‹ CorrespondanceChapitre 134 sur 224 · II · texte numérisé non relu

II

garde comme un souvenir de tendresse et de douleur ^ Combien tout le passé qu'elle me rappelle repasse tristement à travers mon âme, et aggrave le poids du présent! Le vent de la vie a poussé des nuages bien noirs vers notre couchant. Heureux celle qui s'est endormie, lorsque l'astre qui échauffe et anime la création luisait pour elle dans sa pleine splendeur ! L'amour de Celui qui prévoit tout a voulu garantir celte fleur délicate de la brise du soir ^.

Si j'étais prés de vous, la conversation ne tarirait pas ; dans une lettre, je ne sais que vous dire. La princesse de Craon vient de publier un nouveau roman ; je ne l'ai pas lu encore : on en parle peu. J'ai rencontré dans le monde mislress Trollope : représentez-vous une large figure, d'une cinquantaine d'années, qui ne dit rien; du reste, bonne femme, à ce qu'il m'a semblé. Il y avait, dans la même maison, plusieurs Anglaises, l'une desquelles m'a rappelé qu'elle m'avait, il y a dix ans, rendu le service de raccommoder mon habit, à Naples, dans l'auberge où nous demeurions ensemble : cette rencontre m'a paru bizarre. — On a bien déchiré ce pauvre habit, depuis ce temps-là.

Adieu. Prenez, l'un et l'autre, grand soin de vos santés qui me sont si chères ; la mienne est extrêmement faible, et je suis souvent tenté de ne la trouver que trop bonne ^i

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