‹ Correspondance générale, 1792-95. Publiée avec des notes historiques et biographiques (volume 2)Chapitre 236 sur 388 · AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, UNE ET INDIVISIBLE · texte numérisé non relu

AU NOM DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, UNE ET INDIVISIBLE

PROCLAXÀTION DES REPBÉSBNTàHTS DU PEDPLE , EyroïÉs PRES L'ARM ÉB DU IVOflD.

Après avoir été témoins d'une expédition brillante devant Furnes et d'une foule de Iraits également honorables pour le courage et pour l'humanité des soldats de la République, nous avons eu la douleur de voir ce premier succès rendu inutile par le brigandage de plusieurs d'entre eux, et notre victoire même non-seulement arrêtée dans son cours, mais encore nous devenir funeste dans ses conséquences, par les malheurs qu'elle peut attirer sur nos concitoyens.

L'univers saura donc que des gens de guerre, que des Français, que des républicains, ont oublié les lois et leurs serments, qu'ils ont résisté au cri de l'honneur, outragé ia nature et violé les droits de l'homme. Quel triomphe pour nos ennemis! quel prétexte pour calomnier notre révolution !

298 GORRESPOISDANŒ GÉNÉRALE DE CARNOT. [i-jumv^S.]

Nous savons que ia majeure partie des militaires qui ont vaincu à Furnes est saine et incorruptible, que nombre d'entre eux ont donné l'exemple du désintéressement et de ia générosité , comme ils avaient donné celui du courage dans le combat; nous savons que le repentir en a ramené beaucoup d'autres que l'ivresse et la séduction avaient égarés; mais il faut que la tache soit entièrement effacée et que chacun ait les mains pures.

En conséquence, nous requérons les autorités civiles et militaires qui se trouvent dans la première division de l'armée du Nord, de prendre sur-le-champ les mesures les plus actives et les plus fermes pour (pie les auteurs, fauteurs et receleurs des vols commis à Furnes soient connus et livrés à la rigueur des lois et pour que les effets pris soient restitués dans le plus bref délai. Nous savons que les corps administratifs et les généraux s'en sont déjà occupés efficacement, et nous les invitons à continuer de réunir leurs efforts pour cet acte de justice, qui intéresse si essentiellement l'honneur de la Nation et la cause de la Liberté.

Rappelez-vous, soldats, que le premier de vos titres est celui de citoyens; ne soyons pas pour notre patrie un fléau plus terrible que ne le seraient les ennemis eux-mêmes; ils savent que la République ne peut exister sans vertus, et ils veulent, par les intrigues de leurs émissaires, en étouffer le germe parmi nous. Laissons -leur l'esprit de rapine et de cupidité; honorons-nous des vertus civiles encore plus que des vertus militaires; que le faible et l'opprimé soient sûrs de trouver en vous une force tutélaire. Les vieillards, les femmes, les enfants, les cultivateurs, les hommes paisibles de tous les pays, sont nos frères; nous devons les protéger contre la tyrannie; nous devons défendre comme les nôtres mêmes leurs personnes et leurs propriétés. Tels furent toujours, même aux siècles du despotisme, les sentiments du soldat français; tels doivent être, à plus forte raison, ceux des soldats de la République une et indivisible.

Fait à Bergues le i"juin lygS, l'an ii de la Répubhfpie française.

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