MOK PREMIER RO^IAN
Oh ! si tu savais, chère amie, quelle humiliation, quel mécompte d'amour-propre je viens d'éprouver ! tu ne me plaindrais pas, méchante ! mais tu rirais comme les autres, j'en suis sûre. Eh bien ! voici mon histoire. Tu sais ma passion malheureuse pour la lecture, et combien l'on est sévère à mon égard pour le choix des ouvrages que l'on me permet. L'autre jour, impatientée plus que de coutume, à cause d'un refus que je venais d'essuyer pour un roman de Walter-Scott : — « Eh bien ! dis-je dans mon impatience, puisqu'on m'interdit le roman le plus innocent, je vais en faire un ; on me permettra bien de le lire, j'espère! » Aussitôt dit, aussitôt fait; et, de cette belle colère, sortirent les pages que voici :
(1) Adressé, sous forme de lettre, à sa cousine et amie Elisa de Raynaud.