‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 217 sur 388 · CAIINOT KT SES COLLÈGUES AU COMITE DE SALUT PUBLIC · texte numérisé non relu

CAIINOT KT SES COLLÈGUES AU COMITE DE SALUT PUBLIC

Douai, le 33 mai 1798, l'an 11 de la République.

IBS REPRÉsE^TAyTS DU PKVI'LE ESVOTÉS PRES L'ÂRUEE DU KORD AUX REPRÉSESTÀSTS DU PEUPLE COMPOSAIT LE COMITE DE SALVT PUBLIC.

Citoyens nos collègues.

Nous espérons nue l'échec essuyé par nos troupes auprès de Valenciennes n'aura pas de suites malheureuses, mais nous ne pouvons vous dissimuler que si dos Inconvénients fâcheux en étaient la suite, ils ne pourraient être attribués qu'à la pénurie dans laquelle nous laisse le Conseil exécutif. Nous manquons, vous le savez, de subsistances, de fourrages, de vêtements, de poudre, d'affûts et des autres effets les plus nécessaires à ime armée agissante. Nous eussions suppléé nousmêmes à la plupart de ces choses, si nous eussions eu des fonds. Nous eussions alors ordonné avec succès que les habitants des campagnes amenassent leurs grains, leurs foins et leurs pailles dans les places, parce que nous les eussions fait payer comptant; nous eussions pu faire marcher l'administration des charrois, qui sert mal parce qu'elle prétend être en avance de 7 millions; nous eussions pu habiller nos soldats, parce que nous eussions fait travailler, l'argent à la main, dans toutes les municipalités. Nous l'avons fait tant qu'il nous a été possible, tant que les caisses de districts ont fourni, mais elles sont à sec toutes et les réfusions qui devaient avoir lieu par la caisse militaire ne se sont nullement effectuées. D'après un aperçu, dont les pièces justificatives

Custiiic accepta ces fonctions et annonça son leur, XVI, ItltS). Il n'arriva i Cambrai que

départ pour Paris. (Cf. sa lettre dans le le a 5 mai. Le (jénéral Cusiine n'avait donc

Moniteur, XVI, Itah), mais, le 18, il clait pas encore pris possession du commandc-

encore à \\ isspndiourj;, d'où il datait un ment eu chef de l'armée du Nord à la date

rapporlsiir ses opérations militaires. Atteint do la lettre du général Lamarclie, qui

de s coliques alTrcusesji, il déclara ne pou- semble même ijjno:er la nomination de

voir se mettre en route que le 21 (Muni- son successeur.

268 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [aô mai 1798.]

sont jointes à cette lettre, il faut au moins 5o millions pour les besoins extraordinaires de l'armée du Nord pendant le cours de cette campagne, c'est-à-dire pour restituer aux caisses de districts ce qui en est sorti et fournir aux approvisionnements des subsistances, fourrages, habillements et équipements indispensables. Le défaut de payement, il faut vous le dire, citoyens nos collègues, le défaut de payement décourage et indispose tout le monde. Nous devons vous observer aussi que l'incertitude des administrations sur les limites de leurs pouvoirs les rend d'une circonspection très nuisible dans les temps de crise. Tantôt vous paraissez applaudir à la vigueur de leurs mesures et les exciter à prendre sur elles, tantôt vous les accusez de contrarier les opérations du pouvoir exécutif. Et cependant le pouvoir e^vécutif ne fait rien, nous laisse mourir de faim, nous laisse sans armes et tout nus. Nousmêmes ne savons souvent quel parti prendre. Vous nous recommandez de ne jamais nous mêler d'administration, ni d'opérations militaires. Nous sentons que cela doit être, mais faites donc que le ministère et les généraux marchent, faites que les soldats ne nous assiègent pas de plaintes évidemment légitimes et d'autant plus pressantes que, nous croyant tous les pouvoirs possibles, ils attribuent nos refus à mauvaise volonté et qu'en général la considération s'attache à celui qui peut.

Le danger n'a point augmenté en lui-même par l'irruption des ennemis. Nous n'avons à craindre que les fausses alarmes que leur audace peut inspirer, mais cette audace doit les perdre. Ils ont attaqué par le point le plus fort; ils se sont engagés dans une frontière hérissée de places fortes; ils doivent y périr tous, si nous avons des généraux pour conduire nos troupes, qui sont pleines de bonne volonté, et des administrations pour subvenir à leurs besoins.

Il est à vous observer, citoyens , que le payeur général a laissé dans Valenciennes, au moment où elle a été cernée, une somme de à millions pour les dépenses à faire pendant le siège ou le blocus de cette place, et qu'on sera obligé de laisser des sommes proportionnées dans les diverses places qui pourraient encore se trouver investies.

jL. Carnot, Lesage-Senault, De Bellegarde, Delbrel, Courtois, Gasparin.

Nota. Le courrier part. Les pièces qui vous sont annoncées par

[q5mai 1798.] MISSION DANS LES DÉPARTEMENTS DU NORD. 269 cette lettre n'étant pas copiées , nous ne pourrons vous les envoyer que

ce soir

(Minute aut. de Carnot, Arch. du Nord, série L, liasse i6o4'"; — Orig. , Arcb. iiat., AF ii a38, n" i6ii; — Publiée dans La iéfeme nationale dam le Nord de 1799 à 1803, par Paul Fuueart et Jules Finol, t. I, p. Ii6ù.)

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