DU CONSEIL EXÉCUTIF, AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES LE BRUN
Le général Pascal est courageux et patriote. Une certaine apparence d'inertie morale me l'a fait regarder comme un être sans moyens ; mais deux longues conversations me l'ont fait mieux juger. Son seul tort est dans sa crainte d'agir sans autorisations successives. Un fond de bonhomie et un physique peu imposant aident encore à le rapetisser aux yeux du juge superficiel. 11 ne se grise pas, comme on l'a dit. Sa souplesse physique , la clarté de sa vue h son âge de plus de soixante ans et sa santé robuste déposent en faveur de son activité et de sa sobriété. L'indiscipline des volontaires et fédérés le chagrine. Il donne des ordres formels, mais plusieurs chefs les méprisent, les soldats les imitent, rt Si j'avais, me dit-il, des tentes, je les tiendrais réunis et très sévèrement; mais, faute de ce moyen, je ne puis les contenir et il est possible qu'en cas d'attaque une partie se dispersera dans les jardins touffus qui m'environnent, ji Je le crois comme lui'"'.
(Orig., Arcli. des affaires étrangères, France, 3a4, fol. i34.)
'■' Lo 39 avril Gadolle fait de nouveau l'cloge de Pascal-Kerenveycr ( Orig. , Arch. des affaires étranjj. , France , 3 a 4 , fol. 1 6 1 ) :
itCe vert, actif et très sobre vieillard est un modèle de régularité militaire. Sa fermeté soutenue envers nos volontaires et surtout les gendarmes qui sont ici lui attire des dénominations malhonnêtes ou anti-civiques par ceux qu'il subordonne.
Ces dénominations vont à Paris où elles
prennent de l'importance, et voilà la niarclio des délations. Si j'avais un défenseur de place à choisir, ce serait le ferme Pascal. Peut-être ne lui confierais-je pas une armée, parce que je craindrais que son habitude à vouloir tout écrire et copier luimême ne prélevât sur ses instants celui d'une idée heureuse que l'astuce militaire inspire quelquefois et don! dépend presque toujours le succès d'un ennemi sur l'autre.?)
DUMKERQUE, a6 AVRIL lygS.
LE GÉNÉRAL PASCAL-KEREXVEYEn À LA MUNICIPALITE DE DCNKERQUE.
Citoyens municipaux ,
J'ai l'honneur de vous envoyer l'original de la lettre que je viens de recevoir du commandant anglais ''', en réponse h celle que je lui ai envoye'e le matin par le pécheur Keyser. Je n'ai point de réponse à y faire et je m'en liens à ce que je lui ai mandé ; je vois que l'on veut nous amuser. Quand vous aurez donné communication h la commune de cette lettre, je vous prie de me la renvoyer afin que je la communique au général O'Moran et au ministre de la guerre. Au reste je ne répondrai en aucune manière aux rodomontades , de quelques paris qu elles me viennent.
Le général de brigade,
Pascal-Kerenvever.
(Inipr., Arcli. de la guerre, armée da Nord, à ta dale da s6 avril 1793.)
lille, 96 avril 1793. carnot et ses collègues
péronne'^'.
Lille, ati avril 1798.
À LEURS COLLÈGUES À VALENCIENNES f'^' ET À PÉRONNe'^'
Nous venons de prendre deux arrêtés dont l'importance nous a pani telle que nous avons cru devoir vous envoyer un courrier extraordinaire pour vous les soumettre et vous prier d'y apposer votre signature. (]elui qui concerne les indemnités est d'une justice si manifeste et si nécessaire pour mettre fin aux mécontentements des citoyens qui ont rendu des services à la République , qu'il ne paraît pas pouvoir éprouver de diiricullés; l'autre concernant les fournitures de fourrages nous a paru la seule mesure ciipable d'arrêter l'affreux système d'agiotage par lequel il semble qu'on a conjuré la ruine de la République. Il a été discuté profondément et rédigé de concert avec les administrateurs des départements du Nord et du Pas-de-Calais et avec le commissaire ordonnateur Petiljean. Comme cet arrêté embrasse les quatre départements voisins de notre frontière, qu'il est de la plus haute importance ([u'une pareille mesure soit uniforme et n'éprouve aucune contradiction,
'■> Cf. le leilo (le ri'ltp jpllre ri-dessus, '•' Brioz et du Bois du Bais,
p. i56. W Delhrel p| Houx-Fazillac.
158 GORRESPOINDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [26 avril 1798.]
nous avons pensé qu'il fallait lui donner toute l'autorité possible et, si vous êtes dans la même opinion , vous vous empresserez d'y adhérer.
( Arch. dép. du Nord, L, liasse i4o6, cahier de corr. des représentants.)