AVERTISSEMENT
Le second volume de ce recueil est entièrement consacré à la mission que Carnot remplit dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais du la mars au 6 août 1793. Carnot eut pour collaborateurs deux de ses collègues : 1" jusqu'au 8 avril, Lesage-Senault, député du Nord, ancien négociant à Lille, âgé de soixante-lrois ans; 2° Ernest Du({uesnoy, député dii Pas-de-Calais, cultivateur et avocat, âgé de quarantequatre ans.
Carnot, après avoir, par un heureux hasard, échappé au sort des commissaires de la Convention livrés aux Autrichiens par Dumonriez, et pris, à Douai et à Lille, du 2 au 1 3 avril, toutes les mesures nécessaires pour rallier l'armée et mettre ces villes en état de défense, partit à cette dernière date avec Duquesnoy pour la Flandre maritime. 11 résida désormais à Dunkerquc, à Bergues et à Casse!, mais le plus souvent il parcourait le pays, inspectant les fortifications, assistant aux assemblées des conseils généraux de départements, de districts et de communes, et il allait de temps en temps aux réunions plénières que tous les commissaires de la Convention en mission dans le Nord tenaient chaque semaine dans un bureau central établi d'abord à Douai, puis à Arras.
Les questions les plus importantes dont Carnot s'occupa furent: 1" le recrutement pour la levée de 3oo,ooo hommes
Il CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT.
décrétée par la Convention le ai lévrier 179.'}; 2" Tarmenient des places fortes; •> l'approvisionnement des départements dn Nord; Zi° les opérations militaires dans la Flandre maritime.
La division de l'armée du Nord, qui opérait sur cette partie de la frontière, était commandée par un vieux général d'origine irlandaise, O'Moran, couvert de blessures et accablé d'infirmités, pouvant à peine se tenir à cheval. 11 avait sous ses ordres trois généraux de brigade : le Breton Pascal de Kerenveyer, d'origine noble, vigoureux et actif, malgré ses soixante-quatre ans, commandant de la place de Dunkerque; StettenholTen , Autrichien de naissance, officier brave et entre])renant; etRichardot, soldat de fortune, d'une santé déplorable. Les opérations militaires se bornèrent le plus souvent à des affaires d'avant-postes, malgré les objurgations des représentants. L'événement capital fut l'expédition dirigée contre Furnes le 3i mai 1798 et dans laquelle Carnot et Duquesnoy marchèrent à la tête des troupes et s'emparèrent de la ville.
Carnot fut rappelé le G août au sein de la Convention, mais le 1 1 il fut renvoyé à Arras pour s'entendre avec le général Houchard sur le plan de campagne à suivre. Le 1/1 il l'epartit pour Paris, le jour même où la Convention le faisait entrer, avec Prieur, de la Côte-d'Or, dans le Comité de saint ])ublic. C'est à cette date que s'arrête le second volume de la Correspondance.
Les sources originales du présent volume sont les suivantes :
1° Les Archives nationales. Outre la correspondance des représentants j'ai eu la bonne fortune de compulser les papiers du général O'Moran, confisqués lors de l'arrestation de cet ollicier au mois d'août 1793. Ils conq)rcnncnt deux cartons
AVERTISSEMENT. m
col/'s AFll 55 et 5 G, et ils m'ont fourni-, pour la campagne de la Flandre maritime, beaucoup de documents nouveaux (').
2° Les archives historiques et administratives du Ministère de la guerre, dossiers de l'armée du Nord, correspondance générale, etc.
3° Les archives départementales du Pas-de-Calais, à Arras. J'ai dépouillé les nombreux registres de correspondance de l'administration du directoire du département, où toutes les lettres étaient copiées par les soins du président Ferdinand Dubois, et les dossiers provenant des districts. J'y ai fait une ample moisson de pièces inédites, grâce au concours de mon érudit collègue M. Loriquet, archiviste départemental, et de son collaborateur, M. A. Lavoine. J'ai plaisir à les remercier ici.
li° Les archives départementales du Nord, à Lille. Ce dépôt m'a fourni un certain nombre de documents. Mes collègues, M. Jules Finot, archiviste départemental, et M. Jules Flammermont, professeur à la Faculté des lettres de Lille, ont bien voulu m'aider dans mes recherches et ont droit à toute ma gratitude.
5" Les archives municipales de Douai, de Lille, de Dunkerque, de Bergues et de Saint-Onier. Je dois rendre grâces à la parfaite obligeance de MM. Brassart, à Douai. Rigaux, à Lille, Braels, à Bergues. et Laiiwereyns. à Saint-Omei'.
*'' Voici iino desciiptioii soiiiiii.iii-p do 1798; 11° 188, six caliirTs ou i-e-
(los précieux papioi-s du général (t.Mo- gisti-es : 1° livre d'ordres du {[(înéral
ran ; O'Moran du 1" mai au q6 juillet 1 793 :
I^ carton AFII 5.ï comprend deux o" récapitulation du travail journalieiliasses renfermant 617 pièces adres- du qo novembre 1793 au G juin 1793; séps h O'Moran , savoir : liasse n* 1 85 , 3° notes diverses du 28 novembre 1 -rf\ 388 pièces, presque toutes de >793; au G juin 1798; 4° manuscrit en anliasse n* 18G, Sag pièces, les unes {[lais, de 1 791 ; 5° livre de corresponanlérieui-es à la Itévolution , lesauli-es dancc du général O'Moran du 3 no- Ue 179'iel 1793. vembre 179^! au 10 juillet 1793;
I^ carton AFII :tù comprend deux G" livi-e de rorr'espondance du 1 5 juillet
liasses : n° 187. 200 pièces, la pluparl au T) aoùl 1 793.
IV COUIIKSI'ONDA-NCE GÉNÉRALE DE CARNOÏ.
Eafiii il in est agréable de répéter que dans tous les dépôts publics j'ai rencontré le concours le plus empressé et de remercier une fois de plus tous ceux qui m'ont aidé à remplir ma tâche, notamment MM. Emile Campardon, Rocquain et A, Tuetey, des Archives nationales, et MM. Huguenin, L. Hennet et Martinien, des Archives de la guerre. J'ajoute que M. A. Chuquet a bien voulu reviser les épreuves de ce volume et me faire profiler de son amitié et de son expérience.
Étiknmc CHAHAVAY.