‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 141 sur 388 · L. Garnot, DrouESNov · texte numérisé non relu

L. Garnot, DrouESNov

(Copie aut. de Diiquesnoy, Aixh. de la çucrre, armée du Nor<l et des Ardcnnes.) O On lit en léte, de la main de Guyton-Morveau : irReçu le i" mai.-'

[•jg AVRIL 1793.] MISSION DANS LES DKPARTEiMENTS DU NORD. 175

DUNKEnQUE, 9g AVRIL 'ygS.

BAPPORT DU GÉMiRAL O'MORAn'" À CABNOT ET À DIQUESNOV.

BEPRÉSEXTATIOSS DU GÉ\ÉhAL DE DlVlSIOy O'MOrtAy IIELÀTIVES À L'EMOI DES TROIS MILLE UOMilES DEMANDÉS PAll LE GÛsÉRÀL EV CHEF DAMPIERHE , SOUMISES AUT REPRÉSESTAMS DE Li yATION.

Il est de mon devoir d'exposer aux reprc'sentants les inconvénients que j'enlrevois à dégarnir le camp de Cassel des 3,ooo hommes d'éiile cpie demande par l'orgfane du général La Marlière le général en chef Dampierre. Premièrement , les 3,000 hommes demandés composant la presque totalité de la force disponible de Cassel , leur départ laisse ce point sans défense et par suite compromet les départements du Nord et du Pas-de-Calais , (pic cette position couvre avec tant d'avantage. Il résulte encore de là que les villes de Dunkei-que et de Bergues se trouvent exposées d'autant [dus éminemment que, si cette dernière place tombait aux mains des ennemis, la communication de Gravelincs et Dunken[ue avec LiUe et Saint-Omer se trouverait nécessairement coupée, parce ([ue l'ennemi, maître de Watten, le serait bientôt de Saint-Omer, du moment qu'il croirait pouvoir impunément laisser derrière lui la position de Cassel dénuée de ressources pour s'opposer avec quelques succès à l'incursion des troupes ennemies sur le territoire de la République.

J'observe en outre que la conservation des côtes nécessite indispensablement le concours d'une force suHisante de cavalerie : le 5' régiment de chasseurs est la seule troupe disjioniblc de celte arme et j'estime qu'il serait inlinimcnt dangereux de les éloigner dans un moment où Dunkerque paraît mcaacée par la connaissance que nous venons d'avoir d'une flotille de trente bâtiments de transport convoyée par des bâtiments de guerre, sur laquelle on doit raisonnablement supposer de 6.000 à 7,000 hommes, qui, joints à 18,000 ou 90,000 répartis entre Bruges, l'Écluse et le sas de Gand, composent une armée de 3o,ooo hommes environ, qui peut en deux jours de marche forcer nos canlonnements à se replier sur Bergues et Dunkerque. Au surplus, je soumets aux lumières des représentants de la Nation des observations aux(pielles je n'attache d'autre prix cpie d'être dictées par le plus pur patriotisme et le zèle le plus ardent pour le salut et la gloire de la République. Telle est mon opinion : je propose de la développer dans un conseil de guerre, si les représentants de la Nation jugeaient h propos d'en convoquer un dans celte circonstance, mais dans tous les cas je serai toujours prêt à la sacrifier, lorsque l'intérc't pubhc |)aralti'a l'exiger.

P. S. Dans le moment où je termine ces observations , le guetteur vient me

t'' Le 98 avril i79,3,le(;ciicral O'Moraii dément du camp de Cassel à un mareclial

s'était présenté au district de Ber(jues el de camp. ( Arrli. dép. du Nord, L, reg. du

avait déclaré qu'H transférait son quartier district do Bergues, fol. 'l'i v°.) Cet ollicier

général à Dunken|ue el laissait le coinman- était le général SteltenhofTen.

17() COHRESPONDAiNCK GIÎNKRALE DK CARNOT. [ag avril 179.3.]

prévonir do rap|)<nri(ion do dix Imliiiionls do plus faisaiU i-niilo vers la rado d'Ostoiido.

(Arch. ii.il., i\Ku 56, io|;. du (jénrial O'Moran, n" i. — Copie, Arch. n.it., AFii aSg , 11° aoo. — Aich. (If la i;ufi'ro, iimiéo du Nord et des Ardonnes, à la dale du i" mai 1793.)

87. Dl'NKKRQUE, !? (J AVllII, ^'/(ji- AlUiÉlK DE CAnNOT ET DE DlQtES.NOV.

Nous, représentants de la nation, députés par la (lonvenlion nationale aux armées du Nord et des Ardennes, va les considérations qui nous sont présentées par le général O'Moran , considérant que le général Dampierre n'a pu être informé encore des forces ennemies qui viennent de se porter à Oslende et que l'exécution ed l'ordre donné par lui de détacher 0,000 hommes du camp de Cassel laisserait les villes de Bergues et de Dunkerquc, ainsi que le camp de Cassel et toute la frontière du Nord et du Pas-de-Calais, à l'incursion des ennemis et à une invasion certaine, arrêtons que le départ des 3, 000 hommes demandés par le général Dampierre au général O'Moran sera suspendu jusqu'à ce que le général Dampierre ait été informé du débarquement des troupes à Ostende '''.

Dunkerquc, le 99 avril.

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