LE MINISTRE DE LA GUERRE BOLCUOTTK AD GENERAL LAMARCIIE
AU GÉNÉRAL LAHÀRCIIE , À VALEXClEXyES.
Les nouvelles qui ont élé comiminiqudes au Coniitd de salut publie et au Conseil executif provisoire lui ont ajjjiris que la presque totaliti- de nos ennemis sur la fr&.ilière du Nord se trouvaient rassemblés de Valenciennes h Maubeuge. Cela posé leur a fait naître quelques réflexions dont je crois devoir vous faire pari. Ils ont
O Toustain envoya au ministre de la marine le plan de colle clialou])e le 1 5 juillet 1798. (Arcli. de la marine, BB^ 18, u" 93.)
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pense qu"il serait possible que les troupes du côt(! de Cassel et Dunkerque , aide'es d'iui renfort des environs de Lille, tentassent une entreprise sur Ostende pour brûler tous les vaisseaux qui pourraient être dans ce port appartenant à nos ennemis, et une autre entreprise sur Bruges pour enlever les magasins que l'ennemi jieul y avoii', ou au moins les de'truire complètement; que cette opération ne devrait être qu'un coup de main tenté avec promptitude pour retourner aussitôt reprendre les postes que nous occupons en ce moment-, qu'il en pourrait résulter un avantage, celui de détruire des choses précieuses à l'ennenii, ou de l'obliger à une diversion favorable à la levée du siège de Gondé. Vous aurez aussi à juger de l'utililé do rompre les écluses de Bruges. Telles sont les réflexions, général, que je suis chargé do vous faire passer; elles ne sont pas impéralives, parce que c'est au général qui est sur les lieux à juger du possible et que les pouvoirs supérieurs, en montrant leur sollicitude continuelle pour l'étal de la frontière, qui souvent occupe leur pensée, n'ont cependant p.is l'intention de prescrire impérativement un mouvement de si loin dans cette circonstance.
J'écris dans le même sens aux généraux O'Moran, à Cassel, et Pascal, à Dunkerque, pour qu'ils se tiennent pr/?ts h exécuter les niouvemenls que vous pourriez ordoimer, si vous en preniez la détermination'''. Mon courrier pourra porter vos dépêches à ces deux généraux.
f^s commissaires de la Convention nationale demandent des poudres avec instance, et ces demandes sont aussi consignées dans des lettres de voire élat-major. Je m'occupe d'en envoyer promptcmeut, et à l'époque où j'écris, il a déjà été donné dos ordres depuis quelques jours pour vous en expéxlior 88 milliers Je vous observerai aussi (ju'oii s'est plaint que souvent l'on lirait hoi-s de portée, re (pii aurait l'inconvénient de doubler ou tripler la consommation en poudre et munitions. Cotte circonstance appelle d'autant plus voire attention que nous n'avons rien de plus précieux que les poudres en ce moment, et ipi'un approvisionnement qui pourrait sullire avec un judicieux emploi no le peut plus en suivant la marche de tirer hors de portée, erreur qui serait bien préjudiciable à la chose publicpie.
Le général Cnbourg a fait annoncer qu'il était prêt h rendre le citoyen I^ Cointre ''', capitaine dans un bataillon, ainsi que cinq autres volontaires '''. Vous
'" Cf. la ininuto do la lottro do Bouchottc à fos (ji^nôraux aux Archives do la (fuorro, aniK'o du Nord. Elle a été classée par erreur au i à avril 1 798.
"* Rohert-Galiriel-LThain Le Coinlrc, fils du député de Seine-el-Oise à la Convenlion , avait été livré aux Autricliicas par Dumouriez en mi^nie temps que cinq voliinlaires qui, le 3i mars, s'étaient présentés au camp avec l'inscription do Vive ta Répuhliqiif sur leurs chapeaux. (Cf. Méiiinires He Dumouriez, IV, i'i.5, et A.CIiuquet, La Tnihimin de Diinwiirin , «i 1.) Le lO aviil
le père s'élait plaint à la Convenlion de celle trahison et avait demande (|u'on s'occupât de son fils en mémo temps que des commi-ssaircs. (Cf. Moniteur, XVI, i6'i.)
<'' En effet, le prince de Cobourg avait écrit , le 1 a mai , au génénd l^aniarclie (|u'il était prêt à rendre le capitaine Le t'ointre et cinq autres personnes, dont un lieutenanl-colonel , qu'on lui avait remis comme des assassins (thèse que Dumouriez soutient dans ses Mémoires}^ et I. a marche lui avait n'-pondii qu'on ne peut considérer comme prisonniers (|uo ceux laits an
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voudrez bien réaliser cet échange le plus tôt possible et y faire comprendre le citoyen Pille '■', lieutenant-colonel du bataillon de la Côte-d'Or, et, pour généraliser cet objet, il convient que vous vous occupiez en toute cirronstance de bâter l'échange de tous nos frères d'armes faits prisonniers "'. Je n'ai pas besoin de vous observer que les communications faites en semblable occasion doivent l'être par écrit et par des trompettes, parce qu'il n'est question que de porter une lettre et d'en rapporter une réponse, sans que le porteur doive s'engager dans aucune espèce de conversation , et que les corirspondances respectives doivent toujours être soumises au Conseil exécutif, pour qu'il puisse en informer le Comité de salut public.
Vous sentirez combien ce que je vous demande est juste, propre à écarter les inquiétudes des esprits , les soupçons qui en proviennent et qui finissent toujours par altérer plus ou moins la confiance dont un général a besoin.
Louis XVriI ie 93 du même mois, mort n Soissons le 7 octobre 1828.
'^' Le j6 mai 1798 la Convention décréta que les généraux des armées de la République ouvriront sans délai un cartel d'échange pour tous les prisonniers faits de part et d'autre. Le 1 8 au soir le prince de Cobourg renvoya Lccointre , Pille et les volontaires. Le 1 9 les représentants Cochon, De Bellegardc, Courtois et Briez en informèrent le Comité de salut public par une lettre datée de Valenciennes (Orig. , Arch. de la guerre, armée du Nord) :
ffC'est avec bien du plaisir que nous vous annonçons que Cobourg nous a renvoyé hier au noir les citoyens David, lieutenant au 9* bataillon de Saône-el-Loire; Monligny et Lehiond, sergents; Luquet et Dubois, fourriers au même bataillon; Charvet, canonnier du 1" régiment d'artillerie ci-devant La Fèrc; Robert-Gabriel- Urbain Le Coinlre, fils de noire collègue, et Louis-Antoine Pdle, de Soissons, arfjujudant général, ancien commandant du 1" bataillon de la Côte-d'Or. Ces huit citoyens avaient été arrêtés par ordre de Dumouriez qui les avait livrés aux Autrichiens. Les cinq premiers étaient allés chez lui à Saint- Amand pour le punir de sa trahison et délivrer la France de ce monstre. Les trois autres avaient été arrêtés pour le civisme qu'ils avaient montré en voulant éclairer leurs frères d'armes sur la trahison de Dumouriez. Nous vous prions d'en faire pari à la Convention nationale.»
champ de l'honneur et les armes à la main. 11 ajoutait : trEt peut-on considérer comme tels des hommes qui vous ont été livrés par un Dumouriez, un traître que, loin d'accueillir près de vous, vous auriez dû mépriser et chasser, en l'abandonnant aux remords qui l'attendent?^ (Cf Moniteur, XVI, 390.)
(" Louis- Antoine Pille, né à Soissons (Aisne) ie il> jmllet 1749, élève-commissaire des guerres, secrétaire des intendances d'Amiens, de Rennes et de Dijon de 1767 à 1776, lieutenant des chasseurs volontaires à cheval de Dijon le t" août 1789, chef de bataillon ie 11 novembre 1789, commandant des volontaires de Dijon le 18 avril 1790 , lieutenant-colonel du 1" bataillon de la Côte-d'Or le 3o août 1791, adjudant général provisoire le 1 9 août 1799 , employé à l'armée du Nord le 1 J février 1798, livré aux Autrichiens par Dumouriez le 9 avril 1798, échangé le 1 8 mai 1793, adjudant général chef de brigade le i5 août 1798, général de brigade le 19 frimaire an u (9 décembre 1798), commissaire de l'organisation et du mouvement des armées de terre du 1 8 avril 179/1 "" ' novembre 1795, général de division le i3 novembre 1795, inspecteur en chef aux revues ie 1 9 septembre 1801, oflîcier de la Légion d'honneur le 17 janvier i8o5, chevalier de Saint- Louis le 1 9 juillet 1 8 1 4 , commandeur de la Légion d'honneur le 1" novembre 181 4, retraité le II septembre 181 5, nommé comte pai-
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Vous n'accorderez de permission de venir à Paris à aucun militaire, même avec le motif d'y venir pour les affiiires du bataillon. Le conseil d'administration peut envoyer ses demandes à Paris. Quant h ceux qui viendraient y porter des d(?pêches pour le gouvernement, ils ne pourront y rester vingt-quatre heures, sans que je ne leur en accorde la permission.
(Minute aiil. , Arch. de la guerre, armée du Nord.)