L. Car.not, Duquesnoy
(Orig. aut. de Carnet, Arch. dép. du Pai-de-Calais, L, district de Bétbune, liasse n* ;i'i9 - Copie, Arcb. nat., AFii i3i.)
'■' I.es citoyens Alexandre et Uugariii ((X extrait des registres du conseil général
(ou Durarin) avaient, le 26 avril 1793, du district <le Bélliunc, Arrli. dép. du Pas-
rlonnc leur démission d'administrateurs du dc-Calais, L, district de Bétliune, liass»
district de Béthuiic pour raison de santé. u° aïs.)
CORRESPOÎSDA.NCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [6 mai 1798.]
6 MAI 1793. LE GÉNÉnAL BICHARDOT AU cfMnkh O'MOBAN.
Le 6 mai ^qS, l'an ii de la République.
Je m'empresse , mon ge'néral , de vous rendi'c compte que le gdnëral Stettenhoffen a été h Poperinglie aussi heureux que moi à Rousbrugge '''. Vu des relards imprévus par les mauvais chemins, il n'est arrivé à Poperinghe que vers les h h. 1/2; il y a trouvé trois à quatre cents hommes d'infanterie et soixante hussards de Blankenstein. Ces troupes ont presque été surprises , mais , revenues de leur frayeur, elles ont fait la plus vive défense. Un feu terrible de mousqueterie a duré pendant près d'une heure, toujours dans les rues. Les troupes de la République aux oi'dres du général ont perdu deux ou trois volontaires fpii ont été tués et un q\ii a été blessé. C'est ce que m'a dit le général lui-même , et ensuite mes camarades qui y étaient, mais l'ennemi a infmiment perdu; on en a fait une boucherie. Les rues étaient jonchées d'ennemis et de leurs chevaux morts au point d'encombrer le passage. Le généi'al leur a aussi fait 9 1 prisonniers et 7 à 8 chevaux. Cette journée coûte cher à l'ennemi, surtout ])our une attaque de petits postes. Ils ont perdu au moins 70 hussards et autant de chevaux tués ou pris et en infanterie plus que du double. 11 est heureux pour le général , qui , comme moi, n'avait point de canon, [que] 35o hommes, 5o hussards et 9 pièces de canon soient partis dans la nuit de Poperinghe pour aller renforcer Rous-
C C'est probablement à une de ces expéditions que se rapporte la lettre suivante, écrite du camp du Mont-Cassel, le 12 mai 1798, par Pioire-Auguste Lingce, volontaire des fédérés nationaux , a' bataillon , 1 " compagnie, âgé de 17 ans, servant depuis deux ans dans rarnic'c du Nord. (Cf. Chronique de Patit, n" j/i3, 28 mai 1798, p. i). Cette lettre montre que si les volontaires commettaient souvent des excès, ils n'en fiisaicnl pas moins preuve d'humanité et de dévouement.
«Ces jours derniers nous avons été à Bergues pour nous battre avec les hussards , les Hollandais et les émigrés : nous les avons battus tous et fait 1 5o prisonniers dans un village près de Bergues, où était le cantonnement dfes Hollandais. Nous avons mis le feu dans le corps de garde et tout auprès nous avons vu une mère aussi tendre que vous, maman. Lorsque nous avons entre pour mettre le feu chez elle, elle donnait le sein à son petit enfant; autour d'elle se trouva sa petite fdic et un jeune garçon
qu'elle aimait infiniment. Sitôt que nous fûmes entrés , elle se mil à crier, en serrant tous ses enfants dans ses bras : (t Généreux Français, sauvez ces jeunes répubUcains, victimes des tyrans , et faites de moi ce que vous voudrez!» Aussitôt je me suis précipité dans les flammes et parmi les baïonnettes pour la défendre, et, me tournant en face de mes camarades, je leur dis d'un ton ferme que quiconque s'aviserait d'attenter à sa vie périrait de ma main, ou que je mourrais. Là-dessus je vis le spectacle des assassins de Coligny, qui, ramenés par le sentiment, restèrent immobiles et pâlirent d'effroi de leur cruauté. Ainsi, grâce à mes soins, j'ai eu le bonheur de conserver la vie et de protéger une famille éplorée. Je vous entends, ma rlière maman m'en remercie.'; — La Chronique (te Paris fait suivre cette lettre de la mention suivante : tt On peut vérifier le fut chez les parents du jeune homme, demeurant au couvent des Lrsulines, faubourg .Saint- Jacques, -î
[7 MAI 1793] MISSION DANS LES DEPARTEMKiNTS DU NORD. 215
brugge. C'est le détachement avec lequel je me suis renconti'e' sur la grande route h Proven et que j'ai été pour battre et mettre si fort en fuite (jue le capitaine Lauvrai, du régiment, qui pendant le combat de Poperinghe était embusqué sur la route de Poperinghe à Rousbrugge, m'a rapporté que les canons, les hussards revenaient au grand galop et l'infanterie à toute course et dans le plus gi'and désordre, qu'au moment où ils se disposaient à les charger, ils se sont jetés comme un éclair à gauche et, sans lui tirer un seul coup de canon ni de fusil, ont fui jusqu'à Y])res. S'il eut osé quitter le poste dont il était chargé, il les aurait suivis et leur aurait fait grand mal. Cette terreur est bien heureuse, car si ces deux canons et ce gros détachement étaient renti'és en ordre à Poperinghe , il eût pu balancer les succès du général ou tout au moins faire grand mal, surtout dans des rues, aux troupes de la République.
Demain matin, entre 6 et 7 heures, je passerai la revue du régiment, puis à 9 ou 1 0 heures je ferai partir deux escadrons pour se rendre près de vous h Dunkerque, ainsi que vous me l'avez ordonné. Je me rendrai moi-même h vos ordres demain à Dunkerque vers une heure pour remplir vos vues. Je ne terminerai l'objet des revues commencées que lorsque vous me le direz.
Je vous serai obligé, mon général, d'ordonner au commissaire des guerres qu'il me fasse donner un logement h Dunkerque et qu'il fasse préparer celui des deux escadrons qui vous arriveront demain après midi.
Je suis avec un respectueux attachement , mon général .
ICUARDOT.
(Orig. aul. , Arch. niil. . AFii 55, i85, n° 183.)
SAINT-OMEB, 7 MAI 1798.