‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 210 sur 388 · SAINT-OMER, 2 2 MAI 1793. CARNOT AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

SAINT-OMER, 2 2 MAI 1793. CARNOT AU COMITÉ DE SALUT PUBLIC

Sainl-Omer, le a a mai 1798, an 11.

LS BEPRÉSENTANT DE LA SÂTIOy ,

DÉPUTÉ DE LÀ COSÏEKTlOy SÂTlOyALB AVX ARMÉES DU SORD ,

AUX REPRÉSBSTAXTS DC PEUPLE COMPOSAfIT LE COMITE DE SALUT PUBLIC.

Nous vous avons fait part, chers collègues, du projet que nous avions formé d'une expédition sur Furnes et Nieuport. On préparait son exécution, lorsque nous avons été instruit par le général La Marlière que 10,000 Hollandais venaient d'arriver à Menin; en conséquence il y eut hier, à Casse!, une nouvelle délibération entre les quatre généraux StetlenholTen, Champmorin'", O'Moran et Richardot, et à laquelle j'assistai (mon collègue Duquesnoy étant à Douai). Il y fut arrêté que dimanche prochain l'expédition sur Furnes et Nieuport aurait lieu, mais qu'au lieu de se porter du camp de la Madeleine sur Ypres, comme on en était convenu d]abord, on se porterait sur Menin où sont les Hollandais, afin d'attirer de ce côté la garnison d'Ypres, (|ui est de 3,000 hommes, ou du moins la tenir <mi échec, de peur qu'elle n'aille au secours de Furnes et Nieuport.

Il y a trois semaines (jue je prêche pour cette expédition. Mais le général O'Moran. qui est très circonspect, a toujours craint de se compromettre, et il faut convenir que nous manquions de beaucoup de choses essentielles. Mais aussi les ennemis qui savent , je ne sais comment, toutes nos résolutions, se sont considérablement renforcés, et je crois qu'il y aurait maintenant une grande imprudence à tenter la prise d'Ostende. Cependant, lorsque nous serons arrivés à Nieuport, si nous voyons qu'il y ait jour à pénétrer plus loin, nous ne resterons pas en chemin.

'■' Félix -Marie -Pierre Chesnon de Champmorin , né à Chinon (Indre-et-Loire) le 1" décembre 1786, élève à l'école du génie de Mézières, ingénieur et lieutenant en premier le 16 avril 1756, capitaine le 38 avril 1768, major le 3 juin 177g, chevalier de Saint-Louis le 6 novembre 1779, lieutenant-colonel le 17 février 1788, colonel directeur des fortifications le 1" avril 1791, marcrhai de camp le 7 septembre 179a, suspendu le i5 jiiillol 1798, n'in-

tégré comme générai de division le a5 prairial an ni (i3 juin 1796), destitué le Il brumaire an iv (a novembre 1795), retraité le 9 messidor an iT(a7 juin 1796), relire à Chinon. — Le général Champmorin avait fail les campagnes de 1739 sur les c()les de Bretagne et de 1760 à 176a en Allemagne. 11 avait assiégé la citadelle d'Anvers en 179a et s'était distingué à la bataille de ÎVcerwinden. (Cf. A. Chuquet, Im trahison ih' Diimomiei, p. 106 et siiiv. )

208 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE GARNOT. [22 mai 1793.]

On m'assure que vous êtes consultés sur la question de savoir si l'on doit tendre les grandes inondations de Condé. On vous en impose, quand on vous dit que la perte est àe ih millions; elle est, au plus, de 3 à 4, mais c'est beaucoup, et je crois qu'on ne doit les former que dans le cas où, par son moyen, on pourrait, avec des bateaux, secourir la place ou noyer les ennemis dans leurs postes. Du reste, les ignorants sont grands destructeurs de faubourgs, grands noyeurs de campagnes, tandis que les gens instruits sont grands conservateurs, qu'au lieu de détruire les faubourgs, ils en font des postes avantageux à la défense môme de la ville, qu'au lieu d'inonder d'avance, ils attendent que les ennemis entourent la ville, pour les noyer dans leurs camps. On demande le ravage des campagnes, afin d'indisposer les habitants, et ce n'est pas là une des manœuvres les moins perfides de l'aristocratie. Tenez-vous en garde contre de pareilles suggestions : j'ai vu, avec une peine infinie , les inondations effroyables qu'on a formées à Lille et à Douai, tandis qu'il suffisait de les commencer, et je me suis opposé'*, absolument à ce qu'on les tendit à Dunkerque, malgré les menaces des ennemis.

Il est bon de vous prévenir que les denrées fournies depuis peu par les pourvoyeurs sont détestables. La provision de vin est des plus mauvaises; je ferai faire là-dessus un procès-verbal. Les étoffes pour l'habillement des soldats sont aussi mauvaises que l'année dernière. Il n'y a que ce qui est fait par les corps administratifs qui soit ])on; je vous envoie un échantillon de l'étoffe avec laquelle on fait les culottes. Vous verrez que ce n'est que de l'étoffe à doublure "l

Vos lois et vos arrêtés sur les subsistances produisent les meilleurs effets''^' : les vivres et fourrages commencent à affluer, et le blé est tombé de lui-même au-dessous de la taxe fixée dans le département du Pas-de-Calais"'.

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