nombre de trois cents.
M: Convaincu que les insurgés s’empareraient du Fort de Pierre aussitôt que mon arrivée Pdans l'Etablissement et la nature de mes ordres seraient connues, je me rendis immédiateément à cet endroit, où j'arrivai vers six heures du soir. 11 fut formé/une garde dès le. soir Bnème, grâce aux efforts des membres du clergé ci-haut nommés et de quelques autres peronnes loyales qui envoyèrent des messagers dans différentes directions de cette partie de Etablissement: La population, sous un aussi bref avis, montra beaucoup d’empressement, Éürtout la paroisse St. Pierre, où les gens sont pour la "plupart des Sauvages civilisés et Rhrétiens, confiés aux soins spirituels des rév. archidiacre Cowley et M. Cochrane, et qui F: éconnaissent Henry Prince pour leur chef; ils répondirent promptement à l'appei. Vers ; matin, il.y avait environ 120 hommes dans le fort, dont la majorité venait d’en bas. Îne quarantaine de jeunes gens avaient pris l'habitude, depuis plusieurs jours, de 56 unir pour faire l'exercice militaire dans un des magasins de la compagnie ici, leur ins-
‘ucteur étant M. Wim. Durie, élève de l’école militaire, appartenant au parti d’ arpentage e M. Hart, qui travaillait dans cette section. de l'Etablissement. Ces j jeunes gens avaient nssi passé la nuit au fort. Ayant réuni ceux qui se trouvaient dans le fort, je leur lus la roclamation, qui fut bien reçue; je leur expliquai aussi le but de l'appel qui leur avait s fait, ‘et les priai de faire connaître la proclamation le plus possible. -
J EUDI, 2 décembre.
“ Je m'aperçois que beaucoup de gens sonb très mal armés et que ceux qui ont.des mes n'ont que des fusils de pacotille. J'ai envoyé des réquisitions partout où j'avais
raison de croire que je pourrais me procurer des armes, mais je pense qu'avant d'en pouvoir recueillir une quantité suffisante, il me faudra envoyer de maison en maison dans l'Etablissement.
J'ai expédié un messager à M. Hart et à ses gens, leur enjoignant de cesser leurs | travaux d’arpentage et de venir m'aider à faire l'organisation. Je fis rapport au gouverneur À MeTavish de mon arrivée et de l'occupation du Fort de Pierre, en lui mentionnant le but de cette occupation et lui transmettant aussi copie de ma commission. Les communica. À tions avec lui se font trés difficilement, parce qu'on ne laisse entrer ou sortir aucune lettre k du Fort Garry, si on en a connaissance. ‘ |
J'ai envoyé chercher le major Boulton, qui à été très actif dernièrement à aider les gens à s'organiser, et lui ai donné des instructions positives à l'égard de l'enrôlement. ‘| Avec son aide et celle de M. Inkster pour St. Jean, M. Gardiner pour St. André, M. f Bunn pour Mapleton et St. Pierre, je divisai les paroisses en districts militaires, indiquant dans chacun le point de réunion pour les exercices.
! Vingt-et-un Canadiens de la ville de Winnipig se présentèrent en corps ce soir et s'enrôlèrent. Ils me disent que les Canadiens de la ville sont au nombre d'uné trentaine, et qu’ils désirent tous servir. J'ai donc chargé le Dr. Lynch, élève de l’école militaire, d’enrôler une compagnie à Winnipis, devant être composée des Canadiens et autres gens du voisinage, Comme les Canadiens connaissent tous plus où moins les manœuvres, je chargeai le Dr. Lynch de les organiser seulement, et de les laisser ensuite tranquillement chez eux jusqu’à nouvel ordre. Il m'a semblé que leur présence en cette localité sous ces circonstances, et après leur avoir enjoint, d'éviter de donner la moïndre cause de mécontentement aux Français, ne pouvait produire d'irritation, et que le fait qu'ils étaient là aurait l'effet d'empêcher toute attaque contre la vie ou les biens de la population loyale de ville. Je confiai l’enrôlement ici à M. William Durie, et chargeai M. A. N. Muckk, élève de l’école militaire, de ce devoir dans le haut de St. André, et l'extrémité, nord de St. Paul. Kildonan et l’extrémité sud de St. Paul furent confiés à M. Cowland, officier volontaire anglais.
Le juge Black à passé plusieurs heures avec moi durant la journée.
J'envoyai au capitaine Webb, officier volontaire canadien et élève de l’école militaire | qui faisait des arpentages sur le haut de l’Assiniboïne, instruction d'interrompre ses tra vaux et de se rendre avec son personnel, composé d'élèves de l’école militaire, au Portag} de la Prairie, afin d'y organiser quatre compagnies, et lorsqu'il les aurait organiste équipées et approvisionnées, de m'en avertir par exprès, et d'attendre mes ordres, tout e exerçant ses hommes activement dans l'intervalle.
J'ai réuni les gens du chef “Prince” dans le Fort aujourd’hui. La proclamatio leur fut lue et expliquée en langue sauvage; elle fut aussi lue en anglais, beaucou d’entre eux comprenant assez bien cette langue, après quoi je leur expliquai, en me fais interprêter par * * * , la manière dont le pays était devenu annexé au Canada, aïnsi qu le but du gouvernement. Ils me parurent tous loyalement disposés, criant vivat pour | Reine, et ceux qui avaient des fusils les déchargeaient avec un enthousiasme évident.
Sachant que le lieu‘enant-gouverneur était opposé à l’enrôlement, pour le mometi des Sauvages, dans le but de combattre les insurgés, et tel étant aussi mon opinion, toute reconnaissant qu’il serait impolitique de refroidir la loyauté naissante de ces gens en ref sant complètement leurs “ervices, je fis choisir au chef cinquante de ses meilleurs homm pour leur faire garder le Fort. Je lui expliquai que ni lui ni ses gens ne seraient appelé à se battre, excepté dans le cas où le Fort serait attaqué, et comme c'est un homme intell gent, je luien.fis connaîtré les raisons. Ilse déclara parfaitement satisfait, et me quitt évidemment fier du service dont il était chargé. Je payai et renvoyai le reste de ses gen après les avoir remerciés au nom du gouvernement de la promptitude avec laquelle i avaient offert leurs services. .’ - .
J'ai écrit au lieutenant-gouverneur (Vôir lettre de cette date). M. Dease et le Di Schultz ont passé la soirée‘avec moi. M. Dease à encore confiance dans l'attitude qi prendront les Français loyaux. cut UE |
enmtmmenmne ne
! Les presses de la ville restant sous la garde armée des Français, j'ai envoyé M. Laurie, “imprimeur pratique, chercher à Winnipig une petite presse à bras et des caractères que me : prête le Dr. Schultz.
VENDREDI, 8 décembre.
: J'ai fait l'inspection du fort, examinant le contenu des inagasins, etc., et ordonné de “ transporter près des murs extérieurs du fort de grands bateaux de la Baie d'Hudson qui ‘avaient été remisés pour l'hiver. J'ai ordonné de vider et nettoyer les bastions, fait le : dessin d'uu train pour monter un canon de cuivre do six, trouvé dans un coïn des maga- ; sins. Donné l’ordre de faire construire ce traiu par M. Avel, l'ingénieur de la compagnie 5 au Fort d'en Bas.
Le rapport des enrélements faits dans les différentes paroisses me donnant l'assurance “ que l’on parviendrait à lever la force nécessaire, je donnai des ordres pour la livraison de : bœuf ob d'autres provisions que l’on doit apporter au fort. 4 "M. Hart, arpenteur provincial, et excellent homme d’affaires, a été nommé quartier- L maître, eb est entré de suite en fonction. La presse à bras étant arrivée ce matin, M. F. ‘ Laurie composa eb imprima la proclamation, dont un certain nombre d'exemplaires a été É: de suite distribué dans l'Etablissement.
| Il parait y avoir eu beaucoup d’excitation lier soir dans la ville de Winnipig, à en : F juger par une note que je reçois du Dr. Schultz, dans laquelle il dit que Riel et 24 homes É'entrèrent chez lui vers minuit, mais que s étant attardé de quelques heures chez M. John È ÉTait, en montant, il avait ainsi évité d’être fait prisonnier. Il dit aussi que des perquisi- B:tions ont été faites par toute la ville pour trouver le Dr. Bown, mais que ce dernier s'était 'enfui eb était caché en quelque endroit que personne ne paraissait connaître. M: Vers le milieu du jour, le Dr. Bown est arrivé en compagnie de M. Stuart Mulkins, ù employé dans non bureau, au-dessus duquel il (Bown) s'était caché la nuit dernière et Fn'avait pas été découvert, quoique la maison eût été fouillée par Riel et ses gens. J'ai écrit au Dr. Schultz que les Canadiens de Winnipig deyaient se tenir parfaite- F5 “ment tranquilles et rester chez eux, et ne pas provoquer, soit par des actes ou des paroles, B'aucune atiaque de la parë des Français : ; même supporter leurs insultes sans y répondre, et fine pas tirer sur lés insurgés à moins que ces derniers ne fissent feu les premiers. Je lui D représentai qu'un conflit en ce moment aurait peut-être, vu que nous n’étions pas encore Le parfaitement préparés, des résultats désastreux. M5 J'ai écrit au gouverneur Melavish, lui demandant des ordres pour me faire remettre Piles armes qui pouvaient se trouver aux postes suivants de la compagnie, savoir :—10. Fort FAlexandre ; %0.: Plaines du Cheval-Blanc; 30. Portage de la Prairie; 40. Pointe-auxhènes, Manitobah. Dans la soirée, je reçus sa réponse, marquée “ B.” - J'ai eu de nombreuses visites de gens de l'Etablissement qui manifestent un grand désir de contribuer à abattre les Français qui sont maintenant au Fort Garry. MS Apprenant que M. Boyd (de la maison Boyd et Inkster) avait une grande quantité de Éépoudre, un certain nombre d'armes, des couvertures de laine, et une quantité considérable Wide viande, je les envoyai quérir, et ils furent apportés dans le cours de la journée. Les usils furent immédiatement distribués parmi ceux qui n'avaient pas d'armes, Je fis aussi ire que partout où l’on pouvait s'en passer, je désirais que. l’on envoyät au fort, pour usage du gouvernement, toutes les armes disponibles.
SAMEDI, 4 décembre.
J'ai reçu une note du Dr. Schultz ce matin, dans laquelle il dit qu'un certain nombre : le Canadiens enrôlés et autres se sont réunis chez lui hier soir ; qu'ils y passèrent la nuit, paremment à sa demande, parce qu il craignait une attaque contre sa maison eb les proisions du gouvernement confiées à ses soins ; ; que dans le cours de la soirée, des bandes aées du parti français se présentèrent à plusieurs reprises autour de sa maison eb de ses épendances, évidemment dans le but de provoquer une attaque de l'intérieur ; qu’ils êrent plusieurs fois boire à l'auberge d'O’Loan ; qu'ils y furent harangués: par Riel, -eb nfin ils -vinrent:se placer.en face de la maison, "firent plusieurs manœuvres; ‘envoyèrent 12—15
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des individus en arrière, etc., et retournèrent ensuite au fort, laissant le Dr. Schultz et ses compagnons, entre une heure et deux du matin, sans les avoir molestés, D'après ce qui s'est passé hier soir, il est évident pour moi que les affaires sont dans
‘un état très critique à Winnipig. Un seul coup de feu tiré par l’un ou l’autre partipourrait
amener les résultats les plus déplorablec. Jusqu'à présent, la force que j'organise n'est pas en état de permettre de risquer une rencontre, et elle ne le sera probablement pas d'ici à dix ou douze jours. Je vais donc ordonner aux Canadiens de se retirer de Winnipig, et à cet effet j'ai écrit l’ordre dont copie est marquée “ À 1.” J'ai aussi envoyé des instructions au major Boulton à ce sujet, marquées “ À 2.” Ecrit äu Dr. Schultz dans le même sens. (Voir copie marquée “ À, 3.7)
Vers le soir, M. James McKay et un M.N olin, Métis français, sont arrivés, apportant une copie de la “ Liste des Droits” des Français —la première que j'aie vue-—et disant que leur but était de savoir—désirant vivement voir la paix se rétablir—jusqu'à quel point je pouvais les mettre en mesure de promettre aux Français que ces droits seraient garantis par M. McDougall. ‘
Je leur expliquai que je ne pouvais leur donner aucune assurance quelconque, —que je ne pouvais que dire que j'avais raison de croire que quelques-uns de ces ‘ droits,” comme ils les appelaient, seraient concédés par le gouverneur, maïs que je croyais que certains autres ne pouvaient l'être.
M. McKay me pria, au nom du reste de l'Etablissement, de différer encore quelque temps l’ordre de prendre les armes, parce qu'il croyait toujours que les choses pouvaient être réglées à l’amiable, eb il représenta dans un langage très énergique les forfaits qui seraient commis si les hostilités commençaient, à cause des instincts féroces et vindicabifs de ces hommes. Il exprima l'opinion que si le sang était répandu dans l'Etablissement, M. McDougall et sa famille, à Pembina, seraient assassinés, et de’ plus, que même actuel lement ma propre vie était en danger ; il me conseilla, d’après ce qui était venu à sa connais. sance, d'être très prudent dans mes mouvements en dehors du fort.
À l'égard de la perspective d’un réglement pacifique, il dit qu'il était convaincu que, même à présent, si le parti français pouvait être assuré que M. McDougall était réellement porteur d'une commission sur parchemin revêtue du grand sceau, et qu'il avait été bien et dûment assermenté comme lieutenant-gouverneur, il ne s’opposerait plus à son entrée.
Je donnai alors à M. McKay le mémoire marqué “ À 4, ”et il partit avec M. Nolin, espérant fermement que ma proposition aurait l'effet de faire disperser les Français.
M. Alexander McKenzie, Métis écossais, de la paroisse de Mapleton, qui avait autre. fois été pendant quelques années à la tête d’un poste de la compagnie dela Baie d'Hudson, m'a été présenté aujourd’hui, et s’est déclaré prêt à enrôler une compagnie dans sa paroisse. Je lui donnaiï donc l'autorisation nécessaire.
J’ai reçu la note (marquée ‘ E ”) du major Boulton, ainsi qu'une autre du Dr. Schultz (marquée “F. 7
DIMANCHE, 5 décembre.
J'ai envoyé des ordres pour l’enrôlement d’une compagnie à St. J acques, et une autre à Headingley. L'ordre pour cette dernière paroïsse à été énvoyé dans une lettre adressée au Rév. M. Carrie. (Voir note de M. Carrie précédemment reçue, marquée “ G.”) Il y avait, avec la lettre que m'écrivait M. Carrie, une adresse de bien-venue des habitants ds Grands Côteaux, sur l’Assinniboine, au lieutenant-gouverneur , marquée “ G. H.” . M. Joseph Marion, Métis français, du parti loyal, qui avait été envoyé au Portage de li Prairie, avec M. Farmer, pour afficher la proclamation, le ler du mois, est arrivé dans le cours de la journée. Je l'envoyai à M. Dease, en faisant dire à ce dernier d’armer ses hommes et d'attendre des ordres. |
J'ai reçu une seconde lettre du major Boulton, marquée “ I. ” Cet officier et M. Snow vinrent me voir dans la soirée. M. Snow désire’ beaucoup que l’on permette aux Canadiens de rester dans Winnipig, afin qu'ils puissent garder les provisions du gouverne ment, etc. Je lui dis que ceux qui y resberaient après les ordres que j'avais ‘donnés ls
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eraient à leur risque eb péril ; que comme représentant du gouvernement, je ne désirais p£ ( x é £ » J pas que la garde des provisions fût la cause d'un conflit dans le moment actuel.
Luoxpt, 6 décembre.
Certaines personnes m'ayant dit que l'adhésion serait plus complète si je faisais un appel, en l’accompagnant de la preuve évidente de mon autorité, je le fis composer hier, à l'arrivée de la presse, et aujourd’hui il a été imprimé et publié, (Voir copie marquée “K 1. ”)
J'ai reçu une lettre du major Boulton sur l'état des affaires de Winnipig (marquée “K.”) J'écrivis et envoyai de suite des ordres péremptoires, réitérant ceux du 4 de cè mois, que les Canadiens quittassent la ville. (Voir copie marquée “ K 2. ”)
J'ai.écrit à M. James Ross, en réponse à sa note (‘ K 4”). Réponse marquée “K 3.” . .
Apprenant que M. Grant, du ruisseau de l'Esturgeon, avait un obusier d'un faible calibre, je l’envoyai chercher après lui en avoir écrit.
Le juge Black a passé une heure ou deux avec moi, aujourd'hui M. Sutherland, membre du conseil de la colonie, et officier de la compagnie de Kïldonan, est aussi venu, avec M. McBeth. M. Sutherland paraissait être fortement d'opinion que si je voulais m'aboucher avec le conseil des Français, celà aurait peut-être pour résultat de l'engager à envoyer une délégation au lieutenant-gouverneur. Je me déclarai prêt à le faire, et il partit avec l'entente qu'il devait voir les chefs français demain matin, et négocier une entrevue, si c'était possible.
Manpi, 7 décembre.
Hier soir, vers huit heures, un M. Alexander Black et sa femme sont venus me voir. : Mme Black était allée en ville pour consulter le Dr. Schultz comme médecin, et avait eu beaucoup de difficulté, me dit-elle, à entrer dans le village, et encore plus chez le docteur, parce que la place, et surtout la maison de ce dernier, était étroïlement investie par le parti français.
Elle m'apporta un message verbal du Dr. Schulëz, vu qu'il craignait de lui confier une lettre, à l'effet qu’une quarantaine de Canadiens étaient assiégés dans sa maison, et qu'ils ne pouvaient sortir pour aller chercher des vivres, du bois ou de l’eau, et demandaient du secours. Il est clair que cela ne serait pas arrivé si mes ordres réitérés, que les Canadiens eussent à quitter la ville, avaient été obéis. Ma force dans l'Etablissement n'était pas encore organisée ; et n’ayant encore reçu aucune nouvelle du Capt. Webb, je compris que cette crise pouvait avoir les plus graves conséquences.
Pensant, cependant, à l'effet moral que l'arrestation des Canadiens aurait sur l’objet que j'avais en vue, il me sembla qu'il était de mon devoir de les secourir si c'était possible ; et croyant, comme le disait Mme Black, qu'il n'y avait pas plus d'une cinquantaine de
direction du Fort d'en Bas, les gardes français se replieraient sur le Fort Garry, et donnuraient ainsi le temps aux assiégés de sortir et de revenir avec nous, —et que je pouvais les secourir de cette manière. sans en venir nécessairement aux mains, je résolus d'avoir recours à ce MOYEN.
Une quarantaine d'hommes de ia compagnie dont le quartier-général est au Fort de ÿ Pierre s’exerçaient alors et se déclarèrent prêts à y aller. Je me procurai un traîneau et * me rendis à l'Etablissement, afin de réunir, s’il était possible, soixante autres volontaires 4 parmi les hommes enrôlés, sous l'impression que j'aurais peu ou point de difficulté à # trouver ce nombre dans St. André. Je m'aperçus, cependant, que je ne pourrais avoir la # force requise, et même il me sembla qu'il y avait absence complète de l’ardeur qui existait auparavant. Quelques-uns des principaux citoyens de St. André, qui occupent la position d'officiers dans les deux compagnies de cette paroisse, c'est-à-dire, M. D. Gunn, M. Joseph à Macdonald, M. Thomas Sinclair, me rencontrèrent chez le Rév. M. Gardener, et il devint & évident qu'il me fallait abandonner le projet de secourir les Canadiens. Ë- J’exprimai la conviction que certaine influence devait avoir produit un changement É dans les sentiments des gens, et ces messieurs s’accordant avec moi, dirent qu'il devait
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