ARCHE
(Oi%., Arcli. d<\ la (îuerro, armée du Nord et des Ardcnnes.)
CAMBRAI, 36 MAI 1 7(j3.
SÉAI DU DISTRICT '-'.
Est entré le citoyen Carnot, chef de bataillon au corps du génie et dù-ecteur du dépôt des fortifications à Paris ; ayant pris séance le dernier, lequel a exhibé une commission du ministre de la guerre actuel , on vertu de laquelle il est chargé de visiter les Ibrtillcations des départements du Pas-de-Calais et du Nord et de faire activer tous les travaux militaires pour mettre en état de siège les villes du ressort de ces deux départements et achever tous les travaux. Cette commission a été enregistrée au secrétai'iat.
Sont aussi entrés Mabire et Fremery, officiers municipaux; ils ont pris séance au bureau. Le représentant du peuple a tenu à l'assemblée un discom"s très pathétique sur les circonstances présentes et il a été ensuite représenté par l'administration que malgré ses démarches, ses re])résentalions , même ses récpiisitions , l'on a fait très peu de dispositions pour mettre cette ville en état de siège, que les alentours de la ville sont encore à peu près tels qu'ils étaient il y a six mois; qu'au dehors rien n'est à découvert; qu'il n'y a presque pas de munitions, tels que boulets , poudre , canons , etc. ; qu'une partie des canons qui sont sur les remparLs n'est point en état; enfin que la garnison est assez forte, mais point armée. Le
''' Le général La Marlière, plus heu- soiitaiits du peuple à Douai une lettre pour
reux que ses collègues, avait, le 28 mai les prier «de se rendre en celte ville, afin
1798 , attaqué l'ennemi près de Tourcoing de pourvoir à la défense de celte place et à
et l'avait battu. (Cf. son rapport dans le ses approvisionnements de guerre et de
Moniteur, XVI, 48o.) bouche, qui sont très urgents.-) (Arch. dcp.
(*) Le district de Cambrai avait envoyé, du Noixl, L, reg. du conseil du disirict de
le a5 mai, par une ordonnance aux roprc- (Cambrai, fol. )5.3 \".)
représentant cin penple a ré|)nn(lii (|ne la visilo dos nuvrnges pI des niafif.isins dp rette placp doit se faire d'ici ii vinjfl-cjiiaire lienies cl que depuis trois jonrs il avait été donné l'ordre au directeur de l'artillerie à Douai d'envoyer en cette ville plusieurs canons qui devraient déjà êti'e parvenus; quant aux armes, il a déclaré qu'il est très diiricile d'en procurer, puiscjue même à l'armée des défenseurs de la patrie ne sont point complètement armés. Après tpioi le Cnnspil f informa que l'ingénieur de cette ville avait avant-hier lâché les eaux de Camhrai surBouchain, (pie cette manœuvre, peut-être iiuilileà Valenciennes , réduit celte ville, qui n'est pas fournie de farine, h l'impossibililé de pouvoir faire moudre les grains destinés à la subsistance des citoyens et do la garnison de Camhrai.
Le citoyen Mondescoust [commandant du génie à Cambrai] présent a exhibé des lettres en vertu desquelles il a lâché lesdites eaux; il a aussi déclaré que le général Lapaliere l'avait autorisé.
Sur (pioi le citoyen i-e|)résentant du peuple a porté l'arrêté suivant. (Le texte de l'arrêté est publié plus bas sous le n° i/ji.)
Il lui a été aussi re()résenté par le Conseil que la caisse de ce district se trouve épuisée par les paiements extraordinaires et du ressort de la guerre que cette administration a faits par autorisation des citoyens (însparin et Lesage-Senault , représentants du peuple du Nord et des Ardennes, ainsi que par les ordres du département du Nord. Sur quoi le citoyen représentant du peuple a prévenu le Conseil «pie lui et ses collègues réunis à Douai ont hier demandé à la Convention nalionalp l'envoi promis et des fonds pour le département du Nord, que cet envoi ne pont pas larder et (ju'il en sera versé dans ce district une certaine portion.
L'administration lui a aussi rendu compte qu'en vertu des autorisations qui lui ont été données, elle a été obligée de tirer sur la caisse des domaines nationaux pour acquitter l'achat d'une grande quantit*! de fourrages, qui a été livrée à l'armée, ainsi que d'autres objets, qu'en ce moment le rpceveur du district se trouve fort embarrassé, parce «pie les commissaires nationaux veulent qu'il réintègre lesdits assignats dans celte caisse, ce «pii lui est impossible.
Alors le citoyen Carnot a dit que le receveur de ce district doit itérativemenl écrire auxdits commissaires de la Trésorerie nationale «pi'il lui est impossible de se «h'garnir «le ses fonds, dans ce moment surtout où les besoins sont des plus multipliés, et qu'il doit aussi demander remboursement des sommes qu'il a avancées pour le dé|iarlement de la guerre. Après «{uoi , il a été dwlaré ipi'il faut absolument prendre un parti j)our «jue les denrées de première nécessité soient do suite transférées en cette ville de gré ou de force.
(Arcli. dép. du Nord, L, reg. du conseil permanent du distrirt de Cambrai, fol. i5A et i55.)