CARNOT ET DUQCKSNOV À LA CONVENTION
Saint-Omcr, ic «9 avril 1798, l'an u de la République.
Citoyens,
Nous venons de parcourir les forteresses, camps et cantonnements (le la frontière du Nord, depuis Lille jus(|u'à la mer. Cette frontière offre un résultat satisfaisant, et l'on travaille activement sur tous ses points à rendre sa défense de plus en plus respectable. L'ennemi menace beaucoup, mais jusqu'ici nous ne voyons pas que ses moyens répondent à ses fjrands projets. L'opulence et la prétendue faiblesse de Dunkcrque leur avaient persuadé qu'elle ouvrirait ses portes à leur première sommation. Pour semer l'alarme dans les villes voisines et
le sa juin 1791, congédie le 36 août 1792, et de division le 17 pluviôse an tu (5 fé-
rapitaine d'une compajjniefrancheen 179.3, vricri799), comte d'Lncbour|f le 1" avril général de brigade le 97 septembre 1793 1809, mort i Cassel le i.5 juillet i83o.
128 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [19 avril 1798.]
jclcr le découragement dans les campagnes, leurs nombreux émissaires et les traîtres qu'ils soudoient dans l'intérieur avaient partout répandu que cette ville était déterminée à ne faire aucune résistance : mais les Dunkerquois ont à soutenir une vieille gloire qu'ils préfèrent à leur fortune, et nous les avons trouvés disposés à s'ensevelir sous les ruines de leur cité, plutôt que de l'abandonner aux ennemis.
Quoique sans murailles, cette ville est, par sa position, susceptible d'une très grande défense. Pour seconder le courage de ces bons républicains, nous avons ordonné un retranchement dans l'intérieur de la ville, au moyen duquel on peut, sans compromettre la sûreté des habitants, soutenir l'assaut sur les remparts de terre qui forment son enceinte. Nous avons aussi commandé qu'on armât sur-le-champ des espèces de chaloupes canonnières, qui battront l'estran et rendront les approches presque impraticables. La plus grande ardeur anime les citoyens; les officiers municipaux sont sages, fermes, et savent faire aimer la loi. On est décidé à se barricader dans les rues, pour se défendre jusqu'à l'extrémité, et les membres de la société populaire ont arrêté, à une de leurs séances où nous avons assisté, qu'ils iraient eux-mêmes aux travaux de la fortification , pour donner l'exemple.
Tous ces moyens soutenus par 18,000 hommes qui, dans les vingt-quatre heures, peuvent arriver, en cas d'attaque, des cantonnements et places environnantes, nous donnent la certitude morale que les ennemis n'auront pas même le faible avantage de s'emparer d'une ville qui ne compte point parmi les places fortes et derrière laquelle se trouve la véritable barrière, la ligne cent fois inexpugnable formée par Gra vélines. Calais, Saint-Omer, Aire, Saint-Venant et Béthune. Nous allons parcourir successivement et plusieurs fois ces différentes villes pour en ordonner et suivre les dispositions défensives '*'.
Les représentants de la Nation,
députés pnr la Compétition nationale
aux armées du Nord et des Ardennes,