L. Cabnot, Duquesnoy, P.-J. Dlhem
(Orig.,Arcb. nal., W 36o, 769, d' U.)
77. LILLE, a5 AVRIL 1 ygS. — arrêté de carsot et de ses collègues.
AU KOU DE Ik BÉ PUBLIQUE F Ri XC AISE.
Nous, représentants de la Nation, députés de la Convention nationale aux armées du Nord et des Ardenncs, vu les représentations qui nous ont été faites concernant les indemnités dues à différents propriétaires et fournisseurs des départements du Nord, du Pas-de- Calais, de la Somme et de l'Aisne, pour les pertes qu'ils ont éprouvées par l'effet des hostilités qui ont lieu sur cette frontière, arrêtons que l'ordonnateur en chef Petiljean est autorisé à faire payer sans délai les sommes dues aux particuliers qui ont fait des fournitures aux troupes de la Républi(jue ou des charrois pour l'armée, ainsi que pour les dommages et dégâts occasionnés par les campements, cantonnements et inondations, sur la vérification qui en sera faite par les officiers municipaux, l'avis des administrateurs de district et l'arrêté des administrateurs du département, ordonnons en conséquence au payeur général de l'armée du Nord de tenir à la disposition de l'ordonnateur en chef Petitjean une somme de 3oo,ooo livres pour être par lui employée au payement de l'arriéré dû dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de l'Aisne et de la Somme, à la charge d'en rendre compte à nous et au Conseil exécutif pour, après ladite somme employée, ordonner le supplément qui sera jugé nécessaire pour l'entier payement des fournitures faites à l'armée de la République.
"' Cet arrête csl de la maiu de CarnoL Une copie esusle aux Archives ualioiialcs, AF 11 aSa, n* 229.
15^1 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [aS avbii. 1798.]
Le présent arrêté sera imprimé et envoyé aux départements et dans les communes pour être exécuté sur-le-champ.
Fait à Lille le 26 avril lygS, l'an 11 de la République française.
L. Carnot, P.-J. Duhem, Delbrel, Lesage- Senablt, Roi;x-Fazillac, Gaspabin, Dlbois- DuBAis, Charles Cocnoîi, Briez, De Bellegarde, Lequinio, Courtois, Duquesnoï.
(Imprime, Aixh. nul., AFii i3i.)
ùb avril 1793. LE GÉNÉRAL O'MORAN À CABNOT ET À DUQUESNOÏ.
Citoyens représentants ,
Je m'empresse de vous envoyer sans dëlai copie de la sommation faite au général Pascal par le commandant d'une escarli-e anglaise devant Dunkerque. J'y joins la réponse du général Pascal à cette fameuse dépêche '''. Vous pouvez compter sur tous mes efforts pour rendre victorieuses dans cette partie les armes de la République. Vous connaissez , citoyens représentants , mes besoins et ceux des corps sous mes ordres. Le premier bataillon du Pas-de-Calais est le seul jusqu'à présent qui a reçu des hommes de nouvelle levée poiu' le compléter.
(Arch. nat., AFii 56, rqj. du général O'Moran, n° i.)
CAMP SOUS DUNKERQUE, 25 AVRIL lyg-J. LE GÉNÉRAL PASGAL-KERENVEYER AU MINISTRE DE LA GUERRE.
Au quartier général de Vinck en Teleghem sous Dunkerque, le a 5 avril, l'an ii de la République.
LE gÉxÉRAL de brigade PàSCÀL-KEREKVEÏEll , COMUAXDAXT 1 DVNKEIiQEE ET ARRON- BISSEUEXTS ET CANTOMIEMBUTS DO CORPS DE TROVPES COVYRAyj CETTE PLACE , AV CITOYEN BOVCHOTTE , MIHISTRE DE LA GUERRE.
Je viens de recevoir, à une heure du matin, la lettre surprenante que vous m'avez écrite en date du a 9 de ce mois. Investi d'une fonction sublime, vous apprendrez bientôt la valeur des délations populaires et les apprécierez à leur juste
(" Cf. la lettre du commandant anglais nouvelle de la sommation faite à Dun-
et la réponse énergique du gcnéral Pascal- kcrque par les Anglais que Carnot et Du-
Kcrenveyer à la date du ai avril 1798, quesnoy partirent le a6 avril pour cette
p. 1^4 et i45. C'est après avoir reçu la ville où ils arrivèrent le 37 au soir.
degré de confiance. Vous apprendi'cz par expérience à connaître les hommes, avant de les humilier, et vous leur rendrez la justice qu'ils méritent.
Je ne suis pas commandant temporaire de la ville de Dunkerque ; j'y commande en général, ainsi que dans les places de Gravelines, Bergues, Aire et Saint-Omer, sous l'autorité du général de division le citoyen 0' Moran , et sur ma propre responsabihté, d'après mes sentiments intérieurs et le serment de fidélité qjie j'ai juré h la Répuhhque française. Mon serment écrit, signé, scellé par moi, est à la Convention nationale.
A la honte de tous vos prédécesseurs , le plus ancien maréchal de camp employé dans les neuf armées de la République, j'ai vu, sans me dégoûter d'un état que j'exerce depuis cinquante ans , élever au grade de lieutenant général quarante intrigants mes cadets et je reste fidèle à mon poste.
Je joins à ma lettre un imprimé qui me fera sufllsamment connaître d'un citoyen ministre qui, .sans doute, a les meilleures dispositions.'Celle par laquelle je vous ai rendu compte de la sommation qui m'a été faite et que vous avez dû recevoir par un courrier extraordinaire, dépêché au citoyen Albarade ''', vous convaincra de mes sentiments , de mon civisme et de mon énergie pour la chose publique '"'.
F.-N. Pascal-Kerenveyer.
P.-S. Si vous désirez des éclaircissements plus amples, je puis vous en fournir. Le journal de ma correspondance, celui des ordres que je donne journellement eu seront les garants.
(Copie, Arch. nat. , AFii 55, i85 , n° i55.)
'" Jean D'Albarade, ne à Biarritz (Basses- Pyréni'Os) 1r 3 1 août 17/18, contre -amiral , ministre de la marine du 10 avril 1798 au i3 messidor an m (1" juillet 1795), mort à Saint-Jean-de-Luz le .3i «léccpiibre 1819. (Cf. Commuiiay, D'Albarade, dans la lietue de Gatcogne, nov. 1888, p. 485- 5o3.)
'" Le 28 avril Pascal-Kerenveyer crri\ il au général 0' Moran la lettre suivante (orig. aul., Arch. nal., AFii 55, i85, u" i5'j) :
Au quartier ^n^ral sous Dunkerque, ie t8 avril lygS , Tan II de la République f^aDrai^e.
ff Général, irJ'ai riioniieur de vous envoyer copie de
la lettre que j'ai reçue du ministre de la guerre et de la réponse que j'y ai faite. Je vous avoue ingénument que, d'après ma conduite et mon patriotisme, je ne devais pas m'altendre à une pareille sortie de sa part. Je vois bien (juc l'on m'a desservi auprès Je lui et ([iie des calomniateurs auront, comme c'est Pordinaire, pris le masque du patriotisme pour me desservir. Au reste j'ai pris mou parli, et toutes les dénonciations possibles ne m'empècberont pas de faire mon service avec l'activité et le zèle d'un vrai républicain.
<rL« général de brigade,
(tPASCAL-KlinF.SVEÏEn.)>
On a vu précédemment que le général fut souvent on butte à la calomnie.
156 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a5 aviul 1793.]
DEVANT DUNKEnQUE, 2 5 AVRIL 17g3. JOHN CLEMENTS,
COMMANDANT DE LA FLOTTE BRITANNIQCE, AC GÉNÉRAL PASCAL-KERENVEïEn.
Monsieur,
J'aLeu l'honneur de recevoir votre re'ponse h ma lettre par Keyser le pêcheur. Conformément à ma promesse , je l'ai relâche'. Je ne doute point que M. Pascal Kerenveyer n'exécute de tout son pouvoir les ordres qui lui sont confiés ; je désirerais que ses talents militaires fussent employés pour l'honneur et défense de son roi, au lieu de les consacrer à des gens amhilieux, dont le but tend évidemment à la destruction totale de sa malheureuse patrie.
John Cléments.
(Impr., Arcli. de la (juerro, armée du Nord, à la date du a6 avril 1793.)