L. Carnot, De Bellegarde, Delbrel, Lesage-Senault
(Copie, Arcb. dép. du Pas-de-Calais, L, dossier des représeotauts en mission.)
BERGUES, 9.5 MAI 17g 3. DCQCESNOY AU COMITE DE SALUT PUBLIC.
Berces, le aô mai 1798, l'an 11 de la République.
IBS «PB tSBMÀKTS DS LÀ NÀTIOS ,
DÉPUTÉS DE LA CONTBMTIOy XiTlOyàLE AUX ARMEES DV XORD ,
AUX ItEPnÉsBXTASTS DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC.
Citoyens mes collègues , j'ai cru de mon devoir de vous faire passer copie d'une
C Cet arrêté était motivé par une lettre nal criminel ne s'y trouvait plus en sùrelé
de l'accu-sateur publie du tribunal criminel pour juger les citoyens prévenus d'avoir en-
du dcpartemput du Nord , en date de Douai , Iravé l'exécution de la loi du 9 '1 février 1798
le 93 mai 1798, où celui-ci faisait juste- concernant le recrutement. (Arch. dép. du
ment observer qu'Hazebrouck étant une Pas-de-Calais, L, dossier des représentants
ville ouverte et extrême frontière, le tribu- en mission.)
272 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE DE CARNOT. [a5 mai 1798.]
lettre du général O'Moran au général Richardot, datée de Dunkerque le 99 du courant, et dont voici la teneur :
«Mon cher général, vous ferez fort bien de faire venir des cantonnements les chefs de corps nécessaires pour former le conseil de discipline dont vous me parlez , votre observation étant très juste. Je vous renvoie la plainte que vous m'aviez fait passer.
(T Était signé le général O'Moran. h
nP. S. J'ai reçu de Fumes les mêmes avis que vous, et je vois que cela ne fera que croître et embellir de jour en jour. «
Cette lettre, citoyens mes collègues, a été sans doute par mégarde adressée avec des bulletins et autres papiers au commandant de cette ville, qui s'est empressé de me la communiquer.
Depuis notre arrivée sur celte partie de nos frontières et d'après des renseignements sûrs que l'ennemi n'était pas en force, nous n'avons cessé d'engager O'Moran h faire une expédition sur Furnes et Ostende, qui, selon nous, aurait produit de grands avantages à la République; mais le général irlandais trouva toujours des moyens d'éluder nos propositions. Enfin nous reçûmes de vous et du Conseil exécutif des lettres dans lesquelles vous nous mandiez de nous concerter avec les généraux pour faire cette exj)édition, qui, s'il n'eut dépendu que de nous, aur.iit été faite il y a un mois au moins.
En vertu de votre lettre et de celle du ministre de la guerre, nous tînmes un conseil de guerre dont nous vous avons fait connaître le résultat, mais, au moment de son exécution , les généraux Richardot et O'Moran nous dirent , comme nous vous l'avons marqué, que les ennemis étaient en force dans cette partie, et aujourd'hui je sais de source certaine qu'il n'y a à Furnes que ioo ou 5oo hommes, à Ostende presque rien , et finalement que presque toutes les forces des ennemis sont du côté de Lille et Valenciennes. J'ai mené l'homme qui m'a donné ces renseignements chez O'Moran; il lui a dit la même chose qu'à moi.
Deux officiers municipaux de Dunkerque, francs républicains, viennent de me dire qu'hier un déserteur venu à Dunkerque avait fait le même rap|)ort sur la situation de la garnison de Furnes et places voisines au général O'Moran, qui ne m'en a pas parlé ce matiji ; les officiers municipaux me dirent de plus que le générai avait fait partir de suite le déserteur.
Vous connaissez ma franchise , citoyens mes collègues , je ne sais pas faire des phrases , mais je sais dire ma façon de penser et la voici. Je crois que le général O'Moran nous trahit, ainsi que bien d'autres encore; il aura beau me dire que l'ennemi est en force sur cette partie de nos frontières, je ne l'en croirai pas, car, s'il était en force, il ferait comme du côté de Lille et de Valenciennes, il nous attaquerait et il se passerait de temps en temps quelques affaires entre lui et
Voilà ce que je crois en vrai républicain devoir vous dire et vous tirerez de tout ceci le parti que votre sagesse vous dictera '"'.
DnQCESSOY.
P. S. Ne me portant pas bien et mes connaissances ne secondant pas mon zèle, je vous |)ric , citoyens mes collègues , de vouloir bien me faire donner un successeur ici, afin que je puisse retourner au commencenient du mois prochain parmi vous '''.
(Orijj. auL, Arcb. do la (;iicri-c, armi-e du Nord.)
BOUCHAIK, a 5 MAI 1793.