EPITRE A MA VIEILLESSE
C'est à toi, ma vieillesse, que je dédie ce journal de mes jeunes années. Quoique je n'aie pas pour toi un grand attrait, je veux pourtant faire tous mes etTorts pour t'entourer de bonheur. L^n auteur que j'aime de préférence a dit que la jeunesse n'est heureuse que parce qu'elle ne sait rien, et la vieillesse si malheureuse que parce qu'elle sait tout. En dépit de mon admiration pour Chateaubriand, j'ai la prétention de te prouver que l'on peut trouver des charmes dans le souvenir. Je ne t'aperçois encore qu'en perspective, et, sauf le respect que je te dois, tu ne me parais pas gentille.
Je vois d'ici tes rides vénérables, tes cheveux blancs, ton dos voûté... Mais, si ton aspect est repoussant, que ta bonté fasse oublier ces petites disgrâces. Tu ne rabâcheras pas au moins l'histoire de ta beauté passée, de tes succès mondains, car je ne fus jamais ni belle, ni flattée.
Je voudrais bien te donner encore quelques avis importants ; mais, comme il ne sied pas au disciple d'ins-