LA VOCATION DE SŒUR MARIE
Pourquoi es-tu triste, ô mon âme, et pourquoi me troubles-tu ? il est vrai, j'ai perdu le charme de ma vie. la douce amie de mon cœur ; blanche colombe, elle s'est envolée dans l'arche, car elle ne savait où poser son pied sur la terre ! Qui me donnera les paroles d'un ange pour raconter les secrets inertables de cette âme du cielll... Il s'agit d'une vierge que Dieu a bénie entre toutes ses compagnes d une favon merveilleuse. II a ouvert ses trésors pour orner son âme d'une éclatante parure d innocence et de sainteté. Il veut en faire son épouse 1 0 Claire ! ô Thérèse ! ô Jeanne de Chantai ! ouvrez vos rangs I voici votre nouvelle sœur qui s'avance ; elle a votre amour, votre courage; la voilà jetée parmi vos épreuves ; elle est marquée du même sceau : ne la
(1) Emilie de Villeneuve, qui prit le nom de sœur Marie, lorsqu'elle fonda à Castres le couvent de l'Immaculée-Conception. Cet écrit est daté du 23 novembre 1836.
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reconnaissez-vovis pas? venez poser sur sa tête sa couronne de fiancée et moi, quelle a laissée dans cette
poussière du monde, me promenant sur des précipices, je vais essayer de chanter son épithalame !
Quand elle était avec moi, nous nous donnions la main et je marchais plus ferme ; mais aujourd hui mes pas sont chancelants : je vois au-dessous de moi des gouffres épouvantables; la crainte glace mon cœur!... Mais, o mon àme, pourquoi es-tu triste et pourquoi me troublestu? Lève les yeux vers les montagnes, n'apervois-tu pas déjà les pieds de Celui qui vient t'annoncer la paix? Oh ! qu'ils sont beaux ses pieds !... que doit être son visage? c'est Lui qui vient remplacer tout ce que j'ai perdu. 0 mon Sauveur ! Que vous êtes aimable ! Je vous embrasse avec transport et d'une manière si étroite que si je tombe dans l'aljîme, je vous entraînerai avec moi; et l'enfer même alors me deviendra le Ciel !
Mais, si je pleure mon Emilie, vous ne vous offenserez pas de mes larmes, vous qui avez pleuré Lazare ! bénissez-donc ces lignes que je vais tracer pour charmer mon ennui, et faites, ô mon Dieu I qu'elles tournent à votre gloire.
Le comte Louis de ^'illeneuve, ancien officier de marine, chevalier de Saint-Louis, épousa au retour de l'émigration Rose d'Avessens, remarquable par la soUdité de son esprit aussi bien que par son instruction étonnante chez une femme. Petite fille du grand Riquet, elle en avait aussi l'énergie et la capacité. Pendant la