‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 215 sur 388 · LE GÉNÉRAL PASCAL-KEBENVEYER AU GÉNÉRAL O'MORAN · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL PASCAL-KEBENVEYER AU GÉNÉRAL O'MORAN

A Ghyveide, le a3 mai 1798 , à 4 heures du matin. Général ,

La presse que met Ricbardot dans l'expédition et le peu de moyens que nous avons ne laisse pas de donner un certain embarras. Je laisserai le camp tendu du peu que nous avons d'effets et je marclierai la nuit prochaine sur deux colonnes, si Richardot veut agir de son côté. Je donne dans ce moment ordre à toutes mes troupes de se rendre à Gbyvelde; je leur disiribuerai leur em[ilacement et je laisserai dans le camp pour le garder tous les suppléments des corps , après en avoir tiré le détachement dont nous sommes convenus et dont vous avez l'ordre de bataille. Ma première demi-brigade est complète, mais le 8' bataillon du Pas-de- Calais n'a pas de canon. Il faut lui en procurer deux et deux caissons. J'envoie au 1" bataillon de l'Orne à Rex|)oède, à la SV division de gendarmerie, a' bataillon à Oost Gappel et au 7' bataillon de Seine-Iid'érieure, l'ordre d'être à midi à Ghyveide. Je ferai arriver de même le 5' bataillon de Rhône et Loire, de Bambecque et Herzeele h la même heure. Faites partir de Diinkenpic Agenois pour êlre rendu ici à la même heure. Alors il ne me mampiei'a (jue les deux bataillons de Gassel que vous m'avez i)roniis, et tout mon camp sera rassemblé. S'il n'y a pas de tentes pour tout le monde, on couchera au bivouac.

Que Hennet envoie sur-le-champ tout ce qu'il a de canons de position, de pontons et de caissons , de munitions tant en boulots, grappes de raisin, mitraille, que de cartouches d'infanterie. Que l'adininislralion des vivres pourvoie à ce qu'il y ait à la suite de mon armée du pain pour quatre jours, de la viande pour le même temps et du fourrage pour le temps nécessaire à l'expédition , qui ne peut pas être d'un plus long t('uq>s. et dès minuit ou i heure je puis marcher sur Furnes par ma colonne le long du canal et celle (pii se portera le long des dunes de même. Li partie que je ferai marcher sur NieiiporI partira une heure avant moi et se trouvera à hauteur de mon avant-garde qui, marchant sur Adinkerke, passera outre, car l'ennemi ne l'attendra pas. Et je crois que Furnes, sachant que la colonne qui marchera sur Nieuport lui intercepte la communication avec cette dernière place , en sortira sans coup férir et lâchera de se retirer sur Ostende pour en renforcer la garnison, et que c'est là où nous trouverons le plus de résistance.

Si Richardot se porte sur Rousbrugge et longe l'Yser pour se rendre à Dixmude, où il restera jusqu'à ce que je le fasse avertir que je suis maître de Furnes et de N'^'inort, et si Slellenboiren avec sa colonne de Gassel se porte sur Pope-

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ringlie, de deux choses l'une : ces deux colonnes embarrasseront les garnisons depuis Menin et Courtray, surtout si La Marlière partant de la Madeleine fait montre d'une tête vers Warnelon (jui est à nous , ou si ces trois colonnes obligent les ennemis à se replier, Ricliardot peut sortir de Dixmude et gagner la croise'e du chemin d'Ostende à Courlrai, et de Furnes h Bruges. Si nous ne trouvons aucune résistance, je ne séjournerai pas h Furnes et Nieuport et je marcherai de suite sur Ostende , et quand je serai à hauteur de Ricliardot , je l'en ferai prévenir, et nous tiendrons conseil. Je laisserai des détachements h Furnes et Nieuport, afin d'assurer la communication avec les suppléments des cantonnements qui auront resté au camp. Et si nous éprouvons de la résistance à Ostende , comme notre objet principal sera de ramasser et faire refluer en France tous les objets de subsistance qui se trouvent entre l'Ypeilée et la frontière , nous nous en occuperons. Si nous n'en éprouvons pas , Richardot se jettera sur Bruges et après m'être expédié h Ostende, ainsi que nous en sommes convenus, nous reviendrons à Dunkerque triomphanis et riches , après avoir dévasté la Belgitjue.

Voilà , général , mon plan , mes moyens d'exécution ; je vous les soumets. Dans vingt et quatre heures ou trente-six de ce moment-ci , il faut que tout cela soit exécuté et fini , que nous soyons vaincus ou vainqueurs , parce que la presse de Richardot à se faire faire lieutenant général n'est pas plus forte que la mienne à rendre service à la Répubiicpie française , dussé-je rester éternellement maréchal de camp.

Le général de brigade,

Pascal.

Si vous jugez convenable de communiquer aux représentants cette lettre, vous la leur ferez passer ; je n'ai pas le temps d'en faire faire des copies. Comme mon secret y est , il est bon que nous le gardions entre nous.

Pascal.

11 n y aura pas d'excuse pour les chevaux , que l'on prenne tous ceux de la ville, charrois et autres. Je vous prie de m'envoyer les chasseurs à 6 heures du soir.

(Orig. aut., Arch. nat., AF ii 55, i85, n° i34.)

BoccHAiN, 2 4 MAI lygS.

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